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Carnet horticole et botanique

Cochenille du magnolia

Ravageurs et maladies
Français
Cochenilles du magnolia femelles à maturité (gonflées et rosées)
Crédit photo : Jardin botanique de Montréal (Pascale Maynard)

Onglets

Description

Résumé

Les magnolias ont rarement des problèmes de maladies ou de ravageurs, sauf la cochenille du magnolia!

La cochenille du magnolia est l’une des plus grandes cochenilles en Amérique du Nord. À maturité, la femelle peut atteindre 12,5 mm. Lors d’une infestation, les branches semblent couvertes de grosses pustules brunâtres ou blanchâtres.

Cet insecte, qui vit souvent en denses colonies, passe la majeure partie de son cycle de vie immobile. Il s’alimente en suçant la sève du magnolia. Il excrète une substance sucrée et collante (miellat) qui favorise le développement d’un champignon noir (fumagine) sur les feuilles et les branches. Le miellat attire également les guêpes, les fourmis et d’autres insectes.

Les magnolias attaqués sont affaiblis et produisent moins de fleurs et de feuilles. Ces dernières sont également plus petites. Des infestations répétées peuvent faire mourir des branches, voir l’arbre entier.

Nom latin

Neolecanium cornuparvum

Plantes hôtes

Les magnolias, notamment le magnolia acuminé (Magnolia acuminata), le magnolia de Soulange (Magnolia x soulangiana), le magnolia étoilé (Magnolia stellata) et le magnolia à fleurs de lis (Magnolia liliiflora).

Cycle de développement

Description et cycle de développement

La cochenille du magnolia hiverne à l’état de nymphe (stade immature) sur les pousses âgées d’un an ou deux. Les nymphes mesurent 1 à 2 mm, possèdent un corps ovale brun ou gris foncé et sont recouvertes d’une pellicule cireuse.

Au printemps, les nymphes hivernantes se réactivent, recommencent à s’alimenter et muent.

Les nymphes femelles se gonflent progressivement et se couvrent d’une couche poudreuse blanchâtre. Les nymphes mâles sont beaucoup plus petites (environ 3,5 mm). Leur corps est aplati et devient blanc translucide en début d’été.

Vers le début de juillet (région de Montréal), les nymphes deviennent adultes. Les femelles matures ont un corps ovale, lisse et convexe. Elles peuvent atteindre 12,5 mm. Les mâles se métamorphosent en insectes ailés semblables à de minuscules mouches roses ou jaunes. Ils s’accouplent avec les femelles puis ils meurent.

Les femelles pondent leurs œufs sous leur bouclier. Au moment de la ponte, elles sont très grosses et ont souvent perdu une partie de leur couche blanchâtre. Elles prennent une teinte rosée avant l’émergence des nymphes.

Au fur et à mesure que les œufs éclosent (mi-août à fin-septembre), les jeunes nymphes quittent le bouclier protecteur de leur mère pour coloniser de nouveaux territoires. Ce stade pendant lequel les nymphes sont mobiles, appelé stade « baladeur », dure environ 48 heures. Les nymphes se fixent ensuite sur un rameau où elles passeront l’hiver.

Les nymphes nouvellement écloses sont brun pâle, mais elles prennent une coloration plus foncée suite à leur alimentation. À ce stade, les jeunes nymphes n’ont pas encore de carapace. La sécrétion d’un premier bouclier ou d’une couche cireuse protectrice prend environ une dizaine de jours.

Il n’y a qu’une génération de cochenille du magnolia par année.

Prévention et contrôle

Dépistage

  • Effectuer un dépistage tôt au printemps, avant l’éclosion des bourgeons floraux, pour vérifier la présence de nymphes qui auraient hiverné. Elles mesurent environ 1 à 2 mm et sont brunes ou gris foncé. Elles sont souvent regroupées sous les rameaux.
  • Entre le début d’août et la fin de septembre, effectuer des dépistages réguliers. Décoller quelques cochenilles adultes (femelles) et utiliser une loupe pour vérifier la présence d’œufs ou de nymphes mobiles sous le bouclier. À ce stade, les femelles sont très gonflées et peuvent mesurer jusqu’à 12,5 mm.

Note : Les nymphes étant minuscules, elles peuvent être transportées par les insectes et les oiseaux. Il faut donc faire du dépistage tous les ans.

Mesures préventives

  • Éviter d’acheter un arbre infesté : bien inspecter l’arbre lors de l’achat.
  • Inspecter régulièrement le magnolia. Un dépistage précoce permet d’intervenir localement et de prévenir les infestations plus difficiles à maîtriser.
  • Éviter les tailles sévères et les excès d’engrais riches en azote qui favorisent la croissance de pousses tendres qui font le bonheur des cochenilles.
  • Désinfecter les outils de taille entre chaque coupe avec de l’alcool isopropylique à 70 % (alcool à friction).

Contrôle physique

  • Lorsque l’infestation est très localisée, il est possible de tailler les branches les plus infestées (idéalement au printemps ou dès que la présence des cochenilles est constatée). Il faut cependant éviter de tailler des branches de plus de 4 cm de diamètre, car plus la dimension des plaies de coupe est importante, plus la cicatrisation est lente, ce qui augmente les risques d’infection par des pathogènes.
  • Si le magnolia est petit, le tronc et les branches infestés peuvent être brossés avec une brosse douce (ex. : brosse à dents) trempée dans l’eau savonneuse. Il faut prendre soin de ne pas abîmer l’écorce. Il est plus facile de détacher les cochenilles lorsqu’elles sont gonflées et de couleur rosée (femelles adultes). À défaut de pouvoir les décoller avec une brosse douce, les femelles adultes peuvent être écrasées avant la période de ponte.
  • Sur les magnolias de grande taille, les cochenilles femelles peuvent être délogées avec un jet d’eau puissant lorsqu’elles sont gonflées et de teinte rosée. Attention : il est essentiel de bien calibrer la force du jet afin de ne pas endommager l’arbre. Il est recommandé de faire un test sur une branche.

Contrôle chimique

Huile horticole

Tôt au printemps, avant l’éclosion des bourgeons floraux (période de dormance), il est possible d’utiliser un pesticide à faible impact dont l’ingrédient actif est l’huile horticole (« huile de dormance ») pour éliminer les nymphes qui ont hiverné sur l’arbre. Pour que le traitement soit efficace, il est recommandé d’attendre que les températures de jour atteignent 12 à 15 °C pendant 3 à 4 jours (au moins 2 jours si le débourrement est imminent). Une application trop hâtive ne donnera pas de résultats satisfaisants. Par contre, si l’huile est vaporisée trop tardivement (lorsque les bourgeons floraux commencent à ouvrir ou sont déjà ouverts), elle peut endommager les fleurs. Il est à noter que l'huile horticole ne doit pas être appliquée s'il y a risque de gel ou de pluie dans les 24 heures suivant le traitement.

L’huile horticole peut aussi être vaporisée à l’automne (début octobre) si la température se maintient autour de 15 °C pendant quelques jours. À noter que l’application d’huile horticole à l’automne peut parfois endommager le feuillage, mais cela a généralement peu de conséquences en fin de saison. Il est important de bien lire l’étiquette du produit et de suivre les recommandations du fabricant.

Savon insecticide

À la fin de l’été (mi-août à fin-septembre environ), les nymphes mobiles quittent le bouclier protecteur de leur mère. C’est à ce moment qu’un pesticide à faible impact dont l’ingrédient actif est le savon insecticide peut être employé. En effet, durant la courte période où les cochenilles sont au stade de nymphes mobiles, et avant que la couche cireuse qui les protège ne soit formée, les insectes sont beaucoup plus vulnérables. Le savon insecticide peut être vaporisé aux 7 à 10 jours, selon les recommandations figurant sur l’étiquette du produit. Comme les nymphes émergent successivement, il faut généralement faire plusieurs applications.

Remarques

Si un seul traitement peut être effectué, il est préférable de privilégier l’application d’huile horticole au printemps, en période de dormance.

Le savon insecticide et l’huile horticole sont des insecticides de contact. Par conséquent, il est important de bien couvrir toutes les surfaces de l’arbre, en n’oubliant pas le dessous des branches.

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