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Attraction mortelle : la lumière qui tue

Cardinal rouge
Credit: Espace pour la vie (Claude Lafond)
Cardinal rouge
  • Cardinal rouge
  • Diffraction lumineuse sous la pluie
  • Pilliers lumineux en milieu urbain
Attraction mortelle : la lumière qui tue

Viréo aux yeux rouges, cardinal rouge, jaseur d’Amérique… Des cadavres par milliers jonchent le sol. À Lennox en Ontario, 10 000 oiseaux sont morts durant deux nuits pluvieuses en se heurtant à des cheminées industrielles. En Géorgie aux États-Unis, 50 000 oiseaux sont morts d’épuisement en suivant les faisceaux lumineux émis par une base militaire. L’éclairage nocturne tue chaque année des dizaines de millions d’oiseaux. Les mortalités sont plus importantes lors des migrations automnales et printanières, surtout si la météo est mauvaise. Ces lumières tuent toutes sortes d’oiseaux. On a compté 450 espèces différentes dans le cas de la seule ville de Toronto.

Une évolution trop lente pour s’adapter

Après des millions d’années d’évolution, les oiseaux se sont adaptés à l’éclairage naturel émanant du Soleil, de la Lune et des étoiles. L’ampoule incandescente a été inventée en 1879. Aujourd’hui, 136 ans plus tard, les oiseaux ne sont pas encore adaptés à l’éclairage artificiel.

Durant les migrations, beaucoup d’oiseaux voyagent de nuit, s’arrêtent à l’aube, se reposent et emmagasinent des graisses pour la suite de leur voyage. Ils se guident alors sur les étoiles et sur le champ magnétique de la Terre. La plupart des oiseaux ont une vision crépusculaire inférieure à celle d’un humain. La migration de nuit n’est donc pas aisée pour eux.

Des halos qui aveuglent

Les petits oiseaux chanteurs, les victimes les plus abondantes, volent à moins de 400 mètres d’altitude et sont très affectés par l’éclairage artificiel. Lors de tempêtes (pluie ou brouillard), la lumière artificielle frappe les gouttelettes d’eau, diffracte dans tous les sens et crée un halo autour de chacune d’elles. Cela perturbe leur vision et leur sens de l’orientation. Ne sachant plus vraiment où ils s’en vont, les oiseaux tourbillonnent à l’intérieur de ce halo éblouissant et s’épuisent. Certains vont mourir de fatigue, d’autres frapper l'un de leurs congénères ou un mur. Au petit matin, ceux qui ont survécu à cette nuit d’enfer vont se poser au sol, totalement épuisés. Certains seront la cible de prédateurs. D’autres n’arriveront pas à restaurer suffisamment leurs forces et seront peut-être les victimes de la prochaine nuit!

Des solutions

Au Québec, les oiseaux meurent aussi à la suite de collisions avec des édifices éclairés la nuit. Il y a pourtant des solutions : couper l’éclairage nocturne, choisir des luminaires éclairant vers le bas et non le haut, utiliser des lampes stroboscopiques ou faiblement énergétiques (DEL), et surtout, minimiser l’éclairage durant les migrations automnales et printanières, particulièrement lors de tempêtes ou d’épisodes de brouillard... Ne serait-il pas temps d’agir?

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