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Rester connectée

Marika D'Eschambeault et Daphné Laurier-Montpetit en plongée © Daphné Laurier-Montpetit
Rester connectée

Voilà plus de deux mois que j’ai quitté le Sedna IV. Après 15 semaines où le temps m’a semblé s’arrêter, j’ai repris le tourbillon de ma vie normale. Dans ce bourdonnement occidental, mon aventure me semble bien loin! J’en viens même à me demander si tout cela est bel et bien arrivé. Ai-je vraiment passé près de quatre mois sur un bateau, au beau milieu du Pacifique?

Un rappel amical

Dur, dur, le retour au boulot! Au mois d’août, les visiteurs s’entassaient sur les sentiers du Biodôme, où je travaille comme animatrice scientifique. Quel contraste avec le si vaste et si calme Pacifique! Tout ce mouvement m’étourdissait. Pourtant, dans cette fourmilière, un appel m’a soudainement soulagée : « Vous êtes Daphné! Mon petit-fils et moi vous avons parlé quand vous étiez sur le Sedna. Vous savez qu’il veut maintenant devenir biologiste, grâce à vous »? Wow! J’ai senti mon cœur fondre d’un coup! Quelques jours plus tard, une enseignante pour adultes, en visite dans notre érablière des Laurentides, m’a rappelé un direct passionnant avec une classe de francisation. Mais oui, Madame, je me rappelle bien de vous! Et surtout, de votre groupe énergique, qui a organisé une activité de sensibilisation auprès d’élèves du primaire!

Et puis, tous les souvenirs…

Il n’en fallait pas plus pour me reconnecter à cette mission, désormais plus si lointaine! Toutes ces discussions avec des élèves curieux me revinrent en tête. Même à 3 h du matin, ces échanges rendaient le décalage horaire avec Tahiti beaucoup plus facile à supporter! J’ai repensé à une fillette qui, après avoir participé à la mission avec sa classe, a choisi de célébrer son anniversaire au Camp de base de la mission 1 000 jours pour la planète. Je me suis rappelé un direct privé avec un garçon courageux, en rémission de cancer. Et que dire de mon groupe chouchou, des adolescents en difficulté qu’une enseignante passionnée cherchait à raccrocher par la science. Si je m’attendais à travailler dur pour capter leur attention, j’ai été prise de court! Ces garçons m’ont bombardée de questions intelligentes et informées, et leur intérêt était palpable, même de l’autre côté de la planète!

Une marque indélébile

Aujourd’hui, le Sedna IV est peut-être ancré à l’autre bout du monde, mais les gens à qui j’ai parlé, eux, sont ici. Pendant mon séjour sur le Sedna IV, j’ai communiqué avec des centaines d’élèves en classe, et je ne sais combien de visiteurs du Jardin botanique. Même si l’aventure est terminée pour moi, la marque est indélébile. Et elle est là, la véritable raison de cette mission. Une aventure de 1 000 jours, c’est temporaire, mais le lien créé par l’aventure, lui, demeure à jamais. Que je le veuille ou non, je resterai toujours connectée à ces 15 semaines pour la planète!

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