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Carnet horticole et botanique

Rouilles du genévrier

Ravageurs et maladies
Français
Rouille du génévrier sur Crataegus.
Crédit photo : Jardin botanique de Montréal

Onglets

Description

Résumé

Les champignons du genre Gymnosporangium ont un cycle biologique complexe qui nécessite l'infection de deux hôtes en alternance. Ils passent une partie de leur vie sur un conifère puis déménagent sur un feuillu de la famille des Rosacées. Les conifères infectés portent des tumeurs puis des masses gélatineuses orange fluorescent. Les Rosacées atteintes développent des taches jaunes à orangées et des renflements sur les feuilles, les fruits ou les rameaux, selon les espèces de champignons. G. juniperi-virginiae croît spécifiquement sur les pommiers et les pommetiers. Deux autres espèces de rouilles, G. globosum et G. clavipes, peuvent contaminer diverses Rosacées de façon similaire.

Signes et symptômes

Sur les conifères :

  • Au printemps de la première année d'infection, on peut voir de petits renflements lisses (tumeurs), de couleur vert brunâtre, sur les rameaux. À ce stade, on dirait des petits fruits.
  • Au cours de l'été, les tumeurs prennent du volume (3-5 cm), deviennent foncées et couvertes de petites dépressions circulaires.
  • Le printemps suivant, par temps chaud et pluvieux, les tumeurs gonflent et se fendillent pour laisser place à des fructifications gélatineuses orange fluorescent.
  • Ces structures étranges, en forme de petites cornes allongées, mesurent de 10 à 30 mm de long. Elles éjectent une multitude de spores qui sont transportées par le vent jusqu'à leur hôte alterne.
  • Les dommages varient selon la maturité des arbres et la sévérité de l'infection. Les jeunes semis et les boutures infectés meurent rapidement.
  • Chez les conifères matures, les rameaux sévèrement infectés se dessèchent et la croissance ralentit. Cependant, les dommages ne sont généralement pas mortels.

Sur les feuillus :

  • Au début de l'été, on peut voir de petites taches jaunâtres sur le dessus des feuilles ou des renflements sur les rameaux, selon les espèces.
  • Plus tard, les taches foliaires s'agrandissent (environ 1 cm), deviennent orangées et parfois cernées d'une ligne rouge. De petits points ambrés (fructifications), devenant noirs, se développent au centre des taches. Les rameaux infectés causent l'ouverture prématurée des bourgeons et l'émergence de feuilles petites et déformées.
  • Vers la fin de l'été, on remarque des îlots de petites colonnes blanchâtres sur la face inférieure des feuilles, les fruits et les rameaux. Ces fructifications produisent des spores, orange vif, qui sont alors transportées par le vent vers les conifères, leurs hôtes alternes.
  • Lors d'une infection importante, les arbres semblent recouverts d'une poudre orangée; des galles se forment sur les pétioles des feuilles; le feuillage peut tomber prématurément.
  • Les dommages varient selon la maturité des arbres et la sévérité de l'infection. Les jeunes semis et les boutures infectés meurent rapidement. Les arbres jeunes ont une croissance ralentie et certains peuvent en mourir. Après plusieurs années d'infection, les arbres matures s'affaiblissent peu à peu et deviennent peu productifs.

Nom latin

Gymnosporangium clavipes, G. globosum, G. juniperi-virginianae

Plantes hôtes

Plusieurs espèces de genévriers et plusieurs de leurs cultivars : Juniperus chinensis, J. communis, J. horizontalis, J. scopulorum, J. squamata, J. virginiana.

Plusieurs espèces de la famille des Rosacées et plusieurs de leurs cultivars : amélanchier, aubépine, cognassier, pommetier, pommier, poirier, sorbier, etc.

Cycle de développement

Description et cycle de développement

Les champignons du genre Gymnosporangiumfont partie des Basidiomycètes, les champignons à basides, des structures ressemblant à de petites massues. Ils ont un cycle biologique complexe qui nécessite l'infection de deux hôtes en alternance : un conifère et un feuillu de la famille des Rosacées.

Ils se reproduisent de façon végétative (mycélium filamenteux) et sexuée (spores). Selon leur stade de développement, les fructifications produisent différents types de spores : aeciospores, teliospores et basidiospores.

Le cycle biologique complet de la rouille tumeur (G. juniperi-virginianae) se déroule sur une période de deux ans. Le parasite passe de 18 à 20 mois sur un genévrier puis de 4 à 6 mois sur un pommier ou un pommetier.

Le champignon hiverne sous forme de mycélium à l'intérieur des tumeurs sur les genévriers. Le printemps et l'été de la première année d'infection, les tumeurs se développent.

Au printemps suivant, quand les conditions sont favorables, les tumeurs gonflent et se fendent pour laisser place à des fructifications gélatineuses orangées. Celles-ci produisent des spores pendant quelques semaines : d'abord des téliospores puis des basidiospores. Ces dernières peuvent être transportées par le vent sur plusieurs kilomètres avant d'atterrir sur leurs hôtes alternes, les pommiers et les pommetiers.

Au cours de l'été, les basidiospores germent et le mycélium envahit les jeunes feuilles et les fruits en formation. Des taches jaunâtres ponctuées de petits points foncés marquent d'abord la surface des feuilles. Puis, des fructifications pâles, de forme allongée, apparaissent sous les feuilles, sur les fruits et les rameaux. Celles-ci produisent une abondance de spores (aeciospores), de couleur orange vif.

Vers la fin de l'été, par temps sec et venteux, les spores libérées sont transportées par le vent sur les aiguilles et les rameaux des genévriers, où elles causent de nouvelles infections.

Prévention et contrôle

Conditions favorables

La proximité des deux plantes hôtes est nécessaire. Des températures chaudes et humides favorisent les fructifications et des conditions venteuses aident à répandre les spores. Les genévriers à port érigé sont plus vulnérables que les genévriers rampants.

Dépistage

Au printemps tôt, inspecter le feuillage des genévriers plantés à proximité des arbres feuillus sensibles. Durant l'été, vérifier le feuillage des arbres sensibles plantés à proximité de genévriers.

Mesures préventives

  • Éviter de planter des genévriers à proximité d'arbres feuillus de la famille des Rosacées, qui servent d'hôtes alternes au champignon.
  • Un espacement de plusieurs centaines de mètres est recommandé entre deux espèces sensibles. Un brise-vent ou un bâtiment peut aider à réduire cette distance.
  • Acheter des arbres sains, exempts de tumeurs et de fructifications.
  • Choisir des espèces et des cultivars moins sensibles tels que :
    • Genévriers : Juniperus chinensis, J. chinensis cvs. : 'Fortunei', 'Hetzii', 'Japonica', 'Leeana', 'Mas', 'Plumosa', 'Pyramidalis', etc.
      Juniperus chinensis var. sargentii, J. chinensis var. procumbens, J. communis cvs. : 'Aurea', 'Depressa', 'Suecica', etc.
      J. conferta, J. horizontalis cvs. : 'Admirabilis', 'Adpressa', 'Argenteus', 'Douglassii', 'Filicina', 'Glomerata', 'Livida', 'Plumosa', etc.
      J. rigida, J. sabina et cvs. : 'Broadmoort', 'Fastigiata', 'Hill', etc.
      J. virginiana cvs. : 'Aurea', 'Globosa', 'Pyramidalis, 'Tripartita', 'Venusta', etc.
    • Aubépines : Crataegus crus-galli, C. intricata, C. pruinosa
    • Pommetiers : Malus cvs : 'Dolgo', 'Lollipop', 'Red Jewel', 'Coralburst', 'Morning Princess', 'Pink Spires', 'Cardinal', 'Prairie Fire', etc.
    • Pommiers : Malus cvs : 'Liberty', 'Nova Easygro', 'Novamac', 'Priscilla', 'Redfree', 'William's Pride', etc. 
  • Maintenir les arbres vigoureux en les taillant adéquatement, en les fertilisant de façon équilibrée et en les arrosant en période de sécheresse.
  • Arroser le matin plutôt que le soir en évitant de mouiller le feuillage; ne pas manipuler de plantes infectées quand le feuillage est mouillé.

Contrôle physique

  • Durant l'hiver ou tôt au printemps, couper et jeter les branches de genévrier infectées de tumeurs ou de fructifications. Désinfecter les outils de taille avec de l'alcool isopropylique à 70% (alcool à friction).
  • Durant l'été et à l'automne, ratisser et détruire les feuilles et les fruits infectés au fur et à mesure qu'ils tombent.
  • Rabattre et détruire les arbres trop sévèrement infectés; ne pas composter de débris végétaux malades.
  • En cas d'infection sévère et répétée, éliminer une des deux espèces pour empêcher le champignon de compléter son cycle.

Contrôle biologique

Aucun traitement disponible

Contrôle chimique

Le Jardin botanique de Montréal ne recommande pas l'utilisation de pesticides pour contrôler cette maladie.

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