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Carnet horticole et botanique

Forficule commun ou perce-oreille européen

Ravageurs et maladies
Français
Forficule commun (Forficula auricularia), adulte, mâle.
Crédit photo : René Limoges

Onglets

Description

Résumé

Des cinq espèces de forficules connues au Québec, le forficule commun (Forficula auricularia) est le plus abondant. Ces insectes nocturnes sont faciles à reconnaître grâce aux deux appendices en forme de pinces qui terminent leur abdomen. Ils se nourrissent entre autres de petits insectes, tels les pucerons, d'acariens, d'œufs de limaces et de débris organiques. Ils peuvent également endommager les plantes (jeunes pousses, feuilles, fleurs, fruits et légumes mûrs) lorsqu'ils sont présents en grand nombre.

Signes et symptômes

  • Suite à leur grignotage, les feuilles sont perforées et les fleurs se désagrègent.
  • Les fruits et les légumes mûrs sont perforés et hébergent les insectes; parfois, les jeunes pousses sont entièrement dévorées.
  • Les dégâts sont souvent confondus avec les dommages faits par les limaces. Cependant, à la différence de ces mollusques, les forficules ne laissent pas de traînées visqueuses sur leur passage.
  • Ces insectes peuvent aussi transmettre des virus aux végétaux.

Nom latin

Forficula auricularia

Plantes hôtes

Plantes ornementales : aster, chrysanthème, clématite, dahlia, glaïeul, œillet, pensée, rosier, rudbeckie, tagète, tournesol, zinnia, etc.

Plantes vivrières : betterave, carotte, céleri, choux, fraise, fève, haricot, laitue, maïs sucré, piment, pomme de terre, rhubarbe, etc.

Cycle de développement

Description et cycle de développement

Ces insectes broyeurs font partie de l'ordre des Dermaptères. Leur métamorphose est incomplète (insectes hémimétaboles). Leur cycle de développement comporte trois stades distincts : œuf, larve et adulte.

Œufs : Ils sont blanc nacré, lisses et ovoïdes.

Larves : Elles sont semblables aux adultes, mais elles sont plus petites (2 mm) et de couleur grisâtre.

Adultes : Ils ont un corps allongé et aplati, brun rougeâtre et luisant. Ils mesurent environ 2 cm de longueur. Leur tête arbore deux longues antennes et leurs pièces buccales sont de type broyeur. Leur thorax porte six pattes grêles et deux paires d'ailes discrètes dont ils se servent rarement. Leur abdomen est muni de deux appendices en forme de pinces (cerques). Les cerques du mâle sont gros et très recourbés alors que ceux de la femelle sont plus fins et presque droits.

Les forficules se reproduisent par voie sexuée. Mâles et femelles s'accouplent principalement en juillet et en août.

À l'automne, lorsque les gelées nocturnes deviennent régulières, les adultes s'enfoncent dans le sol pour hiverner. La majorité des mâles meurent au cours de l'hiver, mais les femelles survivent jusqu'au mois de juin.

Entre la mi-novembre et la mi-décembre, chaque femelle pond environ 50 œufs dans un terrier creusé dans le sol. Elle prend soin de ses œufs jusqu'à leur éclosion (vers la mi-mai), puis s'occupe des jeunes larves pendant deux ou trois semaines, soit jusqu'à leur première mue. Vers la fin mai, les larves quittent le terrier, la nuit venue, en quête de nourriture. Elles y reviennent pendant le jour. Après une courte période, elles délaissent le terrier et partent à la recherche d'autres abris sombres qui leur serviront de refuge pendant la journée.

Les larves subissent quatre mues avant de devenir adultes. Au Québec, les premiers forficules adultes font généralement leur apparition en juillet et sont actifs jusqu'en octobre. Il y a une seule génération par année.

Prévention et contrôle

Conditions favorables

Les forficules s'installent et se multiplient dans les endroits humides et sombres, situés à proximité d'une source de nourriture. Ils sont attirés par les débris végétaux en décomposition.

Dépistage

Les forficules sont très actifs durant la nuit, mais il est aussi possible de les apercevoir tôt le matin ou au crépuscule. Durant le jour, il faut les chercher dans des recoins humides, à l'abri du soleil : sous les débris végétaux, dans les tiges creuses et les boutons floraux, à l'intérieur des fruits et des légumes mûrs, entre les fissures des fondations, des trottoirs ou des fenêtres, dans les pieds tubulaires des meubles de jardin, etc.

Mesures préventives

  • Maintenir la vigueur des végétaux en les fertilisant adéquatement et en les arrosant en période de sécheresse.
  • Appliquer du paillis organique (compost, écales de sarrasin, etc.) dans les plates-bandes. Le paillis organique abrite des prédateurs naturels des forficules.
  • Éliminer les abris potentiels (amoncellements de bois ou de pierres, débris, etc.)
  • Nettoyer régulièrement les plantes des parties mortes ou sénescentes ; récolter les fruits et légumes avant qu'ils ne pourrissent.

Contrôle physique

  • Disposer des pièges près des plantes attaquées. Relever les pièges le matin et noyer les insectes dans de l'eau savonneuse.
    Exemples de pièges :
    • journaux humidifiés, roulés et enduits de beurre d'arachide
    • boîte de conserve contenant de l'huile de poisson ou de l'huile végétale
    • pot à fleurs renversé, rempli de papier journal humide
    • bouts de vieux tuyau d'arrosage, tiges de bambou

    Biner le sol à l'automne pour exposer les insectes aux prédateurs et aux intempéries.

Contrôle biologique

  • Les forficules ont de nombreux prédateurs naturels (araignées, carabes, centipèdes, crapauds, oiseaux, etc.). Encourager leur présence en cultivant une grande diversité de plantes.

Contrôle chimique

En dernier recours, utiliser un pesticide à faible impact dont l'ingrédient actif est le savon insecticide ou le dioxyde de silicium (terre de diatomées). Lire attentivement l'étiquette du produit et suivre les recommandations du fabricant.

 

Pour en savoir plus, consulter la fiche sur les perce-oreilles dans Insectes et autres arthropodes.

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