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Réduire l'impact de la cueillette

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Ail des bois
Crédit photo : Biodôme de Montréal

Les six règles d'or

La cueillette demeure la principale menace pour le maintien des populations naturelles d'ail des bois au Québec. Il est important de minimiser son impact si nous voulons conserver cette ressource printanière qui nous est chère. Voici les six règles d'or à respecter :

  1. Faites preuve de patience
    À la fonte des neiges, lorsque l'ail des bois émerge, le bulbe est mince, un peu comme une échalote. Son poids augmente très rapidement, devenant entre 3 et 5 fois plus important au début de juin quand les feuilles fanent. En retardant la récolte en fin de saison, on obtiendra un volume d'ail supérieur, tout en cueillant moins de plants. 
  2. Plants reproducteurs : pas touche!
    En fin de saison, on peut distinguer les plants reproducteurs par l'apparition de la tige florale à l'aisselle des feuilles. Sachant que les plants reproducteurs sont essentiels au maintien des populations naturelles, le cueilleur avisé évitera les plants portant une tige florale. En plus de produire des graines, la majorité de ces plants se divisent après la floraison. Ainsi pour chaque plant en fleur cueilli, on détruit non seulement les graines à produire, mais aussi une ou deux recrues additionnelles qui auraient vu le jour la saison suivante. 
  3. Étalez votre cueillette
    L'ail des bois pousse généralement en bouquets. Après la division végétative, les bulbes sœurs restent liés quelques années, ce qui augmente leurs chances de survie. La récolte d'un plant ici et là permet au reste du bouquet de poursuivre sa croissance et de se diviser végétativement. En revanche, le prélèvement de bouquets entiers réduit beaucoup la productivité, puisque les nouveaux plants devront être créés à partir de graines, mettant ainsi plus de temps à parvenir à maturité. 
  4. Allez-y avec délicatesse
    L'utilisation d'une pelle ou d'une bêche détruit beaucoup de jeunes plants et perturbe l'habitat. Aussi, avec ces instruments, plusieurs plants seront récoltés à un même endroit, laissant de grands trous. En privilégiant l'usage d'une petite truelle, qui permet de prélever un plant à la fois, vous réduisez les perturbations et permettez aux autres plants de poursuivre leur croissance normalement. 
  5. Limite : .08
    Le suivi d'une population d'ail des bois mature pendant cinq ans a permis d'analyser son taux de croissance et de saisir la variabilité saisonnière naturelle qui touche la germination, la survie des jeunes plants, la croissance et la reproduction. Ces travaux ont permis de démontrer que le fait de cueillir tous les ans plus de 8% des plants d'une population d'ail des bois peut entraîner le déclin de celle-ci. L'ail des bois pousse lentement, car elle ne dispose que de 4 à 6 semaines par année pour refaire ses réserves annuelles. Dans un habitat stable et peu perturbé comme les érablières, cette stratégie conservatrice lui suffit. Par contre, en récoltant des bulbes, nous augmentons le taux de mortalité qui risque facilement de dépasser le taux de reproduction de l'espèce. Ainsi nous détruisons les stocks… comme cela s'est produit avec la morue! 
  6. Pourquoi pas les feuilles?
    Lorsqu'on cueille un bulbe d'ail, on prélève le principal organe de réserve de la plante, et elle meurt. C'est une situation comparable à la récolte d'une carotte, sauf que celle-ci est produite en une seule saison. On sème nos carottes en mai et on les récolte en juillet. Pour l'ail des bois, on doit compter de 7 à 10 ans, à partir d'une graine, pour obtenir un plant assez gros. Une façon simple de réduire sa consommation de bulbes, c'est de manger les feuilles. En effet, les feuilles de l'ail des bois possèdent aussi ce goût fortement alliacé, caractéristique du bulbe. Bien sûr, la récolte des feuilles ralentira la croissance du plant, mais il ne mourra pas. L'idéal demeure toutefois de ne récolter qu'une feuille ici et là; le plant s'en remettra et on aura satisfait son « goût de printemps ».

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