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Papillon monarque : le verre à moitié vide ou à moitié plein?

Papillon monarque dans le cadre de l'événement Papillons en liberté
Credit: Espace pour la vie (André Sarrazin)
Danaus plexippus
  • Danaus plexippus
  • Graphic - monarch populations between 1993 and 2014
Papillon monarque : le verre à moitié vide ou à moitié plein?

Les chiffres tant attendus sont sortis la semaine dernière. La population de monarques de l’est de l’Amérique du Nord a augmenté de 69 % par rapport à l’an dernier. C’est 1,13 hectare de forêts mexicaines qui sont couvertes de monarques, par rapport à 0,67 hectare l’année précédente. Une excellente nouvelle qui témoigne de la capacité de ce surprenant lépidoptère de rebondir grâce à sa grande capacité de reproduction.

On se réjouit?

Malgré l’augmentation, il s’agit tout de même de la deuxième plus petite population jamais répertoriée. La taille de la population est encore loin de la moyenne des 22 dernières années (6,1 hectares), et encore plus loin du record de 18,2 hectares enregistré en 1996-1997. Est-ce que ces temps sont révolus pour toujours? Souhaitons que non…

Fragile

Des mesures importantes devront être mises en place, si on souhaite renverser la vapeur. La principale cause du dépérissement de cette population de monarques est la perte d’habitat de reproduction au profit de cultures transgéniques de maïs et de soya, résistantes aux herbicides. Le milieu agricole, autrefois si accueillant pour les monarques, est devenu un désert où ces papillons meurent de faim. Les femelles qui les traversent pendant leur migration y cherchent inutilement l’asclépiade, seule nourriture acceptée par leurs chenilles. Bien entendu, l’asclépiade pousse aussi ailleurs, mais partout elle se fait de plus en plus rare. Les grandes variations climatiques et la déforestation illégale sur les sites d’hivernage du Mexique représentent les autres grands défis que doit surmonter ce si petit insecte.

Au secours du papillon

Lors d’une rencontre officielle en 2014, les chefs d’État du Canada, des États-Unis et du Mexique ont décidé de coopérer pour assurer la survie du monarque, symbole de leur association. Parallèlement, au Canada et aux États-Unis, les instances gouvernementales évaluent la possibilité d’augmenter l’indice de fragilité de la population de l’est de l’Amérique du Nord, ce qui permettrait d’augmenter les ressources dédiées à sa conservation. Probablement le papillon le plus étudié de tous les temps, le monarque bénéficie de la sympathie de la population qui sait le reconnaître, l’apprécie d’emblée et se préoccupe de son état. Les citoyens s’impliquent aussi en créant des jardins pour les monarques, autour des maisons, écoles, commerces et parcs, qui offrent des fleurs nectarifères pour l’alimentation des adultes et des asclépiades pour la ponte.

Relever le défi

En mars, les monarques quitteront leur site d’hivernage pour remonter vers le nord. Imaginez : l’équivalent de 7 terrains de football devra repeupler environ 20 millions de km2 en Amérique du Nord… Tout un contrat que les monarques tenteront de relever, encore une fois, cet été. Et espérons, pendant encore longtemps!

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