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Aristida basiramea

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Aristida basiramea.
Credit: Jardin botanique de Montréal (Jacques Brisson)

Aristida basiramea, de la famille des Graminées

Nouvelle plante trouvée pour le Québec lors d'une excursion telle que racontée par un botaniste du Jardin botanique de Montréal, Jacques Brisson

« Le 20 septembre dernier, au cours d'une excursion écologique dans la région de Cazaville (Haut-Saint-Laurent, Québec), près de la frontière américaine, j'ai fait la récolte de quelques spécimens d'une graminée plutôt jolie que je ne connaissais pas et qui semblait localement abondante.

Le site où j'avais fait la récolte était une friche très sableuse, avec une végétation de faible densité dominée par des plantes arbustives et herbacées ainsi que par quelques zones de lichens. Quelques jours plus tard, à mon retour au Jardin botanique de Montréal, je laisse la plante mystère à Stuart Hay, assistant-conservateur de l'herbier Marie-Victorin, afin qu'il puisse l'identifier. Le lendemain, il m'annonce une nouvelle étonnante : la plante en question s'avère être Aristida basiramea Engelm. ex Vasey, une espèce qui n'était connue de façon certaine que d'une seule région au Canada, soit à l'extrémité est de la baie Georgienne, en Ontario. C'est une plante qui est typique du Midwest américain, mais dont on trouve plusieurs populations dans la Nouvelle-Angleterre, dont certaines juste au sud de la frontière québécoise. La population de Cazaville constitue donc la première au Québec et déplacerait légèrement la limite nord connue de l'aire de répartition de l'espèce. Elle est déjà sur la liste des plantes rares du Canada et devra, de toute évidence, être ajoutée à celle du Québec.

Le genre Aristida est représenté par plus de 300 espèces, dont 76 en Amérique du nord, surtout localisées dans les milieux arides.

Aristida basiramea est une plante annuelle de 30 à 60 cm de hauteur caractérisée par un épillet uniflore avec des glumes de longueur inégale et un lemme portant trois arêtes, soit deux arêtes extérieures semblables et une arête centrale, plus longue et avec une base vrillée. Elle affectionne les habitats stériles et secs comme les sols sableux.

La région de Cazaville ne cesse de surprendre au niveau floristique : c'est la troisième fois que j'y trouve une plante nouvelle pour le Québec et ce, dans un rayon de moins de 6 km! Les deux autres sont Sanicula canadensis (une Ombellifère) et Monarda punctata (une Labiée). Une autre plante rare, Hedeoma hispidum (Labiée elle aussi) se trouve également sur les sites sableux de la région de Cazaville. »