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La tortue peinte, celle qui affronte l'hiver avec sang froid!

Tortues peintes
La tortue peinte, celle qui affronte l'hiver avec sang froid!

Avez-vous déjà vu des tortues en train de chauffer leur carapace au soleil, souvent à plusieurs et rassemblées sur une souche au centre d’un marais? Vous êtes-vous alors demandé pourquoi elles ont besoin de se réchauffer de cette manière?

Un reptile à sang froid

Il faut savoir que la tortue est un reptile. Tout comme le serpent et le lézard, elle dépend de la température extérieure. C’est un reptile « poïkilotherme », un terme qui signifie qu’elle a le « sang froid ». Les rayons UV, produits par le soleil, permettent aux reptiles de synthétiser la vitamine D3, un élément essentiel à la métabolisation du calcium pour assurer le développement de leurs os et aider à la digestion.

Sous la carapace

La tortue peinte se distingue par ses couleurs, qui varient du jaune orangé au rouge orangé sur les rebords de la carapace, sur le plastron et sur les pattes. De chaque côté de la tête, derrière les yeux, elle arbore des rayures et une tache jaune. Son corps est enfermé dans une véritable boîte osseuse, avec une partie dorsale (carapace) et une partie ventrale (plastron), reliées par un pont de chaque côté. Cette carapace est percée d’ouvertures qui laissent passer les pattes, la tête et la queue. Elle est soudée à la colonne vertébrale et aux côtes. Par ailleurs, les tortues possèdent un bec corné, dépourvu de dents, tout comme les oiseaux.

Survivre à nos hivers

La tortue peinte s’est adaptée à notre climat québécois. Dès la fin de l’été, la diminution de la photopériode (nombre d’heures de lumière) lui envoie le signal de se préparer à une longue hibernation. Après le dégel du printemps, c’est la période de reproduction. La femelle creuse un trou dans une zone propice au développement de ses œufs. L’éclosion des petites tortues peintes se produit en septembre, mais elles ne quittent le site de ponte qu’au printemps suivant. Durant son premier hiver, la minuscule tortue peinte supporte, dans le sol, des températures extrêmes allant jusqu’à -10 ºC, grâce à un phénomène qui lui est unique. Elle produit un antigel naturel qui empêche ses cellules de geler et de se briser, permettant seulement à l’eau autour des cellules de geler. Ce phénomène ne se produit que la première année. Les années suivantes, pour survivre, la tortue doit se trouver un coin dans la boue, au fond d’un étang ou d’un marais, où l’eau ne gèlera pas.

Hiberner au Biodôme

Ici, au Biodôme de Montréal, nos quatre tortues peintes sont soumises à une hibernation artificielle. Nous les préparons en les sortant de leur habitat et en les installant dans un local d’isolation. Elles passent un examen vétérinaire où nous enregistrons leur poids, vérifions leur masse corporelle et l’état de leur carapace. Durant les deux mois et demi qui suivent, les animaliers s’assurent de leur faire prendre un peu de poids pour les préparer à une hibernation de deux mois (janvier et février). À ce moment, les tortues sont placées dans un bac d’eau situé dans un très grand réfrigérateur, où les températures oscillent autour de 4 ºC. Ce cycle d’hibernation est indispensable à leur santé et à leur bien-être.

Enfin, le printemps!

À leur sortie d’hibernation, les tortues ont droit, une fois de plus, à un petit examen vétérinaire. Nous remarquons alors une légère perte de poids, conséquente aux besoins métaboliques minimaux durant la période de sommeil. Les animaliers préparent ensuite les tortues à la prochaine étape : leur retour dans le marécage de l’écosystème de l’érablière des Laurentides, dès la mi-mai. Si vous êtes bon observateur, vous devriez les apercevoir durant votre visite. Peut-être seront-elles en train de prendre un bain de soleil…

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