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L’agrile du frêne arrive à Montréal

Adulte, Agrilus planipennis © Michigan State University (David Cappaert)
  • Adulte, Agrilus planipennis © Michigan State University (David Cappaert)
  • Larves, Agrilus planipennis © Michigan State University (David Cappaert)
  • Trous de sortie, Agrilus planipennis © The Ohio State University(Daniel Herms,)
L’agrile du frêne arrive à Montréal

Le 21 juillet dernier, la présence de l’agrile du frêne a été détectée pour la première fois sur l’île de Montréal, dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, à proximité du port. Ce petit coléoptère d’origine asiatique met en péril toutes les espèces de frêne. Il peut tuer un arbre sain en trois ou quatre ans.

L’agrile du frêne (Agrilus planipennis) est un coléoptère au corps étroit, d’un vert métallique. Il mesure entre 8 et 13 mm. Ses yeux proéminents sont noirs ou bronze. Cet insecte exotique ne représente aucun danger pour l’être humain, mais il constitue une menace sérieuse pour les 45 000 frênes de Montréal qui représentent 20 % des arbres de rues de la ville. Introduit accidentellement en Amérique du Nord dans les années 1990, l’agrile a été identifié pour la première fois en 2002 en Ontario et au Michigan. Comme il n’a aucun prédateur en Amérique, il s’est multiplié rapidement. Sa propagation a été accélérée par le déplacement du bois de chauffage. Depuis son introduction, ce ravageur a détruit des millions de frênes aux États-Unis et en Ontario. En Amérique du Nord, l’agrile du frêne s’attaque à toutes les espèces de frênes. Il ne fait aucun dégât sur les autres essences d’arbre. Le frêne est un arbre facile à reconnaître. Ses feuilles sont opposées l’une à l’autre sur le rameau. Chaque feuille est composée de 5 à 11 folioles de forme régulière. En cas de doute sur l’identification d’un frêne, consultez la clé d’identification sur le site Au cœur de l’arbre.

Cycle de vie

L’insecte adulte pond ses œufs dans les crevasses de l’écorce. Dès leur éclosion, les larves s’introduisent sous l’écorce où elles creusent des galeries dans le cambium, la partie vivante du bois, pour se nourrir. Ces galeries sinueuses finissent par bloquer la circulation de la sève et entraînent la mort des branches. On reconnait les larves d’agrile à leurs segments abdominaux en forme de cloches. Entre la mi-mai et la fin juillet, les adultes émergent par des trous en forme de « D ».  

Signes d’infestation

  • Encoches grugées dans le feuillage ;
  • Trous d’émergence en forme de « D », mesurant de 3,4 à 4 mm ;
  • Galeries sous l’écorce en forme de « S ».

La présence de l’agrile peut entraîner un jaunissement prématuré du feuillage et l’éclaircissement de la cime, lorsque les branches meurent. Les arbres stressés produisent souvent des nouvelles pousses à leur base, sur leur tronc ou leurs branches. Des fissures de 5 à 15 cm peuvent apparaître sur l’écorce, au-dessus des galeries forées par les larves. Un arbre sain peut dépérir rapidement et mourir en 3 ou 4 ans.     Il faut savoir que le dépérissement d’un frêne peut avoir de nombreuses autres causes que l’agrile. D’autres ravageurs, la sécheresse et le froid peuvent provoquer des symptômes similaires. Plusieurs espèces d’insectes peuvent également percer des trous en forme de « D ». Pour identifier formellement le ravageur, consultez un inspecteur de l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Que pouvez-vous faire?

  • Tout d’abord, sachez distinguer le frêne des autres arbres feuillus;
  • Apprenez à reconnaître l’insecte et les signes de sa présence;
  • Si vous décelez des signes d’infestation, notez l’emplacement de l’arbre et les symptômes observés;
  • À Montréal, s’il s’agit d’arbres de rue, avisez votre arrondissement en composant le 311;
  • Communiquez rapidement avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments au 1-888-463-6017;
  • Si vous capturez un adulte, conservez-le dans un contenant hermétique au congélateur;
  • Le service des renseignements entomologiques de l’Insectarium de Montréal peut vous aider à identifier un spécimen d’insecte ;
  • Ne déplacez jamais le bois de chauffage et les résidus de bois;
  • L’abattage des arbres infestés n’est plus recommandé systématiquement, le transport des débris risquant de propager le problème. Consultez plutôt un inspecteur de l’Agence canadienne d’inspection des aliments qui vous informera des mesures à prendre.

Des recherches sont en cours pour développer des méthodes de lutte biologique. Des chercheurs ont évalué l’impact de champignons pathogènes et d’insectes parasitoïdes sur les populations d’agrile. Jusqu’à maintenant, ces études n’ont pas donné de résultats concluants. Un seul produit a été homologué par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire pour lutter contre l’agrile du frêne. Il s’agit du TreeAzin un insecticide élaboré à partir d’un extrait des graines du margousier. Ce produit doit être injecté à l’intérieur du tronc. Le TreeAzin est dispendieux (de 250 à 1000 $ par traitement). L’efficacité d’un traitement est d’une durée de deux ans. L’utilisation du TreeAzin est réservée aux professionnels de l’arboriculture. Avant de faire tout traitement, il est essentiel d’identifier le ravageur en cause.

Pour en savoir plus

Vous avez des questions par rapport à ce blogue?
Consultez notre Carnet horticole et botanique ou, présentez-vous au comptoir des renseignements horticoles du Jardin botanique pour un service personnalisé. Un de nos experts se fera un plaisir de vous donner plus d’informations.

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