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Carnet horticole et botanique

Cochenilles rustiques

Ravageurs et maladies
Français
Lécanie de Fletcher.
Crédit photo : Jardin botanique de Montréal (Pascale Maynard)

Onglets

Description

Résumé

La superfamille des cochenilles (Coccoidés) regroupe plusieurs genres d'insectes suceurs pouvant nuire aux arbres et aux arbustes fruitiers ou ornementaux. Selon les espèces, les cochenilles matures ont l'apparence de petites écailles bombées, de coquillages miniatures ou de petits disques aplatis, recouverts de sécrétions cireuses. Malgré leur aspect insolite, ces petites bestioles peuvent passer inaperçues car elles vivent généralement immobiles, fixées sur les feuilles, les rameaux ou les fruits, pour aspirer la sève de leur hôte. Plusieurs espèces excrètent une substance sucrée et collante (miellat) sur laquelle se développe un champignon noir et poudreux (fumagine). En petit nombre, les cochenilles causent peu de dégâts, mais de grosses colonies peuvent faire mourir des branches entières.

Signes et symptômes

  • Au début, la présence de quelques cochenilles peut passer inaperçue. De taille minuscule, elles vivent généralement immobiles, cachées sous une carapace cireuse ou enfouies dans leurs sécrétions. Elles sont parfois de la même couleur que leur plante hôte.
  • Selon les espèces, les cochenilles matures ont diverses apparences : petites écailles bombées, disques plats ou coquillages miniatures, de couleur gris, marron, brun foncé ou rougeâtre; minuscules taches blanches ou petites boules de ouate; petits insectes blanchâtres poudreux, semblables à des cloportes, couverts de longs filaments cireux.
  • Ces petits parasites s'installent d'abord sur les parties tendres pour se nourrir de sève. Ils vivent en groupe, fixés sur l'écorce des jeunes rameaux, des branches et du tronc, cachés sous les feuilles, le long des nervures, à la base des pétioles, sur les aiguilles et les écailles de conifères et aussi sur les fruits.
  • Certaines espèces, très prolifiques, forment rapidement des colonies si compactes que des encroûtements cireux peuvent recouvrir toute l'écorce. Plusieurs espèces sont très spécifiques à un hôte particulier mais beaucoup d'autres sont polyphages.
  • Sur les conifères, on peut voir : des pustules écailleuses brunâtres ovoïdes (lécanie de Fletcher, cochenille des bourgeons de l'épinette) ou piriformes (cochenille-tortue du pin) sur les rameaux et les bourgeons; des petits boucliers circulaires blanchâtres sur les écailles (cochenille du genévrier); de minuscules taches blanches allongées sur les aiguilles (cochenille des aiguilles du pin), donnant aux conifères un aspect enneigé même en été.
  • Sur les feuillus, on peut voir : des petites boules blanches semblables à des grains de maïs soufflé sur les rameaux (cochenille floconneuse); de minuscules bosses grisâtres ou brun rougeâtre en forme de coquille d'huître (cochenille virgule) ou hémisphériques (lécanie) sur les branches; de petits disques dorés enfouis dans l'écorce des branches et du tronc (cochenille du chêne); des petites bosses circulaires au contour rougeâtre sur les fruits (cochenille de San José); de petits insectes ovales, à corps annelé entouré de filaments cireux blancs, semblables à des cloportes, sur les branches et le tronc (cochenille de Comstock).
  • Plusieurs espèces excrètent une substance sucrée et collante (miellat) qui peut recouvrir les feuilles et les branches. Ce miellat attire les fourmis et les guêpes et favorise le développement d'un champignon noir et poudreux appelé fumagine.
  • En petit nombre, les cochenilles font généralement peu de dommages mais lorsque d'immenses colonies s'incrustent sur les branches, le pompage de sève constant cause un affaiblissement général de la plante.
  • Une infestation sévère peut entraîner le flétrissement, le dessèchement et la chute des feuilles ou des aiguilles; les fruits ravagés restent petits et tombent prématurément; des galles peuvent se former à la base des jeunes pousses et obstruer la circulation de la sève, les rameaux très infestés se dessèchent et meurent. Les jeunes arbres sont plus vulnérables que les arbres matures.
  • Ces insectes peuvent transmettre des maladies virales aux végétaux.

Nom latin

Carulaspis, Chionaspis, Cryptococcus, Diaspis, Eulecanium, Lecanium, Lepidosaphes, Parthenolecanium, Phenacoccus, Physokermes, Pulvinaria, Pseudococcus, Quadraspidiotus, Saissetia, Toumeyella, Unaspis, etc.

Plantes hôtes

Plusieurs espèces d'arbres et arbustes: arbre à perruque, aronie, aubépine, aulne, bouleau, buis, catalpa, cerisier, chêne, chèvrefeuille, cornouiller, cotonéaster, érable, févier, forsythia, frêne, fusain, groseillier, hêtre, lilas, mûrier, noyer, orme, pêcher, peuplier, pommetier, pommier, poirier, prunier, rhododendron, rosier, saule, tilleul, vigne, weigela, etc.

Plusieurs conifères : cèdre (thuja), épinette, faux-cyprès, genévrier, if, mélèze, pin.

Cycle de développement

Description et cycle de développement

Les cochenilles font partie de l'ordre des Hémiptères, tout comme les pucerons. Sous notre climat, on retrouve principalement : les Diaspididés (cochenilles à bouclier) munies d'un bouclier dur et indépendant, les Coccidés (cochenilles à carapace) avec une peau coriace imprégnée de cire, mais sans bouclier et les Pseudococcidés (cochenilles farineuses) couvertes de filaments cireux blanchâtres.

Leur métamorphose est dite incomplète (insectes hémimétaboles) : les larves ressemblent à de petits adultes et subissent quelques mues avant d'atteindre leur taille finale. Les mâles et les femelles sont différents.

Œufs : Ils sont minuscules. Les femelles (ovipares) peuvent pondre de 400 à 1000 œufs, selon les espèces.

Larves: Elles sont semblables aux adultes mais beaucoup plus petites (0,2 mm) et translucides. Les jeunes larves nouvellement écloses (1er stade larvaire ou stade baladeur) sont munies de six pattes et de deux antennes.

Mâles : Ils ressemblent à de minuscules moucherons (2 mm). Ils sont pourvus de pattes et généralement d'une seule paire d'ailes mais ils n'ont pas de pièces buccales. Ils ne vivent qu'un jour ou deux et sont rarement aperçus. Ils apparaissent à une période précise de l'année et représentent généralement un faible pourcentage (1-2%) de la population.

Femelles : De petite taille (1-12 mm), elles n'ont généralement ni yeux, ni antennes, sont aptères (sans ailes) et souvent apodes (sans pattes). Leur tête est munie d'un long tube (stylet) leur permettant d'aspirer la sève. Leur corps est généralement dissimulé sous une carapace ou des sécrétions cireuses.

Sous notre climat, les cochenilles hivernent sur les plantes, sous forme d'œufs, de larves ou d'adultes, selon les espèces. Au printemps, lors de l'éclatement des bourgeons (mi-mai à mi-juin), la population hivernante se réactive et les œufs éclosent.

Après l'éclosion des œufs, les jeunes larves mobiles quittent le bouclier protecteur de leur mère pour coloniser de nouveaux territoires. Ce stade, appelé «baladeur» ou «rampeur» (crawler) se déroule en 48 heures. Durant cette courte période, les jeunes insectes sont plus vulnérables car ils n'ont pas encore de carapace. La sécrétion d'un premier bouclier ou d'une couche cireuse protectrice prend une dizaine de jours.

Chez les espèces sédentaires, les jeunes larves femelles perdent leurs pattes au cours de la première mue. Puis, elles se fixent définitivement. Elles subiront quelques mues pour permettre au bouclier de s'agrandir au rythme de leur croissance jusqu'au stade adulte. Ce stade dure environ deux mois.

Vers la fin de l'été, après l'accouplement, les mâles meurent et les femelles pondent leurs œufs sous leur bouclier ou dans un sac (ovisac) situé au bout de leur abdomen. La ponte peut se prolonger jusqu'à la fin d'août. Chez la plupart des espèces, les femelles meurent suite à la ponte mais les œufs demeurent à l'abri sous leur carapace jusqu'à leur éclosion, au printemps suivant.

Selon les espèces et le climat, il peut avoir de 1 à 3 générations par année.

Prévention et contrôle

Conditions favorables

Les températures élevées et l'absence de prédateurs ou de parasites facilitent l'implantation et le développement des colonies. Les jeunes larves, très légères, peuvent être dispersées par le vent ou transportées par les fourmis, les oiseaux et les écureuils. Les manipulations et le contact direct avec d'autres plantes peuvent être une source de contamination importante.

Les tailles sévères et les excès d'engrais azotés favorisent la croissance rapide de pousses tendres plus vulnérables.

Dépistage

Une inspection visuelle régulière reste la meilleure méthode de détection. Durant l'hiver, inspecter les branches des végétaux qui ont déjà subi une infestation. Durant l'été, la présence de miellat, de fumagine, de fourmis ou de guêpes sont des bons indicateurs. Les fourmis protègent les cochenilles et transportent les jeunes larves sur de nouveaux sites. Une grande quantité de miellat est le signe d'une infestation grave passée inaperçue.

Mesures préventives

  • Éviter d'acheter un arbre ou un arbuste infesté : inspecter scrupuleusement les jeunes rameaux et le dessous des feuilles pour ne pas ramener ces bestioles dans votre jardin.
  • Inspecter régulièrement les végétaux. Le repérage précoce permet d'intervenir localement et de prévenir les infestations plus difficiles à contrôler.
  • Prévenir les blessures et éviter les surdoses d'engrais qui stimulent la croissance de pousses tendres et invitantes pour les insectes suceurs.
  • Désinfecter régulièrement les outils de taille avec de l'alcool isopropylique à 70% (alcool à friction).

Contrôle physique

  • Isoler, si possible, les végétaux infestés. Les manipulations et les outils de taille favorisent la dissémination des cochenilles.
  • Tailler d'abord les branches mortes ou trop fortement infestées pour diminuer la population d'insectes. Prendre soin de désinfecter régulièrement les outils de taille.
  • Éliminer toutes les cochenilles visibles. Mortes ou vivantes, elles peuvent abriter des centaines d'œufs sous leur carapace ou dans leur ovisac. Les cochenilles vivantes se détachent plus difficilement de l'écorce mais les cochenilles mortes se désagrègent aisément.
  • Sur le tronc et les grosses branches : frotter avec une brosse douce trempée dans de l'eau savonneuse; prendre soin de ne pas abîmer l'écorce.
  • Sur les feuilles et les jeunes rameaux : frotter avec un linge doux ou une brosse à dent trempés dans de l'eau savonneuse. Badigeonner les insectes ponctuellement avec un coton tige trempé dans l'alcool à friction pour les faire dessécher.
  • Refaire le traitement au besoin pour s'assurer d'éliminer toute la population. Quelques œufs ou insectes oubliés suffisent amplement pour rebâtir une nouvelle colonie.
  • Dans le cas d'une infestation très sévère, prélever des boutures (à traiter) et détruire le plant mère. Ramasser et jeter les branches, les feuilles et les fruits infestés; ne pas les composter.

Contrôle biologique

Encourager la présence de prédateurs et de parasites naturels (punaises, coccinelles, larves de syrphe, guêpes parasites) en cultivant une grande diversité de plantes.

Contrôle chimique

En dernier recours, utiliser un pesticide à faible impact dont l'ingrédient actif est le savon insecticide ou l'huile minérale (huile horticole). Lire attentivement l'étiquette du produit et suivre les recommandations du fabricant.

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