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L’évolution n’est pas une théorie, c’est un poème

Odyssée des plantes
Credit: Espace pour la vie (Mathieu Rivard)
Odyssée des plantes
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L’évolution n’est pas une théorie, c’est un poème

La théorie de l’évolution est chahutée ces derniers temps. À s’y attarder, on découvre pourtant un monde plein de nuances et de poésie dans lequel la science n’a pas cette apparence froide et rocailleuse qu’on lui prête parfois.

J’en parle en tant que muséologue, un peu en dehors du cercle des experts, et comme responsable du projet L’Odyssée des plantes qui sera présenté cet été aux visiteurs du Jardin botanique. Pour bâtir cette odyssée, l’équipe de réalisation et moi-même nous sommes embarqués dans une aventure inoubliable.

Nous nous sommes frottés à la notion changeante et incommensurable du temps avec un grand T. Comment communiquer la sensation des milliards d’années qui séparent la première vie océanique de la première plante terrestre ? Comment comprendre que certaines évidences végétales comme la tige ou les graines sont finalement très récentes et datent des… 350 derniers millions d’années ?

L’histoire du vivant

Nous nous sommes émus en découvrant que l’histoire du vivant ressemble à un généreux buisson, un arbre dans lequel l’espèce humaine n’a aucune place privilégiée, juste sa place à elle. Nous sommes tous parents d’une vie qui a commencé dans le très petit du monde bactérien pour se complexifier au gré d’adaptations géniales et de détours farfelus. Tous vivants, tous parents.

L’avènement de la photosynthèse a transformé la vie sur Terre en libérant l’oxygène nécessaire au développement d’une multitude d’espèces. Il y a très longtemps, ces bactéries, tout comme les plantes ensuite, ont rendu l’existence humaine possible. Alors que je cherchais le visuel pour nos peintres scéniques, j’ai observé d’un œil presqu’attendri la photo d’une algue couverte de bulles : elle relâchait inlassablement ce précieux oxygène dans l’océan, vers l’atmosphère.

Nous nous sommes étonnés d’apprendre qu’il fut un temps où le sol tel qu’on le décrit maintenant n’existait pas. Il y a 2 ou 3 milliards d’années, le paysage était essentiellement minéral. Puis arrivèrent les mousses qui, en se dégradant, ont généré des déchets organiques, faisant le lit des espèces à venir.

Nous nous sommes inclinés devant le génie chimique et mécanique des feuilles et du bois qui sont apparus tranquillement dans le flot des mutations et des adaptations. Un climat chaud et humide assure pour un temps l’hégémonie des fougères et des lycopodes, mais, à la faveur d’un climat devenant plus aride, les grands arbres moins dépendants de l’humidité pour se reproduire voient leur règne advenir.

Début d’humanité

Il y a aussi eu ce frisson commun à la lecture du texte de l’exposition qui décrit l’avènement d’Homo sapiens, l’être humain. Une espèce parmi d’autres, mais qui a changé la donne : Homo sapiens a dompté les océans, coupé les forêts, mais il a aussi inventé l’irrigation et la permaculture. Nous avons donc osé imaginer le futur en décrivant les projets qui sont en train de changer le monde, à leur manière.

Au fond, nous aimons raconter des histoires à nos visiteurs. Et celle de l’évolution est fascinante. Elle est à l’origine de la beauté et de la diversité du monde. Le foisonnement de la vie et sa créativité communiquent la sensation d’un mouvement perpétuel, discret dans le cas des plantes, mais puissant et sans fin. Les êtres vivants se transforment constamment dans le secret de leur matrice génétique, des milieux les plus glaciaux à la moiteur des Tropiques. Notre existence n’est qu’un avatar de ce processus, rien d’autre. Et elle passera.

Au terme de cette épopée, que d’aventures nous avons engrangées dans nos besaces de faiseurs d’expositions ! Découverte, humilité, poésie, innovation… Avec une envie de révérence devant la longue histoire du règne végétal. Nous avons tellement de choses à vous raconter sur l’évolution des plantes, sans en savoir tant que ça au fond. Le mieux sera peut-être de vous offrir L’odyssée des plantes et de partager le sentiment de gratitude et de responsabilité qui nous habite maintenant. De quoi mettre un baume sur la grisaille inquiète du 21e siècle, ce grain de sable temporel qui nous semble si vaste.

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