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Mission en Antarctique 2014 : récidive ou complément d’émerveillement?

Palmer Station, Antarctique © M.Gitzels
  • Palmer Station, Antarctique © M.Gitzels
  • Palmer Station, Antarctica ©  J. Charczuk
Mission en Antarctique 2014 : récidive ou complément d’émerveillement?

Fin janvier 2014. Je suis à nouveau sollicitée pour participer aux travaux de l’équipe du Dr Detrich de l’Université Northeastern. Son projet, qui reçoit l’appui financier de la National Science Foundation et du United States Antarctic Program, a pour but d'étudier l’effet de la température sur les mécanismes du développement au stade embryonnaire de deux espèces de poissons exclusives aux régions de l’Antarctique. Ces espèces hyper adaptées aux conditions de froid extrême, représentent jusqu’à 94 % des captures issues des efforts de pêche.  Les efforts de l’équipe de recherche sur Chaenocephalus aceratus et Notothenia coriiceps n'ont produit jusqu'ici que des résultats fragmentaires.L’an passé, mon séjour de quelques semaines ne m'avait permis qu’une participation aux activités de pêche expérimentale et de gestion des populations captives: injections hormonales pour accélérer le développement des gonades, mise au point de protocoles de désinfection, de fertilisation et d'incubation, montage de la salle d’incubation, bref, tout ce qui précède l’obtention d’œufs, sans pouvoir assister aux activités de ponte, de fertilisation et d’incubation (voir mes billets précédents).

Un séjour prolongé

Cette fois-ci, on m’offre un séjour de six mois « tout inclus », rien de moins. Mon expertise est requise pour contribuer, entre autres, à l’amélioration  de la zootechnie ciblant la production de C. aceratus (le grande-gueule), N. coriiceps (la bocasse noire) et si possible de N. rossii et Pseudochaenichthys georgianus. Le nerf de la guerre chez le grande-gueule, repose essentiellement sur l’amélioration significative des conditions de capture et de maintien en captivité afin de permettre aux femelles de finaliser leur maturation ovarienne (c'est-à-dire la production d'œufs aptes à la fertilisation) et aux mâles de produire la laitance (liquide contenant les spermatozoïdes), le moment venu. L’objectif? Obtenir des gamètes (œufs et spermatozoïdes) de qualité et en grande quantité. Pour ce qui est de la bocasse noire, c'est une espèce qui est loin d’être domestiquée mais elle est robuste et facile à reproduire en captivité, si l’on possède des notions d’aquaculture avancée et un certain savoir-faire.

Retournera, retournera pas?

Je me donne une semaine pour réfléchir et consulter mon monde. Six mois, c’est un «  pensez-y bien »! Mais c’est plus fort que moi : la soif de l’aventure, le dépaysement et le défi professionnel m'attirent. Forte de l’appui de la Société des amis du Biodôme de Montréal et de la direction, je suis partante.  Après avoir été examinée et vaccinée tous azimuts, j’obtiens mon autorisation médicale de l’USAP et fais mes réservations Montréal - Miami - Santiago - Punta Arenas (Chili). Je pars le 7 avril et serai de retour à Montréal le 28 octobre 2014, soit 204 jours plus tard. L’équivalent de 4896 heures ou 293 760 minutes… Vous me manquez déjà...

 

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