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Insectes et autres arthropodes

La chenille

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Chenille grignotant une feuille d’asclépiade
Crédit photo : Carole Robitaille

Dès l’éclosion, la chenille de monarque est pressée de se nourrir; elle prend son premier repas en avalant la coquille de son œuf!

Fière allure

À sa naissance, la minuscule chenille de monarque affiche déjà les rayures blanches, noires et jaunes qui la caractérisent. Sa tête porte une paire de courtes antennes et six paires d’yeux simples nommés ocelles. La vue de la chenille est faible et ce sont surtout ses antennes qui lui permettent de s’orienter.

Sur son corps, la chenille possède deux paires de filaments noirs : une près de la tête (2e segment) et une, plus courte, à l’autre extrémité (11e segment). Ces filaments sont des organes sensoriels.

Pour se déplacer, la chenille de monarque utilise, en plus des 6 vraies pattes communes à tous les insectes, ses cinq paires de pattes ventouses munies de crochets.

Muer pour grandir

Comme tous les arthropodes, la chenille doit changer l’enveloppe de son corps pour grandir puisque son squelette externe est trop rigide pour prendre de l’expansion.  La croissance de la larve se fait donc par mues successives, ou stades larvaires, au nombre de 5 chez le monarque.

  • 1er stade : Environ 2 mm
  • 2e stade : Environ 6 mm
  • 3e stade : Environ 15 mm
  • 4e stade : Environ 35 mm
  • 5e stade : Environ 50 mm

Pour accumuler le plus d’énergie possible, la chenille ne cesse presque jamais de se nourrir de l’asclépiade, sa plante hôte. Cependant, juste avant de muer, elle prend une pause.  C’est un indice à observer pour être témoin de la mue!

Les 5 stades larvaires du monarque sont franchis sur une période variant entre 9 et 15 jours.

À l’étape de chenille, le monarque multiplie par 2 700 fois son poids initial! Si un humain grandissait au même rythme, il atteindrait en 2 semaines la taille de la statue de la Liberté.

Un message haut en couleur

Plus la chenille grandit, plus ses rayures sont vives. Ces couleurs ont une fonction importante pour l’insecte : prévenir les prédateurs de sa toxicité (coloration aposématique).  Ces derniers apprennent rapidement à reconnaître le monarque et à l’éviter. Heureusement, car quelques monarques doivent payer de leur santé pour que les prédateurs enregistrent le message!  Mais au bout du compte, c’est l’ensemble des monarques qui sortent gagnants de cette stratégie!

Du poison au menu

La protection chimique du monarque s’acquiert par la consommation d’asclépiade, plante qui contient dans toutes ses parties un latex toxique. Les cardénolides du latex sont accumulées dans les tissus de la chenille sans pour autant l’affecter.

Un avantage relatif

Malgré ce moyen défense, dans la nature 90 % des monarques ne franchissent pas les stades d’œufs et de chenilles.  Cela s’explique entre autre par le fait que les cardénolides s’accumulent progressivement dans le corps de l’insecte. Les jeunes chenilles sont donc plus digestes que celles des derniers stades larvaires. De plus, l’effet nocif des cardénolides est surtout ressenti par les mammifères et les oiseaux.  La toxine affecte peu les autres prédateurs ou les parasites (reptiles, amphibiens, arthropodes, etc.).

C’est donc moins de 10 % des monarques qui survivent jusqu’à la transformation en chrysalide. Ce qui à première vue apparaît comme une grande perte fait pourtant partie de l’équilibre de la nature et permet que d’autres animaux prospèrent aussi.

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