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Écouter les sols pour évaluer la biodiversité?

Écouter le sol : en captant le paysage sonore du sol, les chercheurs peuvent estimer la biodiversité qui s’y trouve.
Credit: Espace pour la vie (Francis Cardinal)
Écouter le sol : en captant le paysage sonore du sol, les chercheurs peuvent estimer la biodiversité qui s’y trouve.
  • Écouter le sol : en captant le paysage sonore du sol, les chercheurs peuvent estimer la biodiversité qui s’y trouve.
  • Une pelouse traditionnelle : cette pelouse s’apparente à une monoculture et ne supporte pas beaucoup d’organismes vivants.
  • Un terrain minéralisé : sur un terrain minéralisé, il est peu probable que la vie dans le sol puisse jouer un rôle sur le cycle des nutriments.
  • Sol d’une forêt : en nature, le sol est rarement nu et les débris végétaux sont recyclés par la faune du sol.
  • Les organismes vivants du sol sous la loupe : un sol sain abrite une faune et une flore très variée.
Écouter les sols pour évaluer la biodiversité?

Des bruits dans le sol, un indicateur de la biodiversité

Cela peut paraître farfelu, mais c’est pourtant ce qu’une récente étude d’une équipe suisse a voulu élucider en enregistrant les sons provenant de la terre sous leurs pieds. Si certains bruits suspects comme les gargouillements du ventre, le moteur vrombissant d’une vieille voiture ou encore les voisins qui font la fête sont synonymes de nuisance, un sol bruyant est au contraire, un gage de santé! En effet, de nombreux organismes qui vivent sous terre émettent des sons.

Vers de terre, acariens, cloportes, collemboles, larves diverses, araignées, centipèdes, coléoptères et de nombreux autres font partie de la trame sonore; plus les sons enregistrés sont variés, plus la faune du sol est diversifiée.

En captant ce paysage sonore (soundscape en anglais), les chercheurs estiment être en mesure de l’associer à la faune qui l’émet et ainsi évaluer la biodiversité qui s’y trouve.

Une technique prometteuse (et peu coûteuse) pour évaluer la biodiversité du sol

Munie d’appareils d’enregistrement et de micros, l’équipe du projet Sounding Soil tente de déterminer la signature sonore des sols. Ce procédé peu dispendieux est innovant, car il vise à établir la biodiversité du sol grâce à des sons enregistrés. Ce dernier contraste avec la technique traditionnelle où l’on analyse en laboratoire des carottes prélevées dans le sol en décortiquant méticuleusement ces dernières. L’enregistrement des sons est une méthode accessible qui permet maintenant d’impliquer le public dans des études de science participative et même d’être associé à des projets artistiques.

Pourquoi le sol est-il bruyant?

Les êtres qui vivent dans le sol produisent des sonorités pour diverses raisons. Que ce soit lorsqu’ils se déplacent, s’alimentent ou communiquent entre eux, les enregistrements témoignent de leur vie. Plus les sons sont variés, plus on semble conclure qu’une grande biodiversité s’y trouve. Fait étonnant, c’est dans un tas de compost que le paysage sonore s’est avéré le plus foisonnant. De nombreux êtres vivants du sol décomposent la matière organique et sont une partie essentielle du cycle des nutriments.

Que signifie alors un sol silencieux?

Un sol muet pourrait carrément être synonyme d’absence de vie. En 1962, la biologiste américaine Rachel Carson publiait le livre Printemps silencieux (Silent Spring) où l’on soulevait l’impact des pesticides sur les populations d’oiseaux. On y apprenait que la perte de faune aviaire pourrait engendrer des printemps silencieux sans le chant des oiseaux.

Étrangement, lors de leurs études, l’équipe de Sounding Soil a obtenu des enregistrements peu diversifiés voir taciturnes lors de leurs analyses dans des sols agricoles conventionnels où on utilise des engrais et des pesticides de synthèse. Un hasard?

Bien que très prometteuse, cette technologie en est encore à ses débuts. La pollution sonore des sols par l’activité humaine est encore incomprise et peut brouiller les résultats. Il reste encore beaucoup de travail afin d’associer précisément le bruit à un organisme en particulier. Alors qu’à l’école on m’enseignait que le sol faisait partie du non-vivant, nos connaissances évoluent et certaines pratiques changent. Lors de votre saison de jardinage, garder en tête que le sol peut être  protégé grâce à un paillis et qu’il peut être nourri avec des amendements. La vie dans le sol est à considérer, à nourrir et à protéger.

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