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La cour d’école, ce terreau fertile

Récolter dans sa cour… d’école!
Credit: Nalitha T. Paradis
Récolter dans sa cour… d’école!
  • Récolter dans sa cour… d’école!
  • Les saules forment un enclos naturel entre la rue et l’espace potager. Photo : Nalitha T. Paradis
La cour d’école, ce terreau fertile

En créant le Camp de base de la mission 1 000 jours pour la planète, Espace pour la vie a lancé un mouvement pour la biodiversité. Les ambassadeurs, des gens qui ont décidé d’afficher un geste qu’ils posent pour la planète, sont si inspirants que nous voulons partager avec vous leur histoire. Qui sait, peut-être serez-vous inspiré et deviendrez-vous à votre tour un ambassadeur!

Marcher sur un paillis de bois qui sent bon. Passer sous une voute végétale vivante faite de saules. Jouer dans la terre. Manger les fruits à même les amélanchiers. Où ça? Dans la cour d’école! Ce rêve d’un espace où la végétation reprend peu à peu ses droits sur l’asphalte, Yann Vergriete l’a réalisé et le voit évoluer depuis maintenant 7 ans.

Une graine semée au primaire

Lorsque son garçon est entré à l’école primaire Guy Drummond il y a 7 ans, Yann n’a pas pu s’empêcher d’être nostalgique de son enfance passé en Suisse. Dans le comté de Neuchâtel, 15 minutes de marche ou de vélo suffisaient pour retrouver les collines, les petites forêts et l’espace propice à la découverte de la nature. « Ce sont des choses comme ça qui m’ont marqué et qui m’ont guidé vers un attachement général à la nature », me confie-t-il.

Dans l’étendue de l’asphalte de la cour d’école de ses enfants, Yann a vu un terreau fertile pour un projet de verdissement. « Il faut que ça change», s’est-il dit. Armé de cette conviction,  Yann a joint le comité vert et a commencé à imaginer un espace où l’exploration de la biodiversité était de nouveau possible autour de l’école.

Des saules plantés par des petites mains

Peu à peu, la cour a repris vie: des haies aux fruits toxiques ont été prélevées par des parents volontaires et vaillants, des arbres ont été plantés par une firme de paysagistes et des thuyas et tulipes récupérés sont venus agrémenter le tout. Puis, un don de tiges de saules arbustives  a changé la donne. C’est à ce moment que les élèves sont devenus les artisans de ce joyeux chaos végétal en formation. « Je me suis dit que si les enfants n’étaient pas impliqués dans la végétalisation de leur cour, qu’ils la respecteraient moins ». Chaque année, quelques classes découvrent la biodiversité lors d’un atelier organisé par Yann, puis, réalisaient leurs semis et les plantent dans leur propre cour. Ils ont ainsi le loisir de les voir croître et de goûter le fruit de leurs labeurs, tout spécialement dans le cas du potager et du verger aménagés au cours des trois dernières années.

Un bulbe pour la cause

Pour le voyage de fin d’année des 6e, les jeunes apprentis agriculteurs urbains ont planté de l’ail l’automne dernier. Résultat? Les bulbes ont triplé de taille et ont été récoltés. Présentement en période de séchage, ils sont accrochés comme des guirlandes gouteuses sur le mur adjoint à la cuisine chez Yann. Bientôt, ils seront vendus aux parents pour la collecte de fonds. « C’est une question de solidarité, car ce ne sont pas nécessairement les élèves qui plantent à l’automne qui vont récolter l’année suivante ». Ainsi, des valeurs sont semées.

Passer la truelle

Cette cour, c’est aussi un lieu d’attachement pour les voisins qui l’ont arrosé, passant leurs boyaux au travers de la rue les premières années. C’est le bonheur du concierge de l’école qui ajoute une tomate à son panier… Et c’est aussi une vocation pour les passionnés, comme Yann. Dans deux ans, lorsque ses enfants n’iront plus à cette école, Yann passera la truelle au prochain. Damien, un parent collaborateur, était présent lors de notre entretien. « Je suis informaticien de métier, ce n’est pas mon domaine. Mais, dès que je peux donner un coup de main, j’y vais et ça me rend heureux. »

L’instigateur du projet n’est pas trop inquiet pour la suite. « On parle souvent de faire de l’agriculture urbaine, mais on oublie tout le temps que c’est la ville qui est dans la nature et qu’elle reprend assez spontanément la place quand on lui laisse la liberté de le faire… »

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