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La fabuleuse aventure de Rosetta

Une des premières images du noyau de la comète Tchouri prise par la sonde Rosetta en juillet 2014.
Credit: ESA / Rosetta / Osiris
Une des premières images du noyau de la comète Tchouri prise par la sonde Rosetta en juillet 2014.
  • Une des premières images du noyau de la comète Tchouri prise par la sonde Rosetta en juillet 2014.
  • Image de haute résolution de la comète Tchouri le 3 août 2014.
  • Vue d’artiste de la sonde Rosetta et de l’atterrisseur Philae survolant la comète Tchouri.
  • L’un des puits par où s'échappe la matière alimentant la chevelure de la comète.
  • Panache de poussière photographié le 3 juillet 2016.
  • Mosaïque de jets cométaires de la comète Tchouri prise entre juillet et septembre 2015.
  • La longue fissure située entre les deux lobes composant la comète Tchouri.
La fabuleuse aventure de Rosetta

En septembre 2016, la sonde spatiale européenne Rosetta se posait doucement à la surface de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko (surnommée Tchouri), clôturant en beauté plus de deux ans d’exploration d’un monde insolite.

Qu’est-ce qu’une comète?

Une comète est un bloc de glace et de roche de la grosseur d’une montagne qui tourne autour du Soleil en suivant une orbite très allongée. En s’approchant du Soleil, la glace se sublime et enveloppe le noyau de la comète d’une chevelure de gaz et de poussières. Le vent solaire étire cette chevelure pour créer des queues de gaz et de poussières faisant des comètes un des plus beaux phénomènes astronomiques à observer.

Les comètes proviennent des régions lointaines du Système solaire et sont constituées de la même matière primitive à l’origine des planètes. L’étude de ces corps nous renseigne ainsi sur les processus de formation des planètes, dont la Terre.

Qu’a-t-on appris de la mission Rosetta?

L’exploration spatiale a permis de survoler quelques noyaux de comètes, mais l’Agence spatiale européenne est allée plus loin avec la mission Rosetta. Le but était de mettre en orbite une sonde autour de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko et de la suivre dans sa course lorsqu’elle serait à son point le plus près du Soleil. Un atterrisseur, nommé Philae, a aussi été intégré à la mission pour explorer directement le noyau de la comète.

Lancée en 2004, la sonde a mis dix ans avant d’atteindre sa cible. Les premières images ont révélé une comète aux formes étranges ressemblant à un canard! Les images subséquentes à haute résolution ont montré un noyau ayant une géologie complexe plutôt qu’une surface lisse.

Tchouri serait en fait deux noyaux de comètes qui se seraient soudés suite à une collision à faible vitesse. Le diamètre serait d’environ 4 km pour le grand morceau et de 2 km pour le petit.

Un atterrissage périlleux

La gravité de la comète étant très faible, Philae devait s’agripper à la surface à l’aide de harpons pour s’y poser. Malheureusement, un dysfonctionnement des harpons a fait rebondir Philae deux fois avant qu’il puisse se stabiliser dans une crevasse ombragée. On en a déduit que même si le noyau est poreux, sa surface est très dure.

Le noyau de la comète Tchouri est très sombre, un peu comme du charbon. Cela s’explique par le fait que la surface est recouverte de plusieurs centimètres de matière organique. On estime d’ailleurs que la comète est composée à 40 % de ce type de matière. D’ailleurs, plusieurs composés organiques ont été identifiés sur la comète, dont la glycine, une des molécules indispensables à la vie sur Terre.

Plus de 6 millions de tonnes d’eau perdue en 2 ans!

Rosetta nous a appris que la sublimation de la glace ne s’effectue pas de manière uniforme sur la surface du noyau, mais provient de trous d’une centaine de mètres de diamètre. Lorsqu’éclairée par le Soleil, la matière sous la surface chauffe puis est expulsée pendant plusieurs dizaines de minutes. Lorsque Tchouri est passée au plus près du Soleil en août 2015, elle perdait 100 000 tonnes d’eau par jour!

Cette activité provoque une érosion du noyau qui change rapidement la géologie de la comète.

On a aussi remarqué une longue fissure de plus d’un kilomètre, qui s’est allongée pendant les deux ans de la mission Rosetta, dans la région entre les deux lobes de la comète. Cela laisse présager qu’un jour, peut-être pas très lointain, Tchouri redeviendra deux noyaux de comètes distincts.

En 2017, une compagnie de parfum anglaise a élaboré une « eau de comète » reproduisant les odeurs dégagées par l’astre : un mélange d’œufs pourris, d’urine de chat et d’amandes périmées. Malgré son côté excentrique, ce parfum n’a pas eu beaucoup de succès!

Pour en apprendre plus sur la mission Rosetta, je vous invite au Planétarium Rio Tinto Alcan pour voir le film immersif : Les aventures de Rosetta et Philae.

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