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Le « p’tit suisse », un rongeur original

Le « p’tit suisse », un rongeur original
Credit: Francis C. Cardinal
Le « p’tit suisse », un rongeur original
Le « p’tit suisse », un rongeur original

Saviez-vous que les tamias rayés tiennent leur nom du mot grec tamias, qui signifie trésorier ou encore maître d’hôtel ? Son surnom de « suisse » provient quant à lui des rayures de couleurs présentes sur l’uniforme des gardes suisses qui assurent la sécurité du Pape au Vatican.  

Choisir son quartier

Pour le tamia, un quartier sécuritaire offrant des services de proximité se traduit par une zone d’un rayon d’environ 30 mètres qui respecte divers critères. D’abord, l’habitat doit contenir suffisamment de débris de feuilles et de branches, pour bien dissimuler l’entrée du terrier, mais aussi des cachettes et des perchoirs afin de pouvoir s’y réfugier. De plus, la présence de suffisamment d’arbres producteurs de riches noix et graines garantit les réserves lors de la saison froide. 

Maximiser ses déplacements

Les arbres produisent généralement leurs graines sur une courte période, mais en quantité impressionnante. Pour profiter de cette période d’abondance, pas question de se risquer à faire des allers-retours une graine à la fois. Selon une étude, les tamias peuvent « s’enfiler » pas moins de 13 noyaux de pruneaux ou 32 faînes (graines de hêtre) dans leurs abajoues élastiques. C’est un peu comme si, proportionnellement, nous pouvions stocker 13 noyaux de mangues dans nos joues.

Un garde-manger bien structuré

Alors que certains porcs-épics dorment sur un lit de crottes durant l’hiver, pas question pour le tamia de faire ses besoins dans la « chambre à coucher ». Sous la terre, à environ 75 cm de profondeur, le tamia aménage un réseau de galeries et de tunnels où chaque salle possède une fonction. Une grande pour dormir, quelques petites pour entreposer ses réserves pour l’hiver et, généralement, un petit coin en retrait pour faire ses besoins. L’espace doit être suffisant pour entreposer un volume de 7 litres de graines.

L’hibernation atypique

Contrairement à certains hibernants comme la marmotte, le tamia rayé est considéré comme un pseudo hibernant. En effet, il sort très régulièrement de son état de torpeur pour manger. Il se distingue ainsi des hibernants par le fait qu’il ne dépend pas de ses réserves de graisse, mais bien des réserves de nourriture qu’il a accumulées pour survivre à l’hiver. Des études réalisées à l’Université McGill ont démontré que le tamia sort plus souvent de son état de torpeur s’il dispose de quantité de nourriture importante. De plus, si la température du terrier est très basse, le tamia se réveillera moins souvent et pour de plus courtes périodes. Le tamia a donc tout intérêt à bien choisir l’endroit où il installe son terrier pour rester le plus au chaud possible et ne manquer de rien, afin d’éviter de mettre trop souvent son corps à l’épreuve durant l’hiver.

Références :

  • Banfield, A.W.F. 1977. Les Mammifères du Canada, 2e édition, Les Presses de l’Université Laval et University of Toronto Press
  • Landry-Cuerrier, M. 2008. From habitat to energetics: eastern chipmunk burrow microhabitat selection and fine-scale variation in winter torpor expression. Department of Natural Resource Science. McGill University, Macdonald Campus, Montréal, Québec
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