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1000 tonnes d'asphalte dégagé à bout de bras citoyens

Laurent devient ambassadeur en 2012
Credit: Laurent Richer-Beaulieu
Laurent devient ambassadeur en 2012 © Laurent Richer-Beaulieu
  • Laurent devient ambassadeur en 2012 © Laurent Richer-Beaulieu
  • Les voisins mettent « la main à l’asphalte » © Laurent Richer-Beaulieu
1000 tonnes d'asphalte dégagé à bout de bras citoyens

En créant le Camp de base de la mission 1 000 jours pour la planète, Espace pour la vie a lancé un mouvement pour la biodiversité. Les ambassadeurs, des gens qui ont décidé d’afficher un geste qu’ils posent pour la planète, sont si inspirants que nous voulons partager avec vous leur histoire. Qui sait, peut-être serez-vous inspiré et deviendrez-vous à votre tour un ambassadeur!

Laurent travaille à temps partiel dans une petite boutique sur la rue Beaubien. Souvent, il recueille les confessions des clients au sujet de la transformation du quartier. « Avez-vous vu ce qu’ils ont fait au coin de la rue? Ça change le visage du quartier, les gens ont l’air plus heureux. C’est plus propre. » Tout autour, des carrés d’arbres s’élargissent et se remplissent de fleurs d’année en année.

L’homme derrière la mutation verte des trottoirs

Sans le savoir, ces clients se confient à l’instigateur de cette mutation verte des trottoirs… Les témoignages anonymes qu’il recueille, Laurent Richer Beaulieu les accumule et c’est ce qui le pousse à poursuivre son initiative nommée simplement Jardin de rue. « Vous remarquerez que l’expression jardin de rue est au singulier. Car même si c’est plusieurs carrés, c’est comme un seul jardin sur toute la rue. Tout le monde s’occupe des carrés d’arbres des autres. » L’idée a germé dans la tête de Laurent alors qu’il avait 15 ans et qu’il devait élaborer un projet majeur pendant ses études à l’école Internationale. Il s’est présenté au bureau de son conseiller municipal, Marc-André Gadoury, avec deux feuilles de papier chiffonnées sur lesquelles se trouvaient les racines de son rêve. Son plan : défoncer les parties asphaltées du trottoir de sa rue en compagnie de ses voisins pour y agrandir les carrés d’arbres et créer un espace de jardinage citoyen. « Le trottoir, c’est là où les gens marchent, circulent, sortent de chez eux. Tout le monde en profite, même les gens qui n’habitent pas là ».

Les bons jardins font les bons voisins

Depuis 4 ans, environ 1000 tonnes d’asphalte provenant des trottoirs d’une dizaine de rues ont été remplacées par des jardins. Ce projet est unique en son genre en Amérique, car l’arrondissement Rosemont est le seul endroit où un tel projet d’aménagement de l’espace public par les citoyens est officiellement autorisé par la ville. Cette année, c’est au mois de juin que de nouveaux trottoirs subiront la cure de verdissement. Quelque 80 personnes s’uniront pour arracher l’asphalte superflu à la main, au pied de biche et au marteau piqueur. « Les gens ont le goût d’avoir une meilleure qualité de vie et y il a tout un côté humain aussi. Ils lèvent des morceaux d’asphalte ensemble, puis soupent ensemble. Il y a tout un esprit de communauté qui se forme ».

Le retour des abeilles sur le macadam

La ville appui l’initiative, car les coûts pour l’entretien des trottoirs, le déneigement, les refoulements d’égout et l’asphaltage sont réduits. Sans compter tous les bénéfices pour les citoyens. Si vous marchez dans le coin du cinéma Beaubien sur la rue des Écores, vous découvrirez qu’il y fait moins chaud, que la vie bourdonne à nouveau avec tous les pollinisateurs qui s’activent dans les fleurs et que le trottoir est plus propre. « Les gens ne jettent pas leur mégot de cigarette dans un jardin. Ils ne crachent pas leur gomme dans un jardin. » La modification du paysage urbain mène-t-elle donc vers un changement de mentalité durable? Laurent y croit. Son regard positif tourné vers l’avenir est contagieux. Le fait que le jeune citoyen actif entame des études en sciences politiques à l’UQAM n’étonne pas. « Quand on planifie l’aménagement ou la construction d’une rue, cela devrait être une obligation de penser à l’environnement et aux gens qui vivent là. Ça n’a aucun sens de ne pas leur demander ce qui se passe sur leur rue, ce dont ils ont besoin, ce qui ne marche pas comme il le faut! » À quand les projets-boutures de celui-ci qui prendront racine dans d’autres arrondissements? Pour l’instant, Jardin de rue est administré bénévolement par Laurent et le conseiller municipal. Citoyens motivés au pouce vert, des intéressés?

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5 Commentaire(s)
Portrait de Elle Carrière
Elle Carrière

À quand, notre belle Hochelaga!? Je me ferais un plaisir fou à l'enlever, cet asphalte, pour l'enverdir!

Portrait de Tommy Ikare Desrosiers
Tommy Ikare Des...

Moi j'embarque si Hochelaga suis l'exemple!!

Portrait de France Lemieux
France Lemieux

Bravo à cette belle initiative. Merci à ce jeune homme et j'ai hâte qu'il se présente aux élections. Une vieille prof d'écologie retraitée de l'enseignement mais pas de l'environnement.

Portrait de Patrick Hénuset
Patrick Hénuset

Merci...même si j'ai les mains plein d'ampoules ,cela m'a permis de mieux connaître mon voisin dont j'habite depuis 18 ans au même endroit...c'étais une très belle journée.

Portrait de Violette
Violette

Je suis avec vous pour une hochelaga verte! :)

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