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Carnet horticole et botanique

Jardiner pour la biodiversité

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Tiarelle cordifoliée (Tiarella cordifolia)
Crédit photo : Gilles Murray

Jardiner pour la biodiversité n’est pas sorcier. En faisant une place de choix aux plantes indigènes et en appliquant ces quelques conseils, vous inviterez la nature chez vous. Vous aurez alors l’occasion de faire de belles découvertes, et ce, dans votre propre cour! 

L’importance des plantes indigènes au jardin

Les plantes indigènes du Québec sont de plus en plus utilisées dans les aménagements paysagers. Avec raison, puisque la plupart d’entre elles sont faciles à cultiver et sont aussi attrayantes que les plantes ornementales originaires de l’extérieur de nos régions.

De plus, elles jouent un rôle essentiel au maintien de la biodiversité de notre territoire en servant de nourriture, d’abri et de lieu de reproduction à la faune indigène. Dans certains cas, la relation entre l’organisme et la plante est tellement importante, que l'hôte ne peut vivre sans elle. C’est le cas notamment de certains papillons qui dépendent entièrement de leur plante hôte pour se reproduire. Le monarque, dont la survie nécessite la présence de l’asclépiade, en est un excellent exemple.

Il n’est pas nécessaire de cultiver uniquement des plantes indigènes pour favoriser la biodiversité au jardin. Cependant, les espèces indigènes sont davantage en mesure de répondre adéquatement aux besoins de la faune indigène en raison des liens étroits qui les unissent. Par ailleurs, en intégrant des espèces indigènes à l’aménagement, vous contribuez à mettre en valeur notre patrimoine floristique. Vous prévenez également l’introduction d’espèces potentiellement envahissantes.

Conseils pour favoriser la biodiversité au jardin

1- Diversifiez vos plantations

Plus la flore de votre jardin sera diversifiée, plus vous favoriserez la biodiversité.

• Intégrez des arbres, des arbustes, des vivaces et des annuelles de différentes espèces et de différentes tailles de façon à répondre aux besoins d’une grande variété d’organismes.

• Privilégiez, autant que possible, les espèces indigènes.

• Lors du choix des plantes, attention de ne pas introduire d’espèces exotiques envahissantes!

• Pour obtenir le maximum de biodiversité, il est recommandé de reproduire les strates de végétation présentes en milieu naturel. Introduire des arbustes et des plantes herbacées sous les arbres ou en bordure de ceux-ci est une bonne façon de reproduire la stratification verticale des forêts.

2. Offrez une source de nourriture abondante et variée

Les arbres, les arbustes et les plantes herbacées sont à la base de la chaîne alimentaire. Ils fournissent du nectar, du pollen, des fruits, des feuilles, de la sève, des semences et des noix à de nombreux animaux.

• Assurez-vous d’avoir continuellement des végétaux en fleurs et en fruits de façon à nourrir les pollinisateurs, les oiseaux et les petits mammifères du printemps à l’automne.

• Regroupez les fleurs d’une même espèce en petits massifs plutôt que de les éparpiller dans la plate-bande. Le regroupement des plantes facilite la tâche des pollinisateurs qui trouveront plus facilement le pollen et le nectar dont ils se nourrissent. Ainsi regroupées, les plantes auront un meilleur impact visuel.  

• Favorisez l’activité des pollinisateurs en plaçant les plantes nectarifères dans un endroit ensoleillé et protégé du vent.

• Sachez que les papillons nocturnes sont attirés par les plantes à fleurs odorantes, habituellement blanches ou faiblement colorées, qui s’ouvrent en soirée.

• Évitez les cultivars ornementaux à fleurs doubles ou triples. Le nectar et le pollen sont souvent produits en moins grande quantité ou sont moins accessibles aux pollinisateurs.

3. Créez des lieux où la faune peut s’abriter et se reproduire

Les arbres, les arbustes, les graminées, les vivaces, les amas de pierre ou de bois, les broussailles, la litière du sol et même les hôtels à insectes construits par l’homme constituent des abris et des sites de reproduction pour une foule d’organismes bénéfiques.

• La plupart des arbres et des arbustes servent d’abri et de site de nidification pour les oiseaux, mais les conifères leur sont particulièrement utiles pour se camoufler des prédateurs et se protéger du froid. Par ailleurs, les semences contenues dans les cônes des conifères indigènes servent à l’alimentation de nombreuses espèces de nos régions. Les arbres et les arbustes indigènes sont également les hôtes des insectes que les oiseaux locaux ont l’habitude de consommer.

• Il n’est pas nécessaire ni même souhaitable de faire le grand ménage des plates-bandes à l’automne, car les tiges séchées et les feuilles mortes servent d’abri hivernal à de nombreux organismes utiles au jardin. De plus, certains oiseaux se nourrissent des graines formées sur les plantes en fin de saison. Par ailleurs, en laissant les tiges et les feuilles mortes en place, vous favorisez la rétention de la neige et offrez par le fait même une meilleure protection hivernale aux végétaux. Enfin, en se décomposant, cette matière organique nourrit le sol et les plantes.

• Intégrez les plantes hôtes nécessaires aux papillons durant leur stade larvaire (ex. : asclépiades pour la chenille du monarque, persil pour la chenille du papillon du céleri). Il faut bien sûr tolérer la présence des chenilles!

4. Installez une source d’eau saine et accessible

L’eau libre en milieu urbain étant plus rare qu’en milieu naturel, il est essentiel de fournir des points d’eau à la faune qui fréquente le jardin.

• Un étang, un ruisseau, un bain d’oiseaux ou un petit contenant rempli d’eau permettent à la faune de se baigner et de se désaltérer.

• Utilisez des structures de faible profondeur ou en pente douce pour que les petits organismes aient facilement accès à l’eau. N’oubliez pas de changer l’eau des bains d’oiseaux et des contenants quotidiennement en été, et de les nettoyer régulièrement.

• Certains papillons peuvent profiter des surfaces boueuses pour obtenir l’eau et les minéraux dont ils ont besoin. Une parcelle de sable humide ou un trou de boue aménagé entre les massifs de fleurs constituera un site intéressant pour les observer.

5. Placez la bonne plante au bon endroit

En plaçant la bonne plante au bon endroit (en fonction de l’ensoleillement et des caractéristiques du sol de votre jardin, notamment), vous assurerez à celle-ci une croissance vigoureuse, tout en utilisant moins d’eau et moins de fertilisants.

6. Évitez les méthodes de culture qui déséquilibrent le milieu  

L’emploi systématique d’engrais de synthèse et de pesticides entraîne souvent plus de problèmes qu’il n’en règle. Les interventions doivent viser à maintenir l’équilibre du milieu.

• Recyclez les matières organiques des plantes vivaces en les laissant se décomposer au sol. Dans la plupart des cas, vous n’aurez rien d’autre à ajouter à vos plates-bandes. S’il s’avère nécessaire d’appliquer des fertilisants, privilégiez les composts et les engrais naturels qui favorisent l’activité biologique du sol.

• Arrachez les mauvaises herbes manuellement et utilisez des paillis organiques pour réduire la croissance des plantes indésirables.

• Prenez le temps de bien identifier la cause du problème lorsqu’une plante est mal en point. S’il s’agit de mauvaises conditions de croissance, parfois il suffit simplement de déplacer la plante. Si un ravageur ou une maladie est en cause, intervenez seulement si c’est nécessaire et en utilisant la méthode de contrôle qui a le moins d’impact sur l’environnement. Les pesticides, même ceux à faible impact (comme le savon insecticide), ne sont pas sans danger pour les organismes utiles. Si vous employez des pesticides, assurez-vous de respecter la réglementation de votre municipalité.

7. Ne prélevez pas de plantes indigènes en milieu naturel. 

Achetez plutôt des plantes produites en pépinière. La cueillette en milieu naturel peut mener au déclin de notre flore indigène, en plus de perturber les habitats. En outre, les végétaux prélevés en nature ont beaucoup plus de difficulté à s’adapter à leur nouvel environnement que ceux qui ont été produits en pépinière. N’hésitez pas à poser des questions aux marchands afin de vérifier la provenance de leurs végétaux.

 

Voir aussi

Jardiner avec les plantes indigènes du Québec

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