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Passage de Mercure - Novembre 2006

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Credit: NASA

MISE EN GARDE IMPORTANTE
ATTENTION! PRUDENCE!
Il ne faut jamais regarder directement le Soleil, à moins de placer un filtre spécialement conçu entre ses yeux et le Soleil : il y a risque de brûlures permanentes de la rétine de l'œil.

Le passage de Mercure du 8 novembre 2006

Les observateurs du Québec auront bientôt la chance d'assister à un phénomène astronomique peu commun. Le 8 novembre 2006, Mercure passera exactement entre le Soleil et la Terre : pendant quelques heures, la planète apparaîtra en silhouette devant la surface de notre étoile. Malheureusement, en raison des conditions météorologiques défavorables, l'observation du passage de Mercure sera impossible à Montréal. Les activités d'observation prévues sont donc annulées.

Le phénomène

La planète Mercure est la première dans l'ordre de distance à partir du Soleil. Elle circule donc sur une orbite plus petite que celle de la Terre. Alors que la Terre boucle une révolution autour du Soleil en un an, Mercure ne met que 88 jours à compléter la sienne.

À tous les 116 jours en moyenne, Mercure repasse entre le Soleil et la Terre : ce moment s’appelle la conjonction inférieure. En général, la planète passe alors largement au-dessus ou en dessous du Soleil, parce que son orbite est inclinée de 7° par rapport à celle de la Terre. Mais en de rares occasions, lorsque la conjonction inférieure survient pendant un fenêtre de quelques jours au début de mai ou de novembre, l’alignement est tel que Mercure glisse directement devant le disque du Soleil : c’est un passage. (Le terme transit est un anglicisme dans ce contexte.) Au cours d'une période d'un siècle, on compte en moyenne 13 passages de Mercure.

Les passages de Mercure, mais surtout ceux de Vénus (beaucoup plus rares) ont marqué l'histoire de l'astronomie, car l'observation minutieuse de ces phénomènes pouvait servir à établir l'échelle absolue des distances entre les planètes du système solaire — et, de là, la distance aux étoiles. En pratique, la planète Mercure est trop petite et difficile à observer pour fournir des mesures fiables; c'est pourquoi les astronomes des 18e et 19e siècles se sont surtout concentrés sur les passages de Vénus. Consultez notre dossier sur la passage de Vénus de juin 2004 pour en apprendre davantage.

Aujourd’hui, on mesure la distance de la Terre aux planètes avec une très grande précision (de l'ordre du mètre) grâce notamment aux échos radar. L’intérêt des passages de Mercure et de Vénus tient donc surtout à leur rareté et aux événements historiques qu’ils rappellent.

Visibilité du passage de 2006

Le 8 novembre 2006, Mercure traversera le disque du Soleil en un peu moins de 5 heures. Ce passage sera visible en entier dans le Pacifique et sur la Côte Ouest du Canada et des États-Unis. Dans l’est de l'Amérique du Nord et en Amérique du Sud, le passage sera interrompu par le coucher du Soleil.

Au Québec, seule la première moitié du phénomène sera visible. La petite planète Mercure mettra un peu moins de deux minutes à franchir le bord du Soleil, de 14h12m22s à 14h14min15s (contacts 1 et 2, respectivement). Le Soleil se trouvera alors à 18 degrés de hauteur environ. (Pour les localités éloignées de Québec ou Montréal, l'heure précise des contacts 1 et 2 peut différer de quelques secondes des valeurs ci-dessus.)

Dans l'est de l'Amérique du Nord, c'est le coucher du Soleil qui mettra fin à l'observation du phénomène : vers 16h15 dans la région de Québec, et vers 16h30 à Montréal et ses environs, soit un peu avant le moment du maximum du passage qui se produira autour de 16h40.

Si vous manquez ce passage de Mercure, sachez que vous aurez l’occasion de vous reprendre le 5 juin 2012, cette fois avec un passage de Vénus. Le prochain passage de Mercure aura lieu quant à lui le 9 mai 2016, et sera visible en entier du Québec.

Observation

Pendant son passage devant la surface du Soleil, Vénus apparaîtra comme une tache noire parfaitement ronde mesurant environ 1/194e de la taille du Soleil : la planète sera trop petite pour être vue sans instrument d'optique.

Pour apprécier pleinement le spectacle, il faudra donc utiliser un télescope — équipé obligatoirement d’un filtre conçu spécialement pour l’observation du Soleil — capable de fournir un grossisement minimal de 50 à 100 fois.

On peut également projeter l’image du Soleil sur un écran à l’aide d’une paire de jumelles ou, mieux, d’un petit télescope. Dans ce cas, on ne met pas de filtre devant l’instrument : il faut cependant surveiller constamment l’installation afin de s’assurer que personne ne regarde dans l’oculaire par mégarde. En toute circonstance, suivez les conseils sur la page Observation du Soleil pour une observation amusante, enrichissante et sécuritaire.

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