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Carnet horticole et botanique

Brûlure bactérienne des Rosacées

Ravageurs et maladies
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Brûlure bactérienne du pommetier.
Crédit photo : Jardin botanique de Montréal (Pascale Maynard)

Onglets

Description

Résumé

Cette maladie bactérienne, fréquente chez plusieurs espèces de Rosacées, évolue très rapidement et peut être fatale. L'infection se propage comme du feu, particulièrement lors d'un printemps chaud, humide et pluvieux. Les dommages ressemblent à des brûlures : les fleurs et les jeunes pousses flétrissent soudainement puis se dessèchent et noircissent, mais restent souvent fixées à la plante. L'écorce des branches infectées prend une teinte brun rougeâtre bien démarquée de la partie encore saine. Les arbres jeunes sont plus vulnérables et peuvent dépérir en quelques semaines. Les arbres matures peuvent perdre quelques branches et s'en remettre ou succomber après une ou deux saisons de croissance.

Signes et symptômes

  • Les premiers dommages apparaissent généralement au printemps peu de temps après la floraison.
  • Les fleurs deviennent aqueuses, se flétrissent et noircissent soudainement.
  • Les dommages s'étendent vite aux nouvelles pousses qui se nécrosent à leur tour et s'enroulent en forme de crosse. Les fruits atteints noircissent et se momifient. Les organes infectés demeurent souvent fixés à la plante.
  • Les inflorescences et les feuilles desséchées ont une texture semblable au cuir.
  • La maladie se propage dans les vaisseaux conducteurs jusqu'aux branches secondaires puis progresse vers les charpentières pour finalement atteindre le tronc. Le collet et le porte-greffe peuvent également être affectés.
  • L'écorce des branches nouvellement infectées se gonfle et se décolle du bois; sous l'écorce, les tissus deviennent foncés, humides et luisants. Plus tard, l'écorce se dessèche et s'enfonce; la section infectée de la branche prend une teinte brun rougeâtre bien démarquée de la partie encore saine.
  • Un liquide visqueux de couleur ambré s'écoule de toutes les parties infectées; cet exsudat sucré, riche en bactéries, attire les insectes qui propagent l'infection durant tout l'été.
  • En fin de saison, des chancres (plaies) concaves se développent sur les branches et le tronc; la partie située au-dessus des chancres meurt.
  • La maladie peut causer la mort des jeunes arbres en quelques semaines seulement. Les arbres plus matures peuvent perdre quelques branches et s'en remettre ou succomber en une ou deux années de croissance.

Nom latin

Erwinia amylovora

Plantes hôtes

Plusieurs espèces ornementales et fruitières de la famille des Rosacées : amélanchier, aronie, aubépine, buisson ardent, cerisier, cognassier, cotonéaster, framboisier, kerria, physocarpe, poirier, pommetier, pommier, potentille, prunier, rosier, sorbaria, sorbier, spirée.

Cycle de développement

Description et cycle de développement

Les bactéries du genre Erwinia sont en forme de bâtonnets et munies de flagelles. Elles peuvent vivre et se développer avec ou sans la présence d'oxygène.

Ces micro-organismes passent l'hiver sur les plantes infectées, en bordure des chancres formés l'année précédente et possiblement dans les bourgeons et les branches de plus de 1 cm de diamètre.

Au printemps suivant, par temps chaud et humide, les bactéries s'activent et se multiplient très rapidement : la division cellulaire peut se produire à toutes les trente minutes. Des masses de bactéries se développent, gonflant les tissus sous l'écorce qui se fendille et suinte un liquide collant composé de sève et de bactéries. Cet exsudat sucré attire les insectes qui transmettent les bactéries de plante en plante ou sur d'autres parties de la même plante.

Les bactéries peuvent s'introduire dans les plantes par les fleurs, les blessures et tous les minuscules orifices du tissu végétal. Une fois à l'intérieur, elles se propagent dans le système vasculaire bloquant rapidement les vaisseaux, ce qui provoque le flétrissement caractéristique des jeunes pousses.

Durant la saison de croissance, les bactéries peuvent aussi être disséminées par le vent, la pluie ou l'eau d'arrosage, ainsi que par les manipulations du jardinier.

Vers la fin de l'été, elles deviennent graduellement inactives et restent dormantes jusqu'au printemps suivant.

Prévention et contrôle

Conditions favorables

Ces bactéries se multiplient rapidement sous un climat humide et pluvieux, avec des températures variant entre 18 et 25 °C, particulièrement durant la floraison et lors du développement des jeunes pousses, lorsque la montée de sève est importante. La proximité de Rosacées sauvages malades augmente les risques d'infection.

Les excès d'engrais azotés, les tailles sévères ou tardives prédisposent les végétaux à l'infection.

Dépistage

Tôt au printemps, avant la feuillaison, examiner les rameaux pour déceler toute décoloration de l'écorce.

À l'époque de la floraison, inspecter les fleurs et les jeunes pousses car c'est à ce moment que la maladie se propage le plus rapidement. Continuer l'inspection jusqu'au milieu de l'été.

Mesures préventives

  • Faire le choix d'espèces ou de cultivars ayant une bonne résistance à cette maladie tels que :
    • Pommetiers: 'Cardinal', 'Coralburst', 'Dolgo', 'Flame', 'Harvest Gold, 'Lollipop', 'Maybride', 'Molten Lava', 'Morning Princess', 'Ormiston Roy', 'Pink Spires', 'Prairie Fire', 'Ralph Shay', 'Red Jewel', 'Royal Beauty', M. sargentii 'Tina', 'Sir Lancelot', 'White Angel', 'Winter Gold'
    • Pommiers: 'Enterprise', 'Freedom', 'Liberty', 'Williams Pride'
    • Poiriers: 'Golden Spice', 'Moonglow', 'Nova', 'Seckel', 'Summercrisp', 'Ure'
  • Maintenir la vigueur des végétaux en les fertilisant de façon équilibrée, en les taillant adéquatement et en les arrosant en période de sécheresse ; ne pas blesser les plantes inutilement.
  • Éviter les excès d'engrais azotés et les tailles sévères ou tardives qui favorisent la maladie.
  • Éviter de planter les végétaux dans des sols lourds et mal drainés; ne jamais arroser par aspersion et ne pas tailler par temps humide.

Contrôle physique

  • Rabattre immédiatement les branches infectées ; faire la coupe dans le tissu sain au moins 30 à 50 cm (12 à 20 pouces) en dessous de toute décoloration visible sur l'écorce ; toujours tailler par temps sec.
  • Stériliser les instruments de taille entre chaque coupe avec de l'alcool isopropylique à 70% (alcool à friction).
  • Ratisser et détruire les feuilles et les fruits infectés qui tombent au sol ; jeter tous les résidus de coupe et les débris infectés.
  • Lorsque la maladie atteint les branches principales et le tronc, abattre les arbres au sol et prendre soin d'arracher les racines ; jeter tous les résidus de coupe.

Contrôle biologique

Aucun traitement disponible

Contrôle chimique

Le Jardin botanique de Montréal ne recommande pas l'utilisation de pesticides pour contrôler cette maladie.

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