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Carnet horticole et botanique

Puceron

Ravageurs et maladies
Français
Pucerons (Aphididae) sur tige.
Crédit photo : André Payette

Onglets

Description

Résumé

On compte des milliers d'espèces de pucerons dans le monde. Ces petits insectes très prolifiques se nourrissent de la sève de nombreuses plantes ornementales et vivrières. Ils forment des colonies denses sur les jeunes pousses et sous les feuilles, mais ils s'alimentent également sur les tiges, les écorces, les racines et les fruits des végétaux. Ils excrètent une substance sucrée et collante (miellat) qui attire entre autres les fourmis, les guêpes et les abeilles et qui favorise le développement d'un champignon noir (fumagine). Leur pompage incessant affaiblit les végétaux et cause la décoloration, la déformation, voire la chute prématurée des feuilles. Leurs piqûres peuvent aussi entraîner la malformation des fruits et le développement de galles chez certaines espèces de végétaux. Ces insectes peuvent également transmettre des maladies virales.

Signes et symptômes

  • Les pucerons forment des colonies denses sur les jeunes pousses et sous les feuilles, mais ils s'alimentent également sur les tiges, les écorces, les racines et les fruits des végétaux.
  • Certains pucerons s'enduisent d'une sécrétion cireuse blanche, semblable à de l'ouate ou de la laine (pucerons lanigères); d'autres espèces causent le développement de galles sur certaines espèces de végétaux (pucerons à galles).
  • Les feuilles infestées jaunissent, flétrissent, se recroquevillent, se déforment et peuvent tomber prématurément; les aiguilles de conifères deviennent rabougries; les bourgeons piqués donnent naissance à des feuilles, des fleurs ou des fruits déformés.
  • Les pucerons produisent du miellat qui attire plusieurs insectes, dont des guêpes, des abeilles et des fourmis. Ces dernières vont même jusqu'à protéger les pucerons contre leurs ennemis naturels. En échange, elles se nourrissent du liquide sucré.
  • Lors d'une infestation sévère, le miellat s'écoule des arbres à grosses gouttes engluant les feuilles, les branches, le tronc, les trottoirs, les voitures, etc.
  • Une moisissure noire, appelée fumagine, se développe sur le miellat et nuit à la croissance des végétaux.
  • Les plantes infestées manifestent un retard de croissance et un manque de résistance générale; en grand nombre, les pucerons peuvent faire mourir des branches entières.
  • Ces insectes peuvent aussi transmettre des toxines et des virus aux végétaux.

Nom latin

Adelgides, Aphidides, Eriosomatides, Phylloxerides

Plantes hôtes

Un grand nombre de plantes d'intérieur, de plantes légumières, d'annuelles, de vivaces, d'arbres et d'arbustes feuillus et conifères.

Cycle de développement

Description et cycle de développement

Les pucerons font partie de l'ordre des Hémiptères, comme les cigales, les aleurodes et les cochenilles. Leur métamorphose est incomplète (insecte hémimétaboles). Leur cycle vital comprend trois grandes étapes   l'œuf, la larve et l'adulte.

Œufs   Ils sont petits, noirs et luisants.

Larves : Elles sont semblables aux adultes, mais plus petites.

Adultes : Ils ont un corps mou en forme de poire et mesurent entre 1 et 4 mm de longueur. Leur coloration est variable : vert, rouge, noir, rose, jaune, marron ou bleuâtre. Les pucerons lanigères sont recouverts d'une sécrétion cireuse blanche semblable à de l'ouate ou de la laine. Leur tête porte deux longues antennes et un rostre suceur articulé (pièces buccales). Leur thorax est muni de six pattes fines. La majorité des pucerons adultes sont aptères (dépourvus d'ailes). Les sujets ailés possèdent deux paires d'ailes membraneuses et transparentes. Leur abdomen est muni d'une sorte de queue, la cauda, qui dirige l'écoulement du miellat. Il porte parfois deux structures tubulaires, les cornicules, qui sont des organes de défense.

Les pucerons ont un cycle biologique inhabituel et complexe. Certains pucerons passent leur vie sur la même plante tandis que d'autres doivent changer de plantes hôtes pour compléter leur cycle vital.

Certaines espèces s'adonnent à la reproduction sexuée tandis que d'autres se multiplient uniquement par parthénogénèse (sans fécondation par le mâle).

Dans les régions tempérées, les pucerons passent habituellement l'hiver sous forme d'œufs, cachés entre les écailles des bourgeons, les crevasses de l'écorce ou enfouis sous terre. Certaines fourmis, qui font l'élevage des pucerons pour le miellat, abritent les œufs dans leur nid pour l'hiver. Au retour du temps chaud, elles les transportent sur les plantes hôtes.

Au printemps, les œufs hivernants éclosent et la première génération est composée exclusivement de femelles aptères (sans ailes). Une fois matures (environ 8 jours à 20 °C), elles ne pondent pas d'œufs mais donnent naissance, par parthénogenèse, à de petits pucerons femelles sans ailes. Durant leur courte vie (vingt à trente jours), chaque femelle peut engendrer de quarante à cent pucerons. Ces derniers continuent à se reproduire de la même façon.

Au cours de l'été, des femelles ailées apparaissent périodiquement et migrent vers d'autres plantes pour former d'autres colonies.

À l'automne, les femelles donnent naissance à des mâles ailés et à des femelles aptères. Après l'accouplement, les femelles fécondées pondent entre un et quatre œufs qu'elles déposent sur la tige de la plante hôte ou encore dans des interstices de l'écorce et des bourgeons. Les oeufs éclosent au printemps suivant.

Il y a plusieurs générations par années.

Prévention et contrôle

Conditions favorables

Les températures chaudes en été ainsi que les automnes et les hivers cléments favorisent les pucerons. Les tailles drastiques ainsi que l'utilisation de fertilisants riches en azote ou à action rapide provoquent la croissance rapide de pousses tendres qui les attirent.

Dépistage

Dès le printemps, inspecter régulièrement les plantes pour repérer les pucerons avant qu'ils ne causent trop de problèmes. Observer particulièrement le dessous des feuilles et l'extrémité des nouvelles pousses. La présence de miellat et le va-et-vient des fourmis peuvent également être des indicateurs de la présence de pucerons.

Mesures préventives

  • Inspecter rigoureusement les nouvelles acquisitions de plantes pour éviter d'introduire des intrus dans votre jardin.
  • Maintenir la vigueur des plantes en les fertilisant de façon équilibrée, en les taillant adéquatement et en les arrosant en période de sécheresse.
  • Éviter les tailles drastiques et les excès d'engrais azotés qui favorisent la croissance rapide de pousses tendres.
  • Intercaler quelques plantes pièges dans les plates-bandes pour attirer et capturer les pucerons; détruire et remplacer les plantes régulièrement; choisir des espèces sensibles telles que les capucines et les pétunias.
  • Éliminer régulièrement les mauvaises herbes au jardin car elles peuvent servir de plantes hôtes.

Contrôle physique

  • Déloger les pucerons à l'aide d'un jet d'eau puissant; répéter le traitement au besoin.
  • Tailler et jeter les tiges et les feuilles trop infestées; écraser manuellement les insectes regroupés sur la plante.

Contrôle biologique

  • Les pucerons ont de nombreux ennemis naturels (coccinelles, chrysopes, larves de syrphides et de cécidomyies, araignées, oiseaux, braconides, etc.). Encourager leur présence en cultivant une grande diversité de plantes. La tanaisie vulgaire, la tagète et le souci font partie des espèces qui attirent les prédateurs des pucerons.
  • Il n'est pas recommandé d'acheter des coccinelles pour contrôler les pucerons à l'extérieur car une fois adultes, elles ont tendance à s'envoler vers d'autres lieux.

Contrôle chimique

En dernier recours, utiliser un pesticide à faible impact dont l'ingrédient actif est le savon insecticide. Lire attentivement l'étiquette du produit et suivre les recommandations du fabricant.

 

Pour en savoir plus, consulter la fiche sur les pucerons dans Insectes et autres arthropodes.

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