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Le Cecropia, un intrus s’amène à la fête!

Cecropia peltata, © Biodôme de Montréal
Le Cecropia, un intrus s’amène à la fête!

À l’occasion du vingtième anniversaire du Biodôme, nous vous invitons à découvrir un arbre intéressant de l’écosystème de la Forêt tropicale humide, le seul grand arbre de la collection... qui n’a jamais été planté par l’équipe horticole! Il touche à la verrière de l’enceinte tropicale et son tronc possède une circonférence d’environ 60 cm.

Une espèce qui tisse des liens serrés avec la faune

Il faut savoir qu’il existe plus de 80 espèces de Cecropia en milieu tropical et que cet arbre se spécialise dans la colonisation des milieux ouverts. Ce faisant, il permet à d’autres espèces importantes de la forêt tropicale de venir s’établir sous son ombre et de permettre l’établissement graduel d’une nouvelle forêt mature. Trois particularités écologiques expliquent sa capacité à coloniser les milieux ouverts. Ses fruits comestibles attirent de nombreux animaux; une étude au Costa Rica sur le Cecropia peltata indique que plus de 20 espèces visitent régulièrement les arbres en fruit. On note des espèces diurnes : singes hurleurs, singes-araignées et des oiseaux tels que les Trogons et les Motmots. La nuit, se succèdent plusieurs espèces de chauves-souris et des mammifères nocturnes comme les opossums. Tous ces animaux assurent, en ingérant le fruit, une dispersion efficace des graines dont le pouvoir de germination est augmenté par un passage dans le système digestif des animaux. Les graines ainsi dispersées vont rester dormantes dans le sol jusqu’à ce qu’une ouverture dans la canopée des arbres fasse pénétrer la lumière sur la surface dénudée pour la réchauffer. C’est précisément le stimulus qu’attendaient les graines en dormance pour démarrer leur croissance. Les jeunes plants de Cecropia seront aussi aidés dans leur croissance par leur association avec les fourmis Azteca qui protègent littéralement le Cecropia de toute compétition en coupant les lianes et autres plantes grimpantes qui s’attachent à lui. En contrepartie, le Cecropia produit des poils spécialisés riches en substances nutritives dont sont friandes les fourmis. De plus, le tronc creux du Cecropia leur fournit un refuge de nidification.

Semis spontanés

S’il n’a pas été planté par un humain, d’où vient ce Cecropia du Biodôme? Il est issu d’un semis spontané découvert en 1995. Tout porte à croire que ce sont les chauves-souris du Biodôme qui ont semé la graine après avoir mangé les fruits d’autres grands Cecropia faisant partie de la collection originale plantée par l’humain, à l’ouverture en 1992. Une belle illustration des liens flore-faune qui persistent même en milieu fermé.

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