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Création des écosystèmes

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Construction du Biodôme.
Credit: Biodôme de Montréal (Photo Pro Multi)

Le Biodôme présente plusieurs écosystèmes des Amériques disposant chacun d’un climat et d’un environnement physiques particuliers. Ces aménagements qui intègrent des composantes vivantes et non vivantes, ont représenté d’immenses défis conceptuels, biologiques et technologiques.

Les paysages

Même s'ils semblent aussi vrais que nature, les paysages des écosystèmes – falaises, grotte, rochers, arbres géants de la forêt tropicale humide... – sont faits de béton, un matériau d'une remarquable polyvalence. Tous les rochers sont ainsi artificiels et creux, pour des raisons d'ordre :

  • structural : le plancher n'aurait pas pu soutenir le poids de vrais rochers.
  • conceptuel : il fallait créer un paysage sur mesure.
  • technique : la plupart des infrastructures requises à l'équilibre des écosystèmes (arrosage, chauffage...) y sont dissimulées.

De la même façon, les six arbres géants de la forêt tropicale humide, en plus de contribuer à la représentation d'une forêt parvenue à maturité, assurent des fonctions structurales et techniques :

  • Ils soutiennent la toiture de verre qui recouvre l'écosystème.
  • Ils dispensent un air chaud et chargé de « vapeur propre » qui aide
 à maintenir le taux d'humidité requis.
  • Ils projettent de fines gouttelettes d'eau dans le feuillage (brumisation).

Comment créer un rocher, façon Biodôme

  • Donner la forme générale en façonnant des tiges métalliques.
  • Recouvrir avec des moulages en béton et fibre de verre faits sur un vrai rocher.
  • Remplir les interstices de béton projeté.
  • Place aux artistes! Modeler le béton à la truelle et au ciseau...
    ... puis donner la touche de couleur finale, au petit pinceau.

Le saviez-vous?

Les rochers du Biodôme reproduisent des formations de l'écosystème naturel.

  • dans la forêt tropicale humide, le calcaire;
  • dans l'érablière des Laurentides, le gneiss;
  • dans le golfe du Saint-Laurent, le granite;
  • dans les côtes du labrador, le schiste;
  • dans les îles subantarctiques, le basalte.

L’horticulture

Les « forêts » du Biodôme sont très attirantes pour les insectes et autres arthropodes friands de végétaux. Plusieurs espèces de tétranyque, d'aleurodes, de cochenilles, de kermès, de pucerons, de thrips et de perceurs s'y attaquent. Comment freiner leurs ravages?

Pas question d'utiliser des pesticides très toxiques puisque les animaux y seraient sensibles. Par ailleurs, l'usage de produits chimiques à faible toxicité (savon, huile horticole, hormones de croissance...) ne suffirait pas à protéger les végétaux.

Le Biodôme fait ainsi appel à la lutte biologique, en introduisant volontairement dans l'écosystème les ennemis naturels spécifiques des ravageurs. Ces agents peuvent être des prédateurs, ou des micro-organismes comme certains champignons.

À la recherche d'insectes nuisibles

Les prédateurs utilisés sont des insectes ou des acariens carnivores qui consomment plusieurs proies durant leur vie.

Par exemple :

  • Le diptère Aphidoletes aphidimyza, dont la larve orangée est un prédateur vorace de pucerons, est élevé en Colombie-Britannique comme agent de lutte biologique.
  • La larve de Haplothrips subtilissimus (thrips) est un prédateur de tétranyque.
  • Certains des insectes, dits parasitoïdes, pondent leurs œufs dans d'autres insectes. La larve consomme l'insecte-proie de l'intérieur et en émerge une fois adulte.
  • Plusieurs guêpes parasitoïdes sont utilisées en lutte biologique; par exemple, Leptomastix dactylopii, contre la cochenille de l'oranger.

Il arrive aussi que les ennemis naturels des ravageurs accompagnent déjà la plante. C'est ce qui s'est produit avec les plantes venues de Floride pour la forêt tropicale. En quelques mois, les kermès, des insectes suceurs de sève, furent éliminés par leurs ennemis naturels, également du voyage!

Une espèce de puceron a aussi été éliminée par un champignon qui l'avait infectée. Autre exemple, survenu cette fois dans la forêt laurentienne : un thrips, prédateur indigène du Québec, s'est établi spontanément dans les bouleaux, aidant le personnel du Biodôme à supprimer des populations ravageuses de tétranyque.

Il est généralement facile de se procurer des agents de lutte biologique : plusieurs compagnies au Canada, aux États-Unis et en Europe en font l'élevage à l'intention des producteurs agricoles.

Il arrive cependant que les forêts sous verre du Biodôme soient attaquées par des ravageurs peu ou pas présents dans les serres commerciales. Il faut alors tester des prédateurs commercialisés ou trouver d'autres ennemis naturels... découvertes qui se font en nature ou en collaboration avec des laboratoires de recherche.