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Des murs végétalisés le long des routes?

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Clôture de saule (Salix viminalis) sur le boulevard Pie-IX.
Credit: Jardin botanique de Montréal (Lise Servant)

Des scientifiques du Jardin botanique en font l'essai à titre expérimental.

L'utilisation de végétaux dans la construction de murs pour atténuer le son en est encore à l'étape expérimentale.

L'efficacité des murs végétalisés comme coupe-son vient de la terre qui remplit l'espace entre les deux rangées de branches et non des végétaux en soi. Seule la terre est suffisamment dense pour bloquer le son. Par contre, ce sont les végétaux qui retiennent la terre, embellissent la clôture et captent les polluants, ce qui, par conséquent, contribue à réduire la pollution atmosphérique. Notre expérience vise à déterminer la viabilité du Salix viminalis en zone urbaine et son apparence en clôture.

Le Salix viminalis est une espèce introduite au Québec. Il est aussi appelé saule des vanniers, saule osier ou osier blanc. Selon nos sources, ce saule est rustique jusqu'en zone 4. Le Salix viminalis est une espèce arbustive à croissance rapide mais à développement restreint. À maturité, il atteint la taille d'un gros lilas (environ 7 m de haut). Son système racinaire est superficiel, est bien qu'il soit très finement développé, on n'y retrouve pas de grosses racines typiques des arbres de haute taille. Plusieurs espèces de saules arbustifs sont couramment vendues en pépinière et plantées en massif ou en haies dans les villes souvent à l'insu des réglementations existantes car ils ne correspondent pas à l'image que l'on se fait des saules. Le saule osier fait partie de cette catégorie de saules arbustifs. Pour la plantation, les jeunes rameaux, fraîchement prélevés sont piqués directement dans le sol. Ils s'enracinent très facilement. Idéalement, il faut procéder au printemps lorsque les rameaux sont gorgés de sève et que le sol est humide. Les rameaux ne doivent pas être trop gros (environ 2 cm) et être assez longs (1-2 m) si on désire les tresser.

C'est en avril 2002 que les chercheurs de l'Institut de recherche en biologie végétale du Jardin botanique de Montréal ont procédé à la première mise en place d'une structure fort originale bâtie de branches de saules visant la mise en place d'un mur végétalisé le long de la route 116 à St-Bruno (Longueuil).

Par ce projet, les chercheurs du Jardin botanique voulaient faire la démonstration que les murs végétalisés faits de tiges de saules peuvent être efficaces tant pour atténuer le bruit que pour réduire la pollution atmosphérique. Les chercheurs étaient également intéressés à vérifier le potentiel de développement et de croissance de ces murs, de même que leur capacité à résister aux conditions hivernales.

Le principe de construction des murs végétalisés repose sur l'utilisation d'un très grand nombre de tiges de saules (de 3 à 4 mètres de long) que l'on érige en palissade selon une double rangée. L'espace entre les deux rangées de tige est remplie de terre, ce qui permet aux tiges de s'enraciner sur presque toute leur longueur. La structure prend ainsi vie et permet une croissance active de l'ensemble du mur créant un paysage agréable et changeant selon les saisons.

La réalisation de ce projet de 2002 s'est faite grâce à la participation financière du Fonds d'action québécois pour le développement durable et de son partenaire financier, le Gouvernement du Québec. La Ville de Longueuil et le ministère des Transports du Québec sont également impliqués dans le soutien technique de ce projet. La construction a été réalisée sous la supervision de la compagnie ontarienne Living Wall qui a déjà réalisé ce type de structure dans la région de Toronto et qui détient les brevets relatifs à cette invention. De leur côté, les chercheurs du Jardin botanique disposent d'une grande expertise dans la culture et la production de saules et d'arbres à croissance rapide et ceux-ci assureront le suivi scientifique de ce projet au cours des deux prochaines années.

Depuis, en regard des résultats positifs dégagés de cette expérience, les murs végétalisés ont pris davantage d'espace le long des routes et autoroutes du Québec.

Au Jardin botanique de Montréal

Un mur des plus originaux borde depuis mai 2005 une partie du Jardin botanique.

Une équipe de l'Institut de recherche en biologie végétale (IRBV), en collaboration avec la division de la recherche du Jardin botanique, a procédé à l'aménagement de ce mur végétal le long du boulevard Pie-IX. D'une longueur de 115 mètres et d'une hauteur de 2 mètres, ce mur est déjà bien visible.

Le principe de construction repose sur la mise en place d'un grand nombre de longues tiges de saule (Salix viminalis) sans racine qui sont plantées à la verticale dans une tranchée linéaire de 80 cm de profondeur parallèlement à la clôture existante du Jardin botanique. Ces tiges ont le potentiel de s'établir et de croître rapidement. Si cet essai est fructueux, le tout sera bientôt complètement en feuille donnant à cette structure l'illusion d'un mur de verdure.

Le mur végétal s'inscrit bien dans la philosophie du développement durable. En plus d'être économique par rapport à d'autres types de construction, il fait appel à du matériel vivant qui purifie l'air et, faut-il le souligner, il est à l'abri des graffitis!

Toutefois, une partie des spécimens n'a pas survécu aux hivers.

Responsable du projet
Michel Labrecque
Jardin botanique de Montréal et Institut de recherche en biologie végétale du Jardin botanique de Montréal

 

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