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Le ciel étoilé du 17 mai 1642

Les planètes visibles à l’œil nu le matin du 18 mai 1642
Credit: montage André Grandchamps/Espace pour la vie; Stellarium.org
Les planètes visibles à l’œil nu le matin du 18 mai 1642
  • Les planètes visibles à l’œil nu le matin du 18 mai 1642
  • The starry sky on May 18, 1642
Le ciel étoilé du 17 mai 1642

Le 17 mai 1642, deux vaisseaux français approchent l’île de Montréal. À leur bord se trouvent Jeanne Mance et Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, venus prendre possession de l’île pour y fonder une colonie. Très tôt le lendemain matin, les colons débarquent à terre pour débuter l’édification de ce nouvel établissement.

On peut certainement imaginer que ces intrépides aventuriers ont levé les yeux vers le ciel étoilé cette nuit-là… Mais qu’ont-ils pu y observer ?

Le soir du 17 mai, rien de particulier n’aurait attiré leur attention. La constellation du Lion et sa brillante étoile Régulus dominent le côté ouest du ciel, alors que les Gémeaux sont en train de se coucher sur l’horizon nord-ouest. Vers l’est, le triangle d’été, composé des étoiles Véga, Déneb et Altaïr, émerge complètement au-dessus de l’horizon après 22 heures, heure normale de l’Est*. La constellation du Scorpion commence à poindre à l’horizon sud-est dès le coucher du Soleil, qui a eu lieu à 19 h 20.

Les planètes dans le ciel du matin

Le ciel s’anime à nouveau après 23 heures, alors que la Lune gibbeuse s’élève dans le ciel. Nous sommes quatre jours après la pleine lune : le globe lunaire éclaire donc le reste de la nuit de sa lumière argentée.

Les planètes Mars et Jupiter ne sont cette nuit-là qu’à un peu moins de quatre degrés l’une de l’autre. Elles se lèvent vers 1 h 45 en direction sud-est, suivies une vingtaine de minutes plus tard de Saturne. Ces trois planètes se trouvent alors dans une portion du ciel dépourvue d’étoile brillante : la constellation du Verseau pour Mars et Jupiter, et celle des Poissons pour Saturne. Elles sont donc faciles à repérer pour les premiers Montréalais — que l’on appelait à l’époque « Montréalistes ». Quant à elle, la planète Vénus, trop près du Soleil à ce moment, n’est pas visible.

Cette première nuit à Montréal se termine avec le lever du Soleil à 4 h 19. Cependant, jusqu’à son coucher, à 8 h 34, la Lune accompagnera les colons lorsqu’ils descendent des barques et célèbrent leur première messe en plein air.

C’est le début d’une grande entreprise qui connaîtra des débuts laborieux. Mais, grâce à la persévérance et la ténacité de ces premiers colons, l’aventure se poursuit encore aujourd’hui.

Bon 375e anniversaire, Montréal !

 

* À l’époque, nous vivons sous le règne de l’heure solaire : c’est le Soleil qui fournit la référence. Il n’y a pas encore d’horloge capable de tenir l’heure précise en mer, et encore moins de fuseau horaire ou d’heure avancée. L’heure est toujours mesurée localement, de manière plus ou moins précise. Pour les besoins de ce texte, les heures sont exprimées selon l’heure normale de l’Est, qui est la plus proche de l’heure solaire.

 

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