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Le grand plongeon

Danger crevasses.
Credit: © Thomas Desvignes
Danger crevasses
  • Danger crevasses
  • Incubateurs dans la chambre froide
Le grand plongeon

Le navire affecté à la logistique de transport va bientôt être de retour avec de nouveaux participants au United States Antarctic Program (USAP) et son lot de marchandises tant attendu.  Thomas nous quittera par ce même navire.

Tradition glaciale

Une tradition « palmeresque » veut que si le navire quitte, avec à son bord, un être qui vous manquera, vous devez plonger à l’eau en signe d’amitié. Le jour J, en maillot de bain, munie de mes bottes à tuyau et d’une serviette, je fais littéralement le pied de grue au quai de la station Palmer.  Thomas, mes amis géologues de l’Université du Wisconsin (Nicolas & Kelly) ainsi que Drew en génie électrique de l’Université Stanford sont à bord… Mon tour ne vient pas rapidement, je suis sur le point de me défiler en douce, car je gèle quand une voix douce, mais ferme et autoritaire sortant de nulle part parvient à mon cerveau reptilien : « Just do it ».  Je me lance alors dans le vide d’une hauteur de 8 mètres dans l’eau à – 0,3 °C.  Je refais surface pétrifiée, mais remonte l’échelle prestement pour me diriger clopin-clopant et « dégoulinante » vers le jacuzzi où m’attendent déjà d’autres « crazy people » maintenant acclimatés à 36 °C.  Je me dis en moi-même : « Quel  méchant delta-t!...  i.e. ∆t  = changement de température d’un même liquide.  Petite tranche de vie à la station Palmer.

Mission… presque accomplie!

La suite de mon séjour se déroule si vite… Un détail pourtant me frustre, aucune femelle parmi les poissons qui ont été pêchés n’a été prête à relâcher ses œufs et donc, je quitterai vraisemblablement la station Palmer sans avoir mis en incubation des œufs fertilisés.  Tout est cependant prêt pour leur arrivée : femelles et mâles des différentes espèces incluant le Grande-gueule, ont été injectés d’hormones stéroïdiennes de mes blanches mains pour accélérer la maturation ovarienne et la spermatogenèse. Les incubateurs sont installés et les protocoles de gestion des poissons reproducteurs sont établis.  Ceux qui prendront le relais (Ashley (Université d’Oregon) et Urjeet (Northeastern University) n’auront a priori qu’à être vigilants et bénis des dieux.

Retour à Montréal

J’ai quitté la station Palmer le 21 mai et retraversé le Passage de Drake en sens contraire. Malgré le mauvais temps, je n’ai toujours pas fraternisé avec l’agonie du mal de mer. La traversée est longue et durant les soirées, je suis passée en rafale à travers les trois saisons de « Games of Thrones » en compagnie de mes collègues et de l’équipage.  L’arrivée à Punta Arenas  a été un peu surréaliste… Je profite de mes trois jours en Patagonie pour faire un compte-rendu,  finaliser l’emballage de nos échantillons vers l’Amérique du Nord et visiter le parc national de Torres del Paine en Patagonie chilienne en compagnie d’une étudiante volontaire argentine Julieta qui aimerait venir étudier à Rimouski.  Flamands roses inespérés sur fond de lac turquoise, guanacos au détour d’une route, cimetière de glaciers sur fond de montagnes… Rien de mieux pour changer le mal de place, car le très long trajet qui s’annonce pour moi le lendemain est le suivant : Punta Arenas vers Santiago de Chili (4 heures d’attente) ensuite,  Mexico (18 heures d’attente) puis finalement arrivée à Montréal en matinée sous le soleil.

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