Menu global

Naissances et faits inusités

Français
Un homard d'Amérique de 7 kg dans le Golfe du Saint-Laurent
Credit: Claude Lafond

Faits inusités

Un homard de 7 kilos dans le Golfe du Saint-Laurent

La nouvelle a fait rapidement le tour des médias : un homard de 7 kg qui devait être vendu à l’IGA de la ville de Varennes a été « adopté » en janvier 2013 par le Biodôme de Montréal - Espace pour la vie. Le crustacé, dont l’âge estimé varie entre 35 à 50 ans se porte bien. Après quelques jours dans un bassin d’isolation, il a été introduit le 17 janvier dans l’écosystème du Golfe du Saint-Laurent dans le bassin du littoral rocheux pour deux semaines pour être davantage visible au public. Il a été par la suite transféré dans le grand bassin du même écosystème contenant 2,5 millions de litres d’eau de mer.

Carnet de naissances du Biodôme

Le Biodôme est le théâtre de nombreuses naissances à l’intérieur de ses cinq écosystèmes. La reproduction en captivité représente souvent de grands enjeux au niveau scientifique et les conditions pour la faciliter ne sont pas toujours au rendez-vous.

Au Biodôme, certains animaux faisant partie des espèces menacées et dont les naissances en captivité sont très rares, se sont malgré tout reproduits, ce qui représente une grande réussite pour le personnel de l’institution.

Mai 2012 – Naissance d'un bébé lynx.

Décembre 2010 – Période de naissance importante au Biodôme. Huit nouveaux venus : sept bébés manchots dans les régions subpolaires et un petit singe callimico dans la forêt tropicale humide.

Novembre 2010 – Alors que l’automne était bel et bien installé au Québec, c’était le printemps et la saison des naissances dans les régions subpolaires, du côté des îles subantarctiques. Deux bébés manchots (gorfou sauteur et gorfou doré) ont ainsi vu le jour.

Des naissances remarquables

Arrivée d'un bébé lynx dans l'Érablière des Laurentides

En mai 2012, les animaliers du Biodôme se doutaient bien de la gestation de la femelle lynx, âgée de six ans, dont la prise de poids, et le changement de comportement, étaient des indices certains. Comme la femelle recherchait un habitat obscur et sécuritaire pour mettre bas, une cabane en bois avait été construite au-dessus de son aire de repos. Le petit chaton lynx est né dans la nuit du 26 au 27 mai, en pleine santé, alors que deux autres chatons sont décédés quelques jours après leur naissance. Le chaton survivant se développait très bien, vivant dans l’écosystème de l’érablière des Laurentides jusqu’au 1er janvier 2013, après quoi il a été transféré au Zoo de Toronto, selon les recommandations du programme de conservation SSP (Species Survival Plan) de l’AZA (Association of Zoos and Aquariums), dont le but est de maintenir une diversité génétique au sein de la population de lynx du Canada qui sont hébergés dans des institutions nord-américaines.

Naissance d’un Callimico de Goeldi, une espèce menacée

Un Callimico de Goeldi a vu le jour au Biodôme de Montréal dans l’écosystème de la forêt tropicale durant la nuit du 18 juin 2009. Sa mère commence à l’encourager à découvrir son environnement en l’obligeant à faire quelques pas par lui-même et même à sauter de branche en branche. Elle continue à le porter pour le nourrir même s’il commence à manger des aliments solides tels que des fruits, des insectes, des araignées et des petits vertébrés.

La femelle Callimico donne naissance à un seul rejeton, une fois par an, à la suite d’une gestation d’environ 150 jours. La mise bas se produit toujours durant la nuit ou très tôt le matin. Le poids du petit varie de 50 à 70 g à la naissance et il vit sur le dos de sa mère durant les premières semaines de sa vie.

Les jeunes Callimicos de Goeldi atteignent la maturité sexuelle vers l’âge d’un an. Ils peuvent cependant demeurer dans le groupe familial à un âge plus avancé pour apprendre à élever leurs jeunes frères et sœurs. De cette façon, ils acquièrent une plus grande expérience parentale qui leur servira quand ils auront une famille à leur tour!

Le Callimico de Goeldi fait partie de la liste des espèces menacées qui font l’objet des recommandations du programme de survie des espèces (Species Survival Plan) supervisé par l’Association des zoos et aquariums (AZA). Le Biodôme participe à ce programme de conservation auquel de nombreuses institutions zoologiques canadiennes collaborent afin d’assurer la survie des callimicos de Goeldi et une plus grande diversité génétique à long terme.

L’araçari du Biodôme : un instinct paternel tardif

Depuis janvier 2008, la famille d’araçaris verts du Biodôme s’agrandit sans cesse grâce à un mâle dont l’âge défie les statistiques de la paternité.

Habituellement, les mâles araçaris verts en captivité réussissent difficilement à se reproduire après l’âge de 9 ans. Au Biodôme, cependant, le petit toucan âgé de 13 ans et demi a une descendance de plus en plus nombreuse!

À l’automne 2007, des animaliers s’aperçurent qu’un araçari vert, arrivé en 2001 présentait les signes d’un mâle désireux de fonder famille : il creusait des arbres et transportait des copeaux… Voyant cela, la direction des collections vivantes, après consultation avec un spécialiste qui tient le registre génétique de ces croisements en Amérique du Nord, décida d’introduire une jeune femelle de 4 ans et demi dans la forêt tropicale.

Dès son arrivée, le couple s’échangeait de la nourriture et cherchait un endroit pour nicher. Grâce au coup de pouce apporté alors par les mêmes animaliers – et par un menuisier du Biodôme –, un arbre creux fut doté d’une « rallonge » avec nid sur mesure. Le couple adopta l’emplacement. Après seize jours d’incubation, trois oisillons ont percé leur coquille le 11 janvier 2008. Une autre couvée a permis à deux autres rejetons de voir le jour à la fin août de la même année.

Fait intéressant, les premiers oisillons n’ont jamais quitté le nid familial même s’ils sont autonomes. Les employés ont observé que les juvéniles aidaient leurs parents à entretenir le nid et à prendre soin de la deuxième génération. Les individus de cette deuxième nichée vivent maintenant dans d’autres institutions zoologiques.

La famille sous observation

L’équipe de recherche du Biodôme a voulu aller plus loin en élaborant une étude qui s’intéresse de plus près à ce comportement de l’araçari vert. Actuellement, les membres de la famille s’alimentent ensemble et vivent en groupe dans un autre arbre creux conçu pour eux.

L’équipe de recherche veut savoir si la première génération participera à l’éducation de nouveaux oisillons. Une caméra infrarouge placée à l’intérieur du nichoir capte le comportement des oiseaux.

Les séquences vidéo permettront de confirmer si les soins parentaux sont partagés entre les juvéniles et le couple. Ainsi, la tâche des parents s’en trouve allégée, alors que les juvéniles acquièrent de l’expérience en soins parentaux. Moins de 4 % des espèces d’oiseaux du monde coopèrent de la sorte pendant la reproduction.

Les observations faites au Biodôme sont une bonne indication de ce qui pourrait survenir en nature. C’est pourquoi, il est intéressant de mener des projets de recherche dans cet environnement où il est plus facile d’observer, mesurer et prendre des données. Par ailleurs, le taux de reproduction en captivité indique que la qualité de vie dans la forêt tropicale et les soins dispensés par le personnel du Biodôme sont appréciés de ses pensionnaires.

Naissance de raies

Pondus dans les eaux froides et salées du Saint-Laurent marin du Biodôme en mars 2007, les œufs de raie ont été ramassés par les plongeurs du Biodôme et placés en incubation dans des petits bassins bien oxygénés et maintenus à 10 °C. Ces œufs ont commencé à éclore après huit à quinze mois d’incubation. Les petites raies ont été placées en bassin d’élevage dans les coulisses du Biodôme où elles devront normalement demeurer durant au moins un an avant d’atteindre une taille leur permettant de coexister avec les autres poissons du grand bassin.

La raie tachetée, la raie épineuse et la grande raie sont des poissons de fond vivant dans l’Estuaire et le Golfe du Saint-Laurent ainsi que dans l’Atlantique Nord, à des profondeurs pouvant atteindre 750 mètres et à des températures de -1 à 15 °C. Les raies, comme les requins, sont parmi les rares poissons à pratiquer la fécondation interne par accouplement. Elles pondent par la suite des embryons protégés par une capsule de kératine appelée « oothèque », à l’intérieur de laquelle le développement se poursuit pendant souvent plus d’un an.

Il existe très peu de connaissances sur la reproduction de ces raies, ainsi que sur l’incubation et la croissance de leurs petits.

Une paruline hybride au Biodôme

À l'été 2000, un phénomène des plus inusités eut lieu dans l'érablière des Laurentides du Biodôme. Un mâle paruline noir et blanc s'est reproduit avec une femelle et d'une autre espèce!

C'est un phénomène que l'on nomme hybridation. Le mâle paruline noir et blanc s'est accouplé avec une femelle paruline à croupion jaune. Il faut savoir qu'en milieu naturel ce phénomène est rare et que des conditions particulières retrouvées au Biodôme ont pu favoriser ce croisement. Toutefois, rien n'a volontairement été mis en oeuvre pour stimuler l'hybridation et les couples se sont formés d'eux-mêmes. L'érablière des Laurentides est propice à la reproduction d'oiseaux, car chaque année plusieurs oisillons y voient le jour.

L'hybride 2000 (P. noir et blanc x P. à croupion jaune) a vécu au Biodôme jusqu’en mai 2009. Cet individu est d'ailleurs la seule mention scientifique qu'un croisement entre ces espèces existe. C’est pourquoi le spécimen naturalisé se trouve présentement au Musée canadien de la nature, à Ottawa. Il est, par le fait même, la preuve qu'un lien de parenté génétique existe entre ces deux espèces de parulines.

On reconnaissait l'hybride 2000 par son plumage similaire à celui d'une paruline noir et blanc (femelle) à la différence subtile qu'il avait une petite touche de jaune au croupion (caractère hérité de sa mère).

Une autre caractéristique qui le différenciait d'entre toutes les parulines, était son chant. En effet, comme le chant est en partie hérité des gènes et en partie appris des bruits environnants, cette paruline avait développé une mélodie bien à elle. Remarquez-vous le rythme répétitif typique de la paruline noir et blanc? Reconnaissez-vous la tonalité flûtée de la paruline à croupion jaune?