Blogue

Le printemps, une période risquée pour les tortues

Les tortues s'activent et se déplacent au printemps et la traversée de chemins et de routes les rendent vulnérables aux collisions avec des véhicules.
Credit: Shutterstock Tom Worsley
Les tortues s'activent et se déplacent au printemps et la traversée de chemins et de routes les rendent vulnérables aux collisions avec des véhicules.
  • Les tortues s'activent et se déplacent au printemps et la traversée de chemins et de routes les rendent vulnérables aux collisions avec des véhicules.
  • Il est possible de voir à quelques endroits du Québec, des panneaux de signalisation avertissant les conducteurs qu’il est possible de voir des tortues  traverser la route.
  • Tortues des bois dans les laboratoires du Biodôme avant d’être relâchées en nature.
Le printemps, une période risquée pour les tortues

Avec le retour des beaux jours, les bourgeons débourrent, les insectes émergent et de nombreux animaux sortent de leur repos hivernal ou reviennent de leurs aires d’hivernage. Pour de nombreuses espèces, cette période s’accompagne d’une activité accrue pour chercher de la nourriture, un partenaire sexuel ou simplement pour changer d’habitat. Malheureusement, ces déplacements essentiels pour la survie et la reproduction peuvent s'avérer périlleux.

Les dangers de la route

Les tortues s'activent et se déplacent avec l'arrivée du printemps. Cela implique entre autres la traversée de milieux terrestres, de chemins et de routes qui les rendent particulièrement vulnérables aux collisions avec des véhicules. La mortalité routière menace de façon importante les populations des sept espèces de tortues d’eau douce indigènes du Québec. Au sein d’une population, toutes les classes d’âge sont touchées. Cependant, ce sont les femelles adultes, se rendant ou quittant les sites de ponte, ainsi que les nouveau-nés qui délaissent le nid, qui sont les plus affectés.

La mortalité chez les adultes tortues, un très mauvais présage

Chez la plupart des espèces de tortues, le taux de mortalité est très élevé chez les plus jeunes, mais une fois à l’âge adulte, les individus restants vivent relativement longtemps. L'espérance de vie élevée des adultes permet aux populations de se maintenir. Ainsi, une mortalité accrue des adultes, si faible soit-elle, peut entraîner un déclin rapide des populations pouvant aller jusqu'à l'extinction de la population. Une telle situation a d’ailleurs déjà été documentée aux États-Unis (Garber et al. 1995). En effet, l’ouverture d'une réserve faunique aux activités récréatives a causé une réduction du nombre de femelles adultes et a mené à la disparition de deux populations de tortues des bois en une dizaine d’années.

Des conseils pour aider les tortues

  • Au printemps, lors de vos déplacements sur des routes en milieu non artificialisé (grands espaces verts comme les forêts, les milieux humides, ainsi que les parcs, les boisés urbains et les territoires agricoles), roulez plus lentement et soyez attentif. Si jamais vous observez une tortue, prenez une photo, notez votre emplacement et signalez votre observation sur carapace.ca. Les observations recueillies permettent d'en savoir plus sur nos amies à écailles afin de mieux les protéger. 
  • Si vous trouvez une tortue blessée, vous pouvez vous adresser au centre de réhabilitation Éco-Nature
  • Au Québec, toutes les espèces de tortues indigènes sont protégées par la loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. Il est donc interdit de chasser, capturer, vendre ou garder en captivité des tortues indigènes. Si vous êtes témoin de cette situation, vous pouvez communiquer avec S.O.S. Braconnage.
  • Enfin, les espèces exotiques gardées en captivité ne doivent pas être relâchées dans la nature.

Et les tortues au Biodôme?

Depuis 2014, le Biodôme et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) collaborent sur un programme de conservation de la tortue des bois. Celle-ci, bien qu'ayant un mode de vie étroitement lié aux cours d'eau, utilise de manière importante le milieu terrestre pendant sa période active et est donc particulièrement à risque de collisions. Afin de les aider à passer à travers les premières années de leur vie durant lesquelles le taux de survie est assez faible, le MFFP collecte des œufs pondus et les place en incubateur. Une fois les œufs éclos, les jeunes tortues sont transférées au Biodôme et confiées aux bons soins de nos technicien.ne.s en soins animaliers. Après un an ou deux, celles-ci atteignent généralement une taille suffisante pour pouvoir être relâchées dans la nature. Elles sont alors équipées d'une micropuce qui permettra de les identifier ou d'un radio-émetteur qui aidera à les localiser et ainsi évaluer le succès de ce coup de pouce.

Pour plus de renseignements sur le sujet :

  • Congdon, Justin D., Arthur E. Dunham, and R. C. van Loben Sels. "Delayed sexual maturity and demographics of Blanding's turtles (Emydoidea blandingii): implications for conservation and management of long‐lived organisms." Conservation Biology 7.4 (1993): 826-833.
  • Iverson, John B. "Patterns of survivorship in turtles (order Testudines)." Canadian Journal of Zoology 69.2 (1991): 385-391.
  • Galois, P. et J. Bonin. 1999. Rapport sur la situation de la tortue des bois (Clemmys insculpta) au Québec. Faune et Parcs, Direction de la faune et des habitats. 45 p.
  • Garber, Steven D., and Joanna Burger. "A 20‐yr study documenting the relationship between turtle decline and human recreation." Ecological Applications 5.4 (1995): 1151-1162.
  • Steen, David A., et al. "Relative vulnerability of female turtles to road mortality." Animal Conservation 9.3 (2006): 269-273.

Lire aussi : 

Vous souhaitez vous impliquer?
Abonnez-vous à l'infolettre À nous d'agir

Partager cette page

Articles qui pourraient vous intéresser

Suivez-nous !

Abonnez-vous pour recevoir par courriel :
Ajouter un commentaire
Portrait de Anonymous