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Le brûlis en Amazonie, un problème de santé?

Bateau maison laboratoire
Le brûlis en Amazonie, un problème de santé?

À bord d’un bateau qui sert à la fois de laboratoire et de résidence, une équipe de chercheurs montréalais et brésiliens s’intéresse aux conséquences du déboisement en Amazonie brésilienne. Entre 2008 et 2012, le groupe a collecté de nombreuses données qui sont présentement sous analyse. Leurs résultats serviront à améliorer la santé des habitants, à les aider à adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement et à préserver la biodiversité.

Le brûlis

À tous les mois de septembre, le pont de notre bateau de recherche est noirci par de gros flocons de cendres. Rien de surprenant, la saison des brûlis recommence en Amazonie brésilienne et elle s’intensifie jusqu’au retour des pluies en décembre.   En 2009, une superficie forestière de 4281 km2 est ainsi disparue dans le seul état du Pará, soit l’équivalent de plus de 8 fois la superficie de l’île de Montréal. Le brûlis est une pratique ancienne héritée des autochtones. Les paysans coupent d’abord la forêt qu’ils laissent ensuite sécher quelques semaines afin de la rendre combustible. L’apport des cendres forestières, où se concentre la richesse en minéraux, permet de cultiver des sols qui seraient autrement infertiles. Elle dégage également la parcelle à cultiver des résidus de la coupe et ce, à peu de frais et avec un effort de travail acceptable. Mais ces effets sont de courte durée et l’agriculteur est forcé de quitter sa terre quand la forêt est épuisée. L’intense colonisation de l’Amazonie brésilienne depuis les années 1970 accentue aussi l’impact des brûlis sur de grandes superficies.

Et la santé?

Au-delà de la contribution aux gaz à effet de serre et de la perte de biodiversité qui sont des conséquences souvent citées, le déboisement par le feu entraîne aussi divers problèmes de santé humaine.   Le projet de recherche PLUPH (Poor Land Use, Poor Health qui se traduit par terre épuisée, santé précaire), mené conjointement par l’UQAM et l’université de Brasilia en collaboration avec le Biodôme de Montréal, examine deux de ces enjeux de santé environnementale, soit la contamination au mercure et la maladie de Chagas, dans la région de la rivière Tapajós, en Amazonie centrale. Les sols amazoniens, vieux de plusieurs millions d’années, ont lentement accumulé du mercure provenant des volcans. Les brûlis libèrent ce métal qui est ensuite transporté vers les plans d’eau dans la chaîne alimentaire, exposant les habitants par la consommation de poissons. L’ouverture du paysage par le feu favorise aussi l’envahissement d’un type de palmiers qui est l’habitat privilégié d’une punaise pouvant causer la maladie de Chagas, une maladie chronique pouvant entraîner la mort. Bien que cette maladie soit connue dans plusieurs régions d’Amérique du sud, ce n’est que récemment que l’Amazonie est considéré un endroit à risque. Par sa recherche, le projet PLUPH tente de proposer une agriculture qui puisse mieux préserver l’environnement amazonien tout en permettant aux paysans de vivre dignement et en santé.

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