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"La nature nous habite..." par Laure Waridel

Laure Waridel
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"La nature nous habite..." par Laure Waridel

En ville, il est particulièrement facile d’oublier à quel point nous sommes dépendants de la biodiversité. La purification de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons de même que l’équilibre des sols qui nous nourrissent sont le résultat d’interactions multiples et complexes entre des arbres, des plantes, des insectes, des animaux, des champignons, des micro-organismes et des bactéries de toutes les sortes. Où que nous vivions, nous sommes l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et la nourriture que nous mangeons. La nature nous habite autant que nous l’habitons et la transformons.

Or, cette nature qui permet notre présence dans l’Univers est aujourd’hui menacée. Nos modes de vie et la multiplication des humains sur Terre ont déclenché une vague d’extinctions et le déclin d’espèces comparable en termes de taux et d'ampleur aux cinq précédentes extinctions de masse de l'histoire de la Terre 1. La situation est telle que les scientifiques n’hésitent plus à parler de ce déclin comme de la sixième crise d’extinction des espèces. La dernière remonte à la disparition des dinosaures. Rien de moins.

S’il est clairement démontré que les humains sont les principaux responsables de la perte de biodiversité, ils sont aussi au cœur des changements nécessaires à un revirement de situation. Notre espèce sait voir venir le danger et a l’intelligence nécessaire pour modifier ses comportements. À d’autres moments de l’histoire, nous avons été en mesure de prendre les décisions qui s’imposaient pour éviter une guerre nucléaire, freiner l’augmentation du trou dans la couche d’ozone et réduire certaines pollutions industrielles, par exemple. Nous sommes aujourd’hui appelés à faire des choix décisifs pour protéger la biodiversité autant que pour prévenir l’aggravation des changements climatiques.

Chacun à notre échelle, nous pouvons poser des gestes individuels et collectifs qui permettent de protéger des milieux naturels, réduire la pollution, créer des espaces verts et ainsi améliorer notre bien-être à tous. La mobilisation citoyenne est nécessaire pour faire bouger les gouvernements et les entreprises du local à l’international. Au sein de toutes les organisations, qu’elles soient publiques, privées ou non gouvernementales, il y a des citoyens qui chaque jour prennent des décisions qui changent le monde. Rarement nous en mesurons la portée qui est souvent invisible à nos yeux. C’est pourtant à force de tous ces choix individuels et collectifs que la société et l’environnement se transforment.

Pour mieux saisir toutes les occasions que nous avons d’agir pour protéger la biodiversité Espace pour la vie lance aujourd’hui la programmation des Rencontres humain-nature, dont j’ai l’honneur d’être la porte-parole.

Au programme, une panoplie d’expériences inusitées qui engagent la réflexion et la discussion sur notre relation avec la nature. Une promenade à l’aube et une nuit à la belle étoile au Jardin botanique permettront de sentir la nature en ville. Espace pour la vie réunira aussi des citoyens et des experts dans huit cuisines montréalaises pour imaginer des manières de vivre autrement. Puis cet automne, nous serons invités à se questionner sur notre façon d’habiter la nature, la planète et l’Univers avec l’anthropologue Serge Bouchard, le sociologue Jean-Philippe Pleau, le chimiste Thierry Lefebvre, l’astrobiologiste Nathalie Cabrol, la philosophe Marie-Hélène Parizeau et moi-même dans le cadre de grandes discussions au Planétarium Rio Tinto Alcan. Autant d’activités à échelle humaine qui invitent à l’humilité, au respect et à l’empathie envers la nature.

En cette Journée internationale de la biodiversité, je vous invite à poser au moins un geste pour protéger la diversité de la vie sur Terre et pourquoi pas, mettre une de nos Rencontres humain-nature à votre agenda. Sachant que l’engagement contribue au bonheur, vous ne le regretterez pas !

1 DIRZO, S.; YOUNG, H., GALETTI, M., CEBALLOS, G., ISAAC, N.B. et COLLEN, B. (2014). Defaunation in the Anthropocene. Science. 345(6195). p. 401-406.

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