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Déclin de l'ail des bois

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Plan d'ail des bois âgé de 4 ans
Crédit photo : Biodôme de Montréal

Depuis les années 1970, l'ail des bois a connu un déclin marqué, attribuable surtout à la cueillette abusive stimulée par la vente commerciale. Le développement industriel et urbain, qui a contribué à la perte et à la dégradation des habitats, est aussi responsable de ce déclin.

Ail, ail, ail... des données inquiétantes!

Des études réalisées par le Biodôme de Montréal entre 1994 et 1996 ont permis de localiser et d'inventorier plus de 150 populations d'ail des bois dans tout le Québec. Elles ont mis en lumière une situation fort préoccupante : au Québec, une population d'ail des bois sur quatre a disparu ou est menacée de disparaître, car elle contient moins de 1000 plants. Ce nombre de plants correspond au minimum viable, un seuil établi à partir d'observations faites en milieu naturel, indiquant la taille minimum d'une population en deçà de laquelle la probabilité d'extinction due à des fluctuations naturelles est supérieure à 5 % en 100 ans. Parmi les 150 populations inventoriées, 15 ont été reconnues comme étant disparues (taux d'extinction = 10 %).

On remarque également que la grande majorité des plants d'ail des bois recensés se concentre dans quelques sites : 75 % des plants croissent dans 13 grosses populations contenant un million ou plus d'individus. Seulement deux se situent en territoire protégé. Et c'est au coeur même de l'aire de répartition de l'espèce que la situation apparaît la plus précaire, c'est-à-dire dans la région de Montréal-Laval, dans les Basses-Laurentides, en Montérégie et dans Lanaudière.

Des actions d'envergure s'imposent

Ce portrait global a permis d'établir une certaine priorité d'intervention.

Trois objectifs précis ont été définis pour favoriser la conservation et la restauration de l'espèce :

  1. assurer la conservation des grandes colonies (sites clés) dans chacune des régions;
  2. promouvoir l'augmentation des effectifs dans les populations appauvries;
  3. intervenir dans les régions les plus détériorées. 

Le programme SEM'AIL s'inscrit dans ce troisième objectif. Seule une opération d'ensemencement d'envergure, réalisée avec les gens directement touchés par la recolonisation de l'espèce dans leur région, saura contrebalancer le déclin observé au cours des années passées.

La loi, c'est la loi...

Depuis le 16 mars 1995, le commerce de l'ail des bois et toute activité susceptible de nuire à l'espèce sont interdits par un règlement adopté en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (Gouvernement du Québec, 1998). Toutefois, on permet une récolte annuelle de 50 bulbes ou plants, à des fins de consommation personnelle seulement. Les agents de conservation de la faune sont chargés de faire respecter le règlement et chaque année, des contrevenants sont arrêtés et passibles d'une amende minimale de 500 $. Ce montant double en cas de récidive.

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