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Arbres et humains ont tant en commun

Peinture d'Alain Massicotte
Arbres et humains ont tant en commun

Les arbres, comme les humains, sont des êtres de relations. Ils ont besoin d’une multitude d’autres organismes vivants pour se maintenir, croître, se reproduire.

Sous le riche humus forestier, par exemple, les arbres ont forgé des alliances millénaires avec des champignons microscopiques filamenteux. Ceux-ci se collent à leurs racines et prolongent leur système racinaire pour les aider à extraire l’eau et les éléments nutritifs du sol et les acheminer jusqu’aux plus hautes feuilles. C'est le grand bal de l’azote, du phosphore, du potassium et tutti quanti. En échange, les champignons prélèvent une portion de l’énergie produite par photosynthèse par les arbres. Tout un réseau d’interrelations, invisibles à nos yeux, vibre et s’étale sous nos pieds : l’Internet organique.  

Au-dessus du sol, bien des arbres et des arbustes – les cerisiers, les amélanchiers, les aubépines, le prunier sauvage - ont aussi besoin des insectes pollinisateurs. Sans ces modestes mais indispensables bêtes qui butinent leurs fleurs, pas d’échange de pollen, pas de régénération végétale.

Entre eux, les arbres s’échangent également de nombreuses informations chimiques. Voyez plutôt : lorsque broutés par des cerfs gourmands, plusieurs jeunes tiges d’arbres émettent des composés organiques volatils, prévenant ainsi leurs congénères aux alentours. Ceux-ci augmenteront la teneur en tanins de leur feuillage, qui deviendra alors moins attirant pour les herbivores.

Une exposition coopérative sur les arbres

Comme les arbres, les humains sont des êtres de relations, de coopération. Pour concevoir l’exposition Trialogue sur l’arbre, présentée jusqu’au 31 octobre à la Maison de l’arbre Frédéric-Back, le peintre Alain Massicotte, le médecin François Reeves et le biologiste Michel Leboeuf ont étroitement dialogué – tridialogué -, s’échangeant des idées et de la matière.

Pour la présenter et la réaliser, ils ont aussi eu besoin des autres, des gens de la Maison de l’arbre Frédéric-Back et du Jardin botanique, mais aussi d’élèves en muséologie et de leurs profs du Collège Montmorency. Une démarche coopérative, organique. Exactement comme ce qui se passe au fond des bois entre les organismes vivants.

Trialogue sur l’arbre est une exposition d’interrelations, une expo-écosystème. Son objet – l’arbre relationnel, coopératif - se confond avec son processus créatif; son processus créatif se confond avec son objet. « The medium is the message », disait en 1964 le gourou des médias canadiens, Marshall McLuhan. Le média est le message. La formule, qui n’a pas pris une ride, va comme un gant à ce trialogue, ce multidialogue sur l’arbre. 

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