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Insectes envahisseurs : la punaise marbrée contre Alien

Halyomorpha halys (Hemiptera : Pentatomidae), communément appelée punaise marbrée, sera de plus en plus présente au Québec dans les prochaines années; on la retrouve déjà à Montréal. Pour la reconnaître, vérifier la présence de bandes blanches et noires sur les antennes, ainsi que de 5 petits points blancs en marge supérieure du triangle inversé sur son dos (scutellum).
Credit: Étienne Normandin
Punaise marbrée
  • Punaise marbrée
  • Guêpe parasitoïde
Insectes envahisseurs : la punaise marbrée contre Alien

Coccinelle asiatique, agrile du frêne, et criocère du lys, ces insectes colorés ont adopté le Québec comme terre d’accueil, et ce pour le pire, en oubliant le meilleur. Les espèces exotiques envahissantes sont particulièrement problématiques, car contrairement aux ravageurs indigènes au territoire québécois, elles s’établissent sans leurs prédateurs et autres ennemis naturels. Leur population peut alors exploser rapidement… au détriment de la biodiversité.

C’est le cas de la punaise marbrée (Halyomorpha halys), ou « punaise diabolique », un nom qui fait sensation dans les médias même si cet insecte originaire d’Asie n’a pas de réelle volonté de nuire aux humains. Son établissement imminent au Québec demeure inquiétant, car elle consomme des dizaines de plantes comestibles et ornementales, et dégage une odeur nauséabonde dans les bâtiments où elle se réfugie l’hiver.

Alerte aux pesticides

Conséquence indirecte de la mondialisation, de plus en plus d’espèces exotiques sont introduites partout à travers le monde, menaçant les milieux naturels, agricoles, et forestiers. L’enjeu étant à la fois écologique et économique, des moyens de contrôle sont rapidement mis en place en cas d’épidémies, où domine le recours aux pesticides. Cette stratégie est contre-productive à long terme, car elle nuit tant aux espèces nuisibles qu’à celles qui en contrôlent naturellement les populations.

Il existe pourtant une excellente alternative, sous-estimée dans les pays développés : la lutte biologique. Vieille de centaines d’années, elle assure le contrôle des ravageurs par l’entremise d’ennemis naturels auxquels on fournit conditions et habitats appropriés. La clé du succès se trouve dans le choix d’agents dont l’action ciblée respecte l’équilibre de l’écosystème.

Petite guêpe, grande solution

En lutte biologique, les agents les plus efficaces sont les guêpes parasitoïdes. Ces micro-hyménoptères se développent à la manière d’Alien ; la mère pond ses œufs au sein d’un hôte spécifique qui mourra des suites du développement des larves s’en extirpant en tant qu’adulte. Mais contrairement au célèbre extraterrestre (et aux pesticides), ils sont complètement inoffensifs pour l’humain.

Ce type de parasite serait un excellent candidat pour le contrôle de la punaise marbrée. Toutefois, il pourrait être nécessaire d’employer un ennemi naturel provenant de son pays d’origine et n’étant pas retrouvé naturellement au Québec. L’introduction délibérée d’une nouvelle espèce exotique paraît contre-intuitive, mais de rigoureux protocoles sont suivis dans ce genre de situation (lutte biologique classique) pour vérifier que l’agent n’affectera pas la faune et la flore locale.

Confrontés à l’invasion d’importants ravageurs, il est crucial de ne pas céder à la facilité en appliquant massivement des produits nocifs pour la santé humaine et écosystémique. La recherche en lutte biologique gagne à être connue, car elle permet de développer des programmes durables pour la préservation de notre patrimoine naturel.

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