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Carnet horticole et botanique

La vision moderne du potager

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La culture du potager est devenu un loisir
Credit: Jardin botanique de Montréal (Lise Servant)

Aujourd'hui, le jardinage est à la mode.

Aux États-Unis, l'économie annuelle générée par le jardinage, potager et ornemental, frise les milliards de dollars.

Les gens jardinent, mais sauf exception, on ne jardine plus pour économiser. Les échanges internationaux ont amené dans nos supermarchés et sur nos tables une abondance de produits variés et frais tout au long de l'année. On jardine alors pour s'assurer la disponibilité de produit frais, que l'on consomme dès la récolte et dont on congèle au besoin l'excédent, tout en y contrôlant la qualité de production, entre autres par la non-application de pesticides chimiques et de fertilisants non organiques.

Que l'amateur décide de procéder lui-même ou non aux semis, il peut choisir personnellement les variétés des légumes et fines herbes qui constituent un apport non négligeable, bien que partiel, au régime alimentaire de la famille.

La culture du potager devient un loisir et pour certains, un lieu de partage familial, des semis à la préparation des aliments, en passant par le désherbage et la récolte. Il est aussi plus intégré au jardin familial, par l'addition de fleurs à couper qui le destinent à être aussi beau que bon. Sa composition des plantes alimentaires « exotiques » venues d'un peu partout dans le monde, ou des variétés inhabituelles, trop chères ou impossibles à se procurer au comptoir de légumes.

Les amateurs limités par l'espace dédaigneront courges et citrouilles géantes pour porter leur choix vers des plantes plus faciles à palisser.

Les techniques et l'allure du potager ont aussi évolué. Il est rendu facile de louer et même d'acheter un motoculteur, qui facilite la tâche de retourner la terre. L'utilisation de paillis ou de couvertures géotextiles pour contrôler les mauvaises herbes, l'association de certaines cultures pour favoriser la croissance «écologique» des plants, l'addition ou l'alternance de végétaux aux couleurs variées, d'ornements, de sentiers, de plates-bandes en carrés ou surélevées, sont tous des éléments qui ont contribué à modifier l'image du potager.

Toutefois, depuis quelques années, le potager a disparu de certains jardins banlieusards au profit du jardin ornemental, quoique l'on note un retour en force chez les jeunes familles. D'autres propriétaires se spécialisent en cédant, entre autres, à la popularité du jardin aromatique.

Enfin, le jardin potager s'est ainsi intégré au tissu urbain, par le biais des jardins communautaires, à titre d'activité de loisir communautaire ou de thérapie occupationnelle. Le jardin potager moderne est donc devenu un hybride de savoir-faire et mieux-être, mais il n'est pas si éloigné que celui qui nourrissait nos ancêtres.

 

Tiré de l'article de Céline Arseneault et Daniel Fortin publié dans la revue Quatre-Temps, 18(1): 20-23