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Katherine Johnson, la mathématicienne qui a permis à la NASA d’aller dans l’espace

Katherine Johnson travaillant à son bureau du centre de recherche de Langley en 1962.
Credit: NASA
Katherine Johnson travaillant à son bureau du centre de recherche de Langley en 1962.
  • Katherine Johnson travaillant à son bureau du centre de recherche de Langley en 1962.
  • Mme Johnson au centre de recherche de Langley en 1980.
  • Le président Barack Obama remet la médaille présentielle de la liberté à Katherine Johnson le 24 novembre 2015. On reconnait aussi l’ancien joueur de baseball, Willie Mays à droite de Mme Johnson.
  • Katherine Johnson devant le pavillon de recherche en informatique de Langley à Hampton en Virginie.
Katherine Johnson, la mathématicienne qui a permis à la NASA d’aller dans l’espace

Katherine Johnson a joué un rôle important dans la course à l’espace que se livraient les États-Unis et l’URSS dans les années 1950 et 1960. Grâce à ses capacités en calcul algébrique, elle a permis à la NASA d’envoyer dans l’espace les premiers astronautes américains. Malgré son travail colossal pendant plus de 30 ans à de nombreuses missions spatiales, sa contribution n’a été reconnue que récemment.

Une passion pour les mathématiques

Katherine Coleman, née en Virginie-Occidentale en août 1918, est la plus jeune d’une famille de quatre enfants. Son père est fermier et sa mère enseignante. La ségrégation raciale du début du 20e siècle fait en sorte que les enfants afro-américains ne peuvent étudier au-delà de la 8e année. Son père fait alors tout en son possible pour que ses enfants poursuivent leurs études, les inscrivant dans une école à plus de 200 kilomètres de la maison familiale.

Très tôt, Katherine montre des aptitudes incroyables pour les mathématiques. Elle termine ses études secondaires à l’âge de 14 ans et obtient à 18 ans son baccalauréat en mathématiques et en français.

Suite à un jugement de la Cour suprême des États-Unis qui exige que l’enseignement supérieur soit offert autant aux élèves blancs qu’aux élèves noirs, Katherine est sélectionnée en 1939 avec deux autres étudiants afro-américains pour accéder à des études de deuxième cycle en mathématiques. Après une session, elle cesse ses études pour fonder une famille avec son premier mari James Goble avec qui elle aura trois filles.

Ordinateur humain

En 1952, Katherine est embauchée comme mathématicienne au laboratoire de Langley de la NACA (National Advisory Committee for Aeronautics), l’ancêtre de la NASA. Son travail d’ordinateur humain, comme on l’appelle à l’époque, consiste à effectuer manuellement des calculs complexes pour les ingénieurs. Elle fait alors partie d’une équipe constituée de femmes afro-américaines.

Elle est ensuite transférée à l’équipe qui est responsable des calculs pour les futurs vols spatiaux en 1958. Ses grandes capacités en calculs et en géométrie analytique lui permettent de se démarquer parmi cette équipe composée jusque-là exclusivement d’hommes blancs.

Katherine épouse James Johnson en 1959. Le couple vivra ensemble pendant 60 ans jusqu’au décès de James en 2019.

Calculer les trajectoires des vols spatiaux

Katherine Johnson devient, en 1960, la première femme à cosigner un rapport de recherche à la NASA. Ce rapport développe les équations décrivant les trajectoires d’un vol spatial.

L’année suivante, c’est elle qui fait les analyses de la trajectoire du vol suborbital d’Alan Shepard, le premier Américain à aller dans l’espace.

L’astronaute John Glenn demande même que Katherine vérifie manuellement les éléments de son vol spatial en 1962, car ce dernier ne faisait pas confiance aux ordinateurs de l’époque.

Lors de la mission Apollo 11, Katherine aide à calculer les trajectoires de rendez-vous entre le module lunaire et le module de commande avant le retour vers la Terre. Elle considère qu’il s’agit de son plus grand accomplissement en carrière.

Elle prend sa retraite de la NASA en 1986.

Une reconnaissance tardive

Katherine Johnson a reçu de nombreuses distinctions après sa carrière active, dont plusieurs doctorats honorifiques. En 2015, le président Barack Obama lui remet la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute décoration remise à une civile aux États-Unis.

L’année suivante, la NASA nomme son centre de recherche en informatique à Hampton en Virginie en son honneur. Finalement, le Congrès des États-Unis lui décerne sa plus haute distinction, soit la médaille d’or, en 2019.

Katherine Johnson s’éteint le 24 février 2020 à l’âge de 101 ans.

Cette grande dame a œuvré pendant toute sa carrière à ouvrir les portes aux femmes et aux personnes de couleurs dans les domaines des sciences et des technologies. Sans la persévérance de Katherine Johnson, on peut se demander si les États-Unis seraient allés sur la Lune avant les Soviétiques.

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