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Nous habitons la Terre… mais elle nous habite aussi !

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Credit: Juan Davila
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Nous habitons la Terre… mais elle nous habite aussi !

Demander à un Anicinape de parler de sa relation à la Terre, c’est lui demander de parler de son regard même sur la vie. Le mot « Anicinape » en dit déjà long sur notre manière de voir les choses. Dans votre langue, vous nous appelez « Algonquins », mais ce mot n’existe pas chez nous ; ce sont les Français qui nous ont désignés ainsi, ce que nous avons accepté de bon gré. Aujourd’hui, nous vous remercions de nous permettre d’expliquer que dans notre langue nous nous appelons « Anicinape », ce qui signifie « être humain », mais dans le sens où celui-ci est un être vrai, vivant en harmonie avec la nature.

Nos ancêtres ont toujours considéré que la Terre ne pouvait pas nous appartenir, car c’est nous qui lui appartenons. Nous sommes ses enfants, mais aussi ses gardiens, car nous avons la responsabilité d’en prendre soin pour les générations futures. Malgré toutes les difficultés auxquelles nos peuples ont dû faire face ces derniers siècles, cette relation fondamentale avec la Terre mère n’a jamais été affectée. Dans chaque rivière qui coule, chaque arbre, chaque animal, chaque pierre, lorsque nous regardons la lune, le soleil ou les étoiles, nous continuons de voir un esprit, c’est-à-dire la Vie sous ses milliards de formes, toutes aussi belles et sacrées les unes que les autres.

Les animaux offrent également plusieurs enseignements à qui sait les observer. La tortue nous apprend à vivre le moment présent. L’aigle, à prendre du recul et à avoir un regard clair sur notre vie. L’ours nous enseigne à rester forts face aux obstacles. Et le bison, à avancer, puissants et tranquilles à la fois, sur notre chemin.

Nos ancêtres nous ont patiemment transmis leur savoir-faire, mais aussi leur savoir-être. Au cœur de ce savoir-être, ils nous ont fait voir que nous habitions la Terre, mais qu’elle nous habitait aussi ! Quand la Terre est malade, nous sommes malades. Quand nous sommes malades, elle est malade. Si nous voulons bien prendre soin d’elle, il est primordial de prendre soin de notre jardin intérieur. Ce qu’elle traverse en ce moment n’est que le reflet des tourments et de la course folle qui agitent les humains de notre époque. Les prophéties de plusieurs peuples premiers parlaient de cette ère, que nous traversons aujourd’hui, où les humains devront faire face à un choix crucial : poursuivre leur ruée tête baissée vers la technologie ou s’engager sur un chemin plus lent et plus intérieur, où la priorité serait donnée à la Conscience de soi et au caractère sacré de tout ce qui nous est prêté par la Terre mère pendant notre passage en ce monde.

La forêt, pour les Anicinapek, est un lieu rempli de « médecine ». La médecine, c’est tout ce qui va permettre à notre corps, à notre cœur et à notre esprit d’être en bonne santé, portés par la joie de vivre et par la paix. Il existe encore heureusement d’innombrables lieux où la Terre mère continue de nous nourrir. Il faut toujours conserver un regard positif, quoi qu’il arrive, pour nos générations futures. Nous ne devons être portés que par un seul but : leur remettre la Terre comme le Créateur et nos ancêtres nous l’ont léguée.

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