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Des prédatrices à l’imagination sans bornes

Dolomedes tenebrosus © Insectarium de Montréal (René Limoges)
Des prédatrices à l’imagination sans bornes

Les araignées font preuve d’une imagination étonnante lorsqu’il s’agit de capturer leurs proies! Quand on pense aux pièges qu’elles utilisent, le premier qui nous vient en tête est la toile orbiculaire. Même si ce type de construction se remarque facilement, cette belle spirale est utilisée comme méthode de capture par moins de 10 % des espèces d’araignées dans le monde. La faune arachnologique du Québec compte, à ce jour, 677 espèces d’araignées et on soupçonne la présence de plusieurs autres sur notre territoire. Comment font ces chasseresses exceptionnelles pour capturer leurs proies? Voici quelques exemples de pièges utilisés par ces animaux à la fois fascinants et indispensables.

Un crachat à 108 km/h

Les araignées de la famille des Scytodidae sont comparables à L’Homme-araignée dans leur méthode de capturer leurs proies. En effet, ces araignées crachent un mélange de liquide gluant et de venin qui leur permet d’immobiliser une proie se trouvant à plusieurs centimètres devant elles. Une fois en contact avec la proie, la substance gluante se contracte de 50 %, aidant ainsi à immobiliser la prise rapidement. Autre fait spectaculaire, la substance en question est crachée à près de 30 m/s, ce qui équivaut à 108 km/h. À ce jour, on ne sait toujours pas si la portion de venin contenu dans le mélange a un effet autre que d’immobiliser la proie. Bien qu’aucun spécimen de cette famille n’ait été récolté au Québec, la présence d’une espèce (Scytodes thoracica) est plus que probable, selon les arachnologues québécois.

Championnes de l’imposture

La famille des Mimetidae (araignées pirates) compte dans ses rangs des araignées spécialisées dans la capture… d’autres araignées! Diverses tactiques sont utilisées par les araignées pirates. Certaines vont mordre très rapidement l’une des extrémités d’une autre araignée et attendre quelques secondes, le temps que leur proie soit paralysée. Elles s’en nourriront par la suite par le trou originellement provoqué par la morsure. Certaines araignées pirates vont simplement faire vibrer la toile d’une autre araignée, lui laissant croire qu’il y a une proie dans son piège. Sortant de sa retraite pour aller chercher son repas, le prédateur devient la proie!

Des araignées qui pratiquent la pêche

Les Dolomèdes, nos plus grandes araignées du Québec, utilisent parfois un stratagème qui leur a valu le nom anglais de fishing spider(araignées pêcheuses). Ces araignées demeurent immobiles, solidement attachées à un substrat quelconque, avec leurs pattes de devant sur l’eau. Les pattes bougent légèrement pour provoquer de petites vibrations, un peu comme le ferait un insecte s’agitant sur l’eau. Ceci attire de petits poissons assez près pour que l’araignée puisse les capturer! Ceci étant dit, on croit que les têtards et les insectes aquatiques servent plus souvent de repas que les poissons. Ces araignées sont également capables de plonger pour poursuivre des proies et rester submergées pendant de longues minutes. Le record observé est d’ailleurs impressionnant : des individus ont été aperçus sous l’eau pendant plus de 30 minutes! Comme elles sont bien adaptées à la vie près des cours d’eau, les Dolomèdes sont également capables de courir sur de courtes distances à la surface de l’eau. On en compte quatre espèces au Québec, majoritairement près des cours d’eau.

La technique du lasso ou du parfum contrefaçon

L’araignée Bolas (Mastophora hutchinsoni), pour sa part, utilise une technique qui s’apparente au lasso. Cette espèce d’araignée fabrique une boule de soie collante au bout d’un fil qu’elle tient avec ses pattes; cette boule lui servira à capturer ses proies, mais pas n’importe lesquelles… En effet, l’araignée Bolas enduit la sphère collante d’une phéromone (parfum) qui imite l’odeur de certaines espèces de papillons de nuit femelles. Les mâles, attirés par l’odeur, se dirigent sans méfiance vers le piège. En une fraction de seconde, l’araignée balance la boule de colle directement sur sa proie pour la capturer, un peu comme un cow-boy lance un lasso. Quelques essais sont parfois nécessaires… C’est d’ailleurs un collègue de l’Insectarium de Montréal, Maxim Larrivée, responsable des collections entomologiques et recherches, qui a découvert cette espèce d’araignée au Québec en 2005.

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2 Commentaire(s)
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daniele

Bonjour,
J'ai trouvé dans ma maison une araignée qui a environ 50mm (2 pouces de diamêtre. Elle est brune légèrement moucheté aux pattes. Je l'ai mise dans un pot et en recherchant sur le web, je pense qu'il s'agit de l'araignée dite banane... Que dois-je faire ?
Merci de me dire si elle est dangereuse et que dois faire d'elle ?
Daniele

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