Menu global

Éléments du Jardin japonais

Français
L'eau symbolise le renouveau, le calme, l'émerveillement et la continuité
Crédit photo : Jardin botanique de Montréal (Michel Tremblay)

L'eau

L'eau occupe une place de choix parmi les composantes du jardin japonais.

Elle contribue à l'expression de la nature et symbolise le renouveau, le calme, l'émerveillement et la continuité dans l'au-delà.

Dans un jardin japonais de type Sansui, c'est-à-dire avec élévations, plusieurs degrés sont aménagés afin de permettre à l'eau de circuler.

L'eau s'y trouve sous plusieurs formes. Elle s'accumule dans l'étang, s'écoule dans les ruisseaux ou tombe en cascade.

L'eau limpide qui murmure contribue à garder un effet de fraîcheur pendant tout l'été.

L'étang et la cascade sont orientés selon un angle précis par rapport au soleil, de façon à ce que ce dernier se reflète dans l'eau.

Certaines légendes japonaises comparent la colline à un empereur, l'eau à des courtisans et les roches à de vaillants officiers empêchant les courtisans (l'eau) d'intervenir dans la vie de l'empereur.

La pierre

Selon la philosophie orientale, la pierre mérite une attention toute particulière.

Symbolisant la longévité et l'omniprésence des forces de la nature, elle ancre le jardin au sol et lui façonne une personnalité unique.

La pierre crée le relief; elle sculpte monticules et vallons pour donner naissance aux cascades, aux ruisseaux et aux étangs.

En observant des règles strictes, les pierres sont agencées selon leurs formes et leurs dimensions; de styles différents, elles sont souvent disposées par paires (une roche dite mâle en opposition à une roche dite femelle).

Le choix du type de pierre utilisée marque une étape décisive dans la conception d'un jardin japonais. Après de nombreuses recherches, l'architecte-concepteur, M. Ken Nakajima, a trouvé dans les mines d'amiante de Thetford Mines, dans l'est du Québec, la pierre tant convoitée.

Roche rare à l'échelle du globe, la péridotite, aux couleurs vernissées de serpentine vert émeraude, a été choisie pour servir de socle et pour donner un cachet très distinct à ce jardin.

La lanterne

Avec l'avènement de la cérémonie du thé, la lanterne a pris une place prépondérante dans l'aménagement des jardins japonais.

Ayant pour fonction initiale de guider les visiteurs au cours des célébrations nocturnes, la lumière qu'elle diffusait était également perçue comme celle de la connaissance susceptible de chasser « la nuageuse ignorance ».

Sculptée dans la pierre, la lanterne Yukimi-gata ou lanterne de neige que nous pouvons admirer ici est un modèle couramment utilisé. Disposée près d'un point d'eau, elle apporte un élément architectural qui contraste avec les composantes naturelles du jardin.

Les ponts

Dans un jardin japonais, les ponts sont des sites privilégiés où il est agréable de s'attarder pour admirer la beauté du paysage, observer les carpes qui évoluent dans leur élément et profiter de la douceur de l'air.

Les ponts peuvent être constitués de bois, de bambou, de terre ou encore de pierre. Ils sont tantôt arrondis, tantôt en arc de cercle ou en zigzag; ils demeurent toujours en harmonie avec la nature environnante.

Les plantes

Les Japonais manifestent une habileté naturelle à interpréter le charme des plantes et des fleurs pour traduire, à travers elles, leurs souffrances et leur joies. Chez eux, la communion avec la nature se manifeste par un symbolisme profond; c'est pourquoi leur intérêt pour le monde végétal est devenu une véritable passion.

Les plantes sont associées aux pensées mouvantes et aux formes universelles de la vie.

L'entretien de plantes du jardin japonais se fait selon une philosophie semblable à celle de l'entretien des bonsaïs : on façonne les plantes vivantes pour leur donner une forme qui correspond exactement à l'effet visuel ou symbolique recherché.

L'amélanchier (zai furi boku)

Au printemps, l'amélanchier charme par son abondante floraison blanche, symbole de jeunesse au Japon.

Remarquable à l'automne par son feuillage d'or et d'écarlate, il produit de petites baies bleues connues sous le nom de « petites poires » au Québec.

L'hiver met en valeur l'écorce argentée de l'amélanchier dont les attraits en toute saison lui confèrent une place de choix dans ce jardin.

Le pin (matsu)

Les pins subissent des tailles régulières visant à harmoniser leurs formes avec le paysage. Certains présentent une silhouette aérée aux branches étalées, d'autres un port dense et compact tandis que d'autres se remarquent par leur aspect penché, comme battu par le vent.

Quant à la pinède située à côté du pavillon, elle contribue à l'intimité du jardin. Son atmosphère feutrée crée un écran qui permet au regard de ne pas être perturbé par des éléments extérieurs.

L'érable du Japon (momiji)

Très apprécié pour son feuillage finement découpé et sa magnifique coloration automnale, l'érable du Japon occupe une place de choix dans l'aménagement des jardins japonais.

Sensibles aux rigueurs du climat montréalais, les érables du Japon de ce jardin sont rentrés à l'abri l'hiver pour reprendre la place qui leur est due au printemps.

On tend à les remplacer par l'érable de l'Amur en raison de sa plus grande rusticité. Ce dernier est laissé à son port naturel comme on le fait au Japon avec le momiji.

Le lotus (hasu)

Considéré comme une plante divine et sacrée, le lotus ou « fleur de Bouddha » constitue un élément de contemplation à la surface calme et paisible de l'étang.

Remarquable par sa corolle de grande dimension, la fleur de lotus s'épanouit en été pour offrir une vision éphémère de ses délicates nuances roses et blanches.

Contrairement au nymphéa qui flotte à la surface de l'eau, le lotus est supporté par une forte tige ancrée au fond de l'étang.

L'iris (airisu)

L'iris occupe une place importante dans l'aménagement de ce jardin. Sa floraison, de la fin du mois de mai à la mi-juillet, se décline en nuances de rose, de bleu et de blanc.

Plusieurs espèces d'iris sont représentées ici, dont l'Iris ensata ou hana-shobu remarquable par les grandes dimensions de ses fleurs. Leur délicatesse et le port gracieux de la plante illustrent bien la recherche de la beauté simple et raffinée dans l'art japonais.

La pivoine arbustive (botan)

Originaires de Chine et introduites au Japon au 8e siècle, les pivoines arbustives fleurissent à la fin du printemps.

Il existe une multitude de cultivars de pivoines obtenus par hybridation. Leur floraison, qui ne dure que quelques jours, offre des nuances de rose, de mauve et de jaune.

Ces fleurs nécessitent des soins attentifs et une protection hivernale. Seuls les riches Japonais pouvaient autrefois se permettre de les cultiver. Pour cette raison, les pivoines symbolisent la prospérité.

La prêle (takusa)

Cette plante indigène du Québec vit dans les milieux marécageux. Elle est utilisée ici comme substitut du bambou qui est souvent présent dans les jardins japonais mais pas assez rustique pour résister aux hivers rigoureux de Montréal.

Les lignes sobres et épurées des prêles recréent ingénieusement l'effet des massifs de bambous et permettent au jardin de conserver son caractère oriental.

La prêle est aussi fréquemment utilisée dans l'art floral japonais, l'ikebana.

Le pommetier (hime ringo)

L'abondante floraison blanche et rose du pommetier au printemps symbolise la jeunesse et le renouveau de la vie.

Le pommetier remplace ici avantageusement le cerisier du Japon dont le manque de rusticité ne permet pas de résister aux forts écarts de température du climat montréalais.

Au Japon, l'arrivée du printemps est célébrée sous les cerisiers en fleurs lors d'un pique-nique annuel ou ohanami. Cette tradition se perpétue à Montréal, avec les pommetiers du jardin japonais.

Les rhododendrons (tsutsuji)

L'abondante floraison des rhododendrons au printemps habille le jardin japonais de couleurs vives. Roses, rouges, violettes ou blanches, les fleurs charment par la délicatesse de leurs pétales et symbolisent les moments fragiles et éphémères.

L'été met en valeur le feuillage cireux et lustré de certains cultivars.

L'utilisation de spécimens de port compact permet d'obtenir des effets de vallonnements et de créer l'illusion d'un paysage miniature montagneux et boisé.

Au Japon, les azalées au feuillage plus délicat sont préférées aux rhododendrons car elles supportent mieux la taille.

Les carpes

Le Japon est un pays où le développement démographique laisse peu d'espace disponible aux jardins de fleurs.

Les Japonais ont donc créé des endroits où se retrouvent des « fleurs aquatiques » : les carpes colorées.

Hôtes incontournables de l'étang dans un jardin japonais, les carpes animent de leur présence colorée les eaux peu profondes qu'elles habitent.

Connues depuis des siècles dans ce pays, elles font aujourd'hui l'objet de croisements afin d'obtenir des carpes de grande valeur. Des concours sont organisés pour juger les carpes d'après leurs teintes, leurs motifs dorsaux et la qualité de leurs écailles.

Pouvant vivre jusqu'à 50 ans, les carpes symbolisent la force et la persévérance dans la culture japonaise.

Add this

Partager cette page