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Des microalgues pour une pêche au homard écoresponsable?

Le laboratoire dirigé par Nathalie Rose Le François au Biodôme possède une expertise et des équipements aquatiques et analytiques permettant l’évaluation de l’attractivité et de la réactivité du homard en conditions contrôlées lors d’exposition au nouvel aliment proposé.
Credit: Florence Piché-Lebel
The laboratory directed by Nathalie Rose Le François at the iodôme has an expertise and aquatic and analytical equipment that allow for an assessment of the bait’s attractiveness to the lobster and its responsiveness to that bait. In controlled conditions
  • The laboratory directed by Nathalie Rose Le François at the iodôme has an expertise and aquatic and analytical equipment that allow for an assessment of the bait’s attractiveness to the lobster and its responsiveness to that bait. In controlled conditions
  • In the Biodôme laboratory, preliminary tests are currently under way with a controlled photoperiod with blue light during the day.
  • In the Biodôme laboratory, preliminary tests are currently under way with a controlled photoperiod with red light for nighttime conditions.
  • Jean-Christophe Boussin chemist/analyst at the Biodôme associated with the project.
Des microalgues pour une pêche au homard écoresponsable?

La pêche commerciale du homard (Homarus americanus) du Québec fait face à un obstacle considérable : les stocks de maquereaux et harengs utilisés comme appât traditionnel sont en déclin.

Déclin des appâts traditionnels

Pour attirer le délicieux crustacé décapode1 dans les casiers de pêche, on utilise des maquereaux, des plies et des harengs entiers plus ou moins frais, qui possèdent une signature olfactive alléchante pour les homards. L’accès à cette « bouette », un terme consacré dérivant de bait ou appât, est cependant compromis : des moratoires interdisant son exploitation sont actuellement en vigueur dans les eaux du golfe Saint-Laurent. La bouette se fait rare, comme on dit, et l’approvisionnement est moins fiable et les prix grimpent. Les pêcheurs et pêcheuses doivent donc se tourner vers d’autres alternatives, car cette situation compromet la rentabilité économique de cette industrie ainsi que leur certification de pêcheries durables2 dont ils et elles ont besoin pour vendre leurs produits sur certains marchés. Il existe déjà de telles alternatives sur le marché, appelées gâteaux-appâts. Malheureusement, ces petits « gâteaux » sont pour la plupart fabriqués avec de la chair et des huiles de poissons issus d’espèces actuellement en péril, ce qui limite grandement leur valeur écoresponsable.

Évaluation d’appât dans les laboratoires du Biodôme

L’équipe de recherche en physiologie, aquaculture et conservation du Biodôme a été approchée par des acteurs de l’industrie biotechnologique pour évaluer différentes formulations d’appâts à base de microalgues, une alternative écoresponsable pour la pêche commerciale du homard de l’est du Canada. La biomasse microalgale produite en bioréacteurs est issue de cultures qui reposent sur l’utilisation de CO2 émis par les industries pour la croissance des microalgues. Ce procédé contribue à la réduction de l’empreinte carbone de ces industries et la biomasse produite peut alors être sujette à des efforts de valorisation.

L’avenir dans les microalgues?

Les microalgues suscitent un intérêt considérable dans le monde entier, en raison de leur vaste potentiel d'application dans les industries des énergies renouvelables, pharmaceutiques et nutraceutiques. Ce sont des sources renouvelables, durables et économiques de biocarburants, de médicaments bioactifs et d'ingrédients alimentaires. Les microalgues sont-elles tout aussi alléchantes pour le homard ? En collaboration avec nos partenaires (la compagnie AllGaea et un donateur privé), nous évaluerons les caractéristiques attractives de différentes formulations à base de microalgues pouvant stimuler les antennules chimioréceptives et initier un déplacement actif du homard vers l’appât.

Le laboratoire que je dirige possède une expertise et des équipements aquatiques et analytiques permettant l’évaluation de l’attractivité et de la réactivité du homard. En conditions contrôlées, on expose le homard aux formulations proposées. Des essais préliminaires sont actuellement en cours avec photopériode contrôlée (lumière bleue le jour et rouge pour les conditions nocturnes). L’identification d’une formulation qui stimule un déplacement actif du homard pourra éventuellement mener à des essais en mer. Les homards seront-ils tentés par ce nouvel appât en situation réelle? Grâce à à la collaboration d’un pêcheur de homard de la Minganie, nous pourrons le vérifier lors d’une prochaine saison de pêche.

Ce projet de recherche est rendu possible grâce à la Fondation Espace pour la vie, consultez les détails

Notes :

1 La plupart des crustacés pêchés commercialement sont des décapodes (homards, crabes).  Il y a environ 45 000 espèces de crustacés dont 15 000 sont des décapodes.  Les crustacés sont caractérisés par un corps segmenté recouvert d’un exosquelette (carapace) et les décapodes possèdent tous 5 paires de grandes pattes thoraciques.

2La pêcherie de homard gaspésienne, au Québec, obtient la certification MSC, communiqué de presse de Marine Stewardship Council.

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