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Questions d'astronomie

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Aurores boréales
Credit: Espace pour la vie (Planétarium de Montréal)

Aurores boréales

Qu’est-ce qu’une aurore boréale?

Les aurores polaires (boréales ou australes, car elles se produisent également dans l'hémisphère Sud) surviennent quand des particules chargées électriquement en provenance du Soleil, surtout des électrons, percutent le champ magnétique terrestre et sont conduites par les lignes de force vers les régions polaires de notre planète (le Pôle magnétique Nord se trouve dans les îles de l'Arctique canadien). Dans la haute atmosphère (entre 100 et 400 kilomètres), les électrons frappent les atomes de gaz raréfiés (oxygène et azote) qui émettent de la lumière. En somme, l'atmosphère se comporte comme une gigantesque enseigne au néon. Normalement verdâtres (l'œil peut ne pas percevoir la couleur si l'aurore n'est pas assez intense), les aurores se colorent de rouge lorsque l'éruption qui leur a donné naissance est particulièrement intense.

Quand peut-on voir des aurores boréales?

Il est malheureusement impossible de prévoir l'imminence (et l’intensité) d'aurores boréales plus de 48 à 72 heures à l'avance. Tout est lié à l'activité solaire : lorsque de très grosses taches solaires sont visibles, des éruptions violentes sont possibles. Ce sont les particules émises lors de ces éruptions qui peuvent provoquer sur Terre des tempêtes géomagnétiques, dont les aurores boréales sont la manifestation visible. Cependant, même au plus fort du cycle d’activité solaire de 11 ans, rien ne garantit que vous assisterez à des aurores boréales. Il peut se passer plusieurs jours, voire des semaines entières, sans que celles-ci se manifestent de manière plus prononcée que leur niveau « de base ».

Pour un suivi de l'activité solaire et géomagnétique, ainsi que des avis en cas de probabilité élevée de voir des aurores, consultez quotidiennement le site Spaceweather.com. On y fournit des avertissements à court et moyen terme (2-3 jours) en fonction de ce qui se passe sur le Soleil On y trouve également de superbes galeries de photos, auxquelles contribuent régulièrement plusieurs astronomes amateurs québécois.

En parallèle, le site du Space Environment Center nous renseigne en temps réel sur les éruptions solaires (qui peuvent causer des aurores) et sur l'activité géomagnétique du moment. Quand les colonnes du second graphique (tout en bas de la page) sont rouges et approchent de la valeur maximale de l'échelle, il est possible de voir des aurores même en ville... pour autant que le ciel soit suffisamment dégagé!

Voici d’autres sites internet où l'on présente la mesure de l'activité géomagnétique terrestre (qui se manifeste entre autres par les aurores boréales) :

Où faut-il aller pour voir des aurores boréales?

Les régions nordiques sont privilégiées pour observer ce phénomène, en ce sens que c'est aux plus hautes latitudes que la fréquence des aurores polaires augmente. En Amérique du Nord, l'ellipse aurorale est une région où les aurores boréales sont presque quotidiennes, même si elles sont faibles : il s'agit d'une bande qui traverse l'Alaska, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, les régions voisines de la Baie James et la Baie d'Hudson (Nord de l'Ontario; Abitibi, Baie-James au Québec) et la Côte Nord. Dans la région de Québec, elles sont assez fréquentes (mais souvent près de l'horizon nord); la différence de latitude avec Montréal permet d'améliorer de manière sensible les chances d'en apercevoir.

Cela dit, lorsque les aurores sont très fortes (à la suite d'une puissante éruption sur le Soleil, par exemple), elles peuvent être visibles beaucoup plus au sud car l'ellipse aurorale s'agrandit et couvre des latitudes plus basses. Exceptionnellement, le Sud des États-Unis peut être atteint. Dans le sud du Québec, donc, il n'est pas si rare d'en voir, mais encore faut-il que la météo collabore... et il est certainement préférable de se trouver hors de la ville pour les apprécier à leur pleine mesure! Puisque les aurores sont plus souvent visibles en direction de l'horizon nord, s’il faut se déplacer, autant aller vers le nord des grands centres urbains, afin que leur pollution lumineuse se trouve derrière vous...

Étoiles

J’ai entendu dire qu’on pouvait acheter/adopter/baptiser une étoile et l’offrir à un proche. Qu’en est-il au juste?

Certaines entreprises commerciales proposent en effet la « vente », l'« achat » ou l'« adoption » d'étoiles ou de noms d'étoiles. Il faut cependant comprendre qu'il s'agit d'une pratique pour le moins douteuse à laquelle se livrent plusieurs compagnies, principalement aux États-Unis.

L'Union astronomique internationale (UAI), qui représente les astronomes professionnels de la planète et leurs institutions, désapprouve cette pratique commerciale; le Planétarium de Montréal soutient la position de l’UAI. Pourquoi? Notamment parce que ces entreprises laissent entendre à leur fort nombreuse clientèle que leur démarche est reconnue par les scientifiques. En réalité, il n'en est rien — n'importe qui pourrait décider de monter un tel catalogue, mais il n'aurait pas plus de valeur qu'un autre. C'est l'UAI qui établit et supervise les règles de nomenclature des objets célestes (planètes et leurs lunes, cratères et autres formations à la surface des corps célestes, astéroïdes, comètes, etc.).

Sachez que ces compagnies puisent les étoiles qu'elles « revendent » dans d’immenses bases de données comprenant les caractéristiques de millions d'étoiles, Ces bases de données, compilées pour l'usage des scientifiques, sont accessibles à tous via l’internet. Et puisque sur l’ensemble du ciel on ne compte pas plus de 6 000 étoiles visibles à l'oeil nu (dépendant de la pureté du ciel), vous vous doutez bien que les étoiles brillantes (et même celles visibles dans de petits instruments d'optique) ont toutes été attribuées depuis longtemps — et peut-être plus d’une fois par autant de compagnies différentes!

Le site de l'International Astronomical Union (en anglais) traite de la question.

Si, malgré toutes ces mises en garde, vous souhaitez tout de même poursuivre vos démarches (ce sont vos $$$ après tout...), vous pourrez retrouver ces compagnies à l’aide d’une simple recherche sur Internet. Mais gardez en tête que les étoiles sont à tout le monde... et elles ne sont pas à vendre! Désolé d'être si « terre à terre », mais c'est la dure réalité.

Par ailleurs, il est arrivé, et il arrive encore à l'occasion, que des institutions muséales, dans le cadre de campagnes de financement de leurs activités éducatives, procèdent à une « vente » symbolique d'étoiles. Dans de tels cas, il n'est bien entendu aucunement question d'exclusivité : la portée symbolique du geste est clairement établie et le programme doit être considéré comme une fondation caritative. À notre connaissance, seul le Planétarium de Vancouver utilise cette approche à l'heure actuelle au Canada.

J’ai remarqué une étoile très brillante qui scintille beaucoup, au point où elle semble clignoter avec des reflets rouges et bleus. Pourquoi scintille-t-elle autant?

La scintillation et le changement rapide de couleur des étoiles sont dus à la turbulence atmosphérique. Le brassage de cellules d'air chaud et d'air plus froid joue sur la lumière en la décomposant comme un prisme : c'est de là que viennent toutes les couleurs changeantes que vous voyez. L'effet est plus prononcé encore par temps froid et limpide et plus remarquable sur les étoiles les plus brillantes, surtout lorsqu'elles ne sont pas très hautes dans le ciel.

Sirius, l'étoile la plus brillante au firmament (visible surtout en hiver et au printemps), émet une lumière blanc-bleuté très intense. Comme elle ne s’élève jamais beaucoup au-dessus de l’horizon sud, elle est très sujette à ce phénomène.

Antarès, dans le Scorpion (visible surtout en été) est une autre étoile qui demeure près de l’horizon. Sa couleur est rougeâtre, mais scintille parfois avec des reflets verts remarquables.

D’autres étoiles brillantes sont susceptibles de produire un effet semblable. Consultez le Ciel du mois pour identifier les étoiles et constellations visibles en ce moment de l’année.

La Lune

Je cherche les dates des phases de la Lune. Où puis-je les trouver?

Notre site internet vous propose une table des phases lunaires de 2001 à 2006. Au-delà de cette période, vous pouvez interroger les serveurs d’éphémérides de l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides, à Paris (un mois à la fois, de − 4 000 à + 2 500), ou de l’Observatoire naval des États-Unis, à Washington (pour une année entière, de 1700 à 2035). Attention! Ces serveurs expriment la date et l’heure en temps universel (UT). Pour obtenir l’heure normale de l’Est (HNE), il faut soustraire 5 heures, ce qui peut changer la date. Par exemple le 4 janvier à 3 h 12 UT = le 3 janvier à 22 h 12 HNE.

Hier soir, on pouvait voir une « étoile » brillante près de la Lune. Ce soir, elle n’y est plus. Pourquoi?

La Lune se déplace assez rapidement dans le ciel par rapport aux étoiles : elle fait le tour de la voûte céleste et revient à peu près à sa position initiale parmi les constellations en 27,3 jours environ. D’un soir à l’autre, à la même heure, la Lune se trouve donc environ 12 degrés plus loin dans le ciel. À chaque mois, la Lune repasse donc à proximité des planètes visibles à l’œil nu ainsi que de certaines étoiles brillantes. La planète ou l’étoile que vous avez remarquée près de la Lune la veille sera sensiblement au même endroit dans le ciel, tandis que la Lune s’en est éloignée vers l’est (c’est à dire vers la gauche).

Autres/Divers

Depuis quelques jours, j’aperçois une « étoile » très brillante au crépuscule / à l’aube. S’agit-il de la Station spatiale internationale?

Il y a fort à parier qu’il s’agit plutôt d’une planète brillante, comme Vénus ou Jupiter. Consultez la page Événements atronomiques de notre site internet pour savoir quelles sont les planètes visibles en ce moment.

La station spatiale, la navette spatiale et tous les satellites artificiels visibles à l’œil nu se déplacent de manière évidente et traversent le ciel en quelques minutes seulement. (Le déplacement est comparable à celui d’un avion à haute altitude, sans clignotants ni feux de position, ni grondement de moteurs.) On les aperçoit surtout au début ou vers la fin de la nuit, alors que le ciel de votre lieu d’observation est assez sombre mais que les satellites, à quelques centaines de kilomètres de hauteur, sont encore éclairés par le Soleil.

Certains sites internet permettent de prédire l’heure de passage des principaux satellites, de même que la direction vers laquelle on peut les voir, le tout calculé pour votre lieu d’observation : consultez la page Ressources astronomiques sur le web, sous la rubrique Satellites artificiels.