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Le plus grand papillon diurne d’Amérique du Nord dans un jardin près de chez vous…

Grand porte-queue, © Insectarium de Montréal (Maxim Larrivée)
Le plus grand papillon diurne d’Amérique du Nord dans un jardin près de chez vous…

Les toutes dernières recherches sur les changements climatiques démontrent sans équivoque que les papillons du Canada s'adaptent aux changements climatiques en modifiant leurs aires de répartition : ils occupent de nouvelles régions maintenant favorables à leur survie.

Migrer pour profiter du nord… moins froid

Cette tendance est très évidente notamment à la limite nord de la répartition des espèces : les papillons profitent de l'adoucissement des conditions climatiques pour s'établir à des endroits où autrefois il leur était impossible de maintenir des populations viables. Cette progression se fait graduellement. Depuis 1990, des études rapportent que des populations de papillons se déplacent vers le nord à raison de 16 km par décennie.

Grand porte-queue : tout un voyageur

Cependant, quelques espèces profitent davantage de cet adoucissement des conditions climatiques en élargissant leur répartition de façon remarquable. Le grand porte-queue (Papilio cresphontes Cramer) en est un bel exemple. Il a augmenté son aire de répartition vers le nord de plus de 400 km depuis la fin des années 90, soit une vitesse de déplacement de sa répartition 15 fois plus élevée que la moyenne! Ce papillon majestueux ne laisse personne indifférent. Il peut atteindre une envergure de 15 cm, ce qui en fait le plus grand lépidoptère diurne d’Amérique du Nord. Sa chenille s’alimente d’essences associées aux citrus. Autrefois confiné à l’extrême sud de l’Ontario, le grand porte-queue est maintenant établi depuis quelques années aux portes du Québec, notamment dans l’Est ontarien et au Vermont.

Papillon géant dans notre cour

Des observations récentes nous indiquent qu’une population de faible densité serait maintenant établie en Outaouais et même à Montréal, depuis ce printemps. De nombreuses chenilles ont été découvertes, notamment au Jardin botanique sur une des deux plantes hôtes indigènes de cette espèce se retrouvant au Québec, le frêne épineux (Zanthoxylum americanum Mill.). Soyez attentif, les nouveaux spécimens adultes émergeront sous peu vers la mi-juillet et pourraient ainsi s’abreuver de nectar dans un jardin près de chez vous. Les chenilles du grand porte-queue peuvent aussi se nourrir de houblon (Humulus lupulus L.), une plante qui croît à nos latitudes se retrouvant souvent dans les jardins et qui pourrait aussi attirer ce merveilleux visiteur. Une nouvelle intéressante pour les passionnés de papillons. Comme quoi, dans ce cas très particulier, les changements climatiques peuvent parfois avoir des répercussions positives!

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