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Les retombées insoupçonnées de la culture de macroalgues au Biodôme

Le ballon volumétrique de gauche = algue verte, Ulva lactuca ou laitue de mer. Le ballon volumétrique de droite = algue rouge, Palmaria palmata ou main de mer palmée.
Credit: Anne Tremblay-Gratton, étudiante à la maitrise en Sciences animales à l’Université Laval (prise aux installations de l’ÉPAQ, Grande-Rivière, QC)
Les retombées insoupçonnées de la culture de macroalgues au Biodôme
Les retombées insoupçonnées de la culture de macroalgues au Biodôme

Les contraintes pour la culture de macroalgues au Biodôme de Montréal sont bien connues : 

1) qualité de la lumière,

2) la biodisponibilité des nutriments et des micronutriments et

3) leur capacité à s’attacher à un substrat grâce à leurs crampons de fixation, appelés haptères 1.

En collaboration avec Éric Tamigneaux, professeur à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec, nous avons entamé des travaux de recherche et développement au Biodôme sur la macroalgue Palmaria palmata. Le but était de l’utiliser comme modèle pour étudier leur culture ainsi que le potentiel des macroalgues en termes de biorémédiation.

Une algue rouge pour purifier l’eau

La main de mer palmée, Palmaria palmata est une algue rouge avec une distribution nordique le long des côtes atlantiques. On la retrouve souvent séchée et on l’appellera alors « dulse » ou petit goémon. Très bientôt, on pourrait la retrouver en vedette vivante dans l’écosystème du Littoral rocheux.

En effet, nous avons réussi à cultiver ce végétal marin de manière optimale dans nos laboratoires. De plus, des essais de biorémédiation de l’eau salée de la Baie ont démontré que l’algue rouge retirait efficacement les nitrates et les phosphates de l’eau lorsque les conditions nécessaires à son développement sont remplies 2.

D’autres algues en culture dans un avenir rapproché

Devant nos avancées techniques, le Biodôme pourrait se tourner très bientôt vers d’autres espèces, telles que le fucus vésiculeux (Fucus vesiculosus) et des laminaires (Laminaria saccharina, L. digitata ou L. longicruris) qui se distinguent par leur fronde en forme de lame allongée supportée par un pied appelé « stipe ». L’agar criblé (Agarum cribosum) est également une espèce d’intérêt, car il semble très bien résister au broutage des oursins verts.

L’intégration de macroalgues naturelles dans nos écosystèmes marins favoriserait l’introduction d’espèces animales qui, en milieu naturel, recherchent des abris dans les interstices rocheux et sous la couverture des algues. Le Biodôme de Montréal est également impliqué dans un large projet multidisciplinaire sous la gouverne de Merinov, le Centre d’Innovation de l’Aquaculture et des Pêches du Québec, afin d’identifier les meilleures techniques pour stimuler l’accrochement au substrat d’espèces indigènes à des fins de repeuplement et d’amélioration des habitats marins et côtiers.


1 Les haptères, contrairement aux racines, ne remplissent aucune fonction d’absorption (eau et  nutriments). Chez les algues, ils permettent la fixation aux rochers. 

2 Tremblay-Gratton et al. En ligne/Online.  Bioremediation efficiency of Palmaria palmata and Ulva lactuca for use in a fully recirculated cold-seawater naturalistic exhibit: effect of temperature and high NO3 and PO4 concentrations. Journal of Applied Phycology
https://link.springer.com/article/10.1007/s10811-017-1333-x

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