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Angangueo ou le rêve réalisé

Nous arrivons enfin à la Réserve naturelle El Rosario.
Credit: Espace pour la vie (Sonya Charest)
Sanctuaire de monarques El Rosario
  • Sanctuaire de monarques El Rosario
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  • Bonheur : être entourée de monarques dans la Vallée des lapins.
  • Grappes de monarques sur des sapins oyamel
Angangueo ou le rêve réalisé

29 novembre 2014. Mexico. C’est enfin vrai. Je suis en route vers ce lieu mythique, les forêts alpines qui, depuis la nuit des temps, accueillent les millions de papillons monarques de l’est de l’Amérique du Nord.

Voyage longtemps espéré

Voilà plus de sept ans que je suis responsable des projets de l’Insectarium portant sur le monarque et que cet insecte ne cesse de me fasciner. Force est de constater que je ne suis pas la seule à avoir craqué pour le lépidoptère orangé…

En route vers les montagnes

Invitée par deux amies et collègues, et après quelques autobus et quatre heures de trajet, nous voici au village d'Angangueo (province du Michoacán), la porte d’entrée de la Réserve de la biosphère El Rosario. Les bagages vite abandonnés dans notre chambre, nous trouvons un transport pour la dizaine de kilomètres de routes de campagne qui nous sépare de la Réserve. Prises de frénésie, les trois biologistes montréalaises ne peuvent plus attendre! Monarcas, aqui estamos!

Ils sont là!

À la Réserve, nous sommes accueillies par José Carmen, un résident devenu guide. Il nous accompagne jusqu’au site d’hivernage, pour notre sécurité et celle des monarques. À l’encontre d’autres guides, José Carmen n’est pas volubile. Il grimpe paisiblement, habitué à effectuer cet exercice plusieurs fois par jour. C'est un homme timide, mais fier. Il faut voir ses yeux devant nos exclamations de bonheur! Parce que oui, des monarques, il y en a!

La vallée des Lapins

Nous marchons depuis 40 minutes lorsque nous débouchons sur une clairière, El valle de los conejos, la vallée des Lapins. Le paysage est enchanteur. Quelques pas plus loin, nous découvrons un ruisseau d’eau claire qui coule de la montagne avec, sur son parcours, des dizaines et des dizaines de monarques venus s’abreuver! L’émotion est à son comble. Nous nous regardons sans rien dire. Les monarques sont là. Le soleil brille. Un grand moment partagé! José Carmen nous fait signe de continuer. Puis il s’arrête, pose le doigt sur ses lèvres pour imposer le silence. Ensuite, il pointe au loin. Ça y est. Ce n’est plus une magnifique photo dans une revue. Ce sont des milliers, voire des millions de fragiles papillons agglutinés sur les branches des sapins oyamels, qui ploient sous leur poids. On se croirait dans une cathédrale. La plus belle des cathédrales, celle de la nature. Difficile de retenir ses larmes…

Fragile merveille

De retour à Montréal, je réalise ma chance d’avoir vu un des spectacles naturels les plus impressionnants au monde. Malgré mon émerveillement, les Mexicains m’ont rappelé à quel point ce rendez-vous annuel n’est plus qu’un pâle reflet de ce qu’il a déjà été. Nous avons appris le mois dernier que la population de monarques avait augmenté de 69 % par rapport à l’an passé. Mais elle est toujours bien inférieure à ce qu’elle devrait être pour assurer sa survie. Le monarque a besoin de nous…

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