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Le rétablissement du tamarin-lion doré menacé par une épidémie de fièvre jaune

Tamarin-lion doré à la réserve biologique de Poço das Antas (Sud-Est du Brésil)
Credit: Bart van Dorp
Tamarin-lion doré à la réserve biologique de Poço das Antas (Sud-Est du Brésil)
  • Tamarin-lion doré à la réserve biologique de Poço das Antas (Sud-Est du Brésil)
  • Aedes aegypti, un des principaux moustiques vecteur du virus de la fièvre jaune
  • La forêt atlantique de la réserve biologique de União abrite aussi une importante population de tamarins-lions dorés.
  • Groupe familial de tamarins-lions dorés à la réserve biologique de Poço das Antas.
Le rétablissement du tamarin-lion doré menacé par une épidémie de fièvre jaune

Trois ans avant l’arrivée de la COVID-19, un autre type de virus faisait son entrée dans le Sud-Est du Brésil. C’était le début d’une grave épidémie de fièvre jaune.  Cette maladie, transmise par les moustiques, a provoqué la mort de 745 personnes entre 2016 et 2018.  Pendant ce temps, une véritable hécatombe sévissait au sein des populations de singes de la région. Les autorités brésiliennes ont dénombré plus de 4 575 singes morts de la fièvre jaune, mais certains biologistes estiment à plus de 90 000 le nombre de victimes.  Cette épidémie s’ajoute en tête de liste des menaces qui pèsent actuellement sur les primates de la forêt atlantique du Brésil.

Origine du virus

Le virus de la fièvre jaune est arrivé dans les Amériques il y a plus de 450 ans par des navires en provenance d’Afrique.  Les singes africains cohabitent très bien avec ce virus, mais pas les singes américains.  Plusieurs espèces de primates néotropicaux (qui vivent en Amérique centrale et en Amérique du Sud), sont très sensibles à ce virus.  À certains endroits, des populations locales ont presque complètement été éradiquées.

Le tamarin-lion doré, une réussite menacée

Le tamarin-lion doré a bien failli disparaître dans les années 1970 alors qu’il en restait à peine 200 dans la nature. À l’époque, il faisait l’objet de braconnage et son habitat naturel se réduisait à quelques îlots de forêts isolés. Des mesures de rétablissement désespérées ont été mises en œuvre : création de la réserve biologique de Poço das Antas (50 km2), plantation d’arbres, augmentation des aires protégées, réintroduction de tamarins-lions dorés provenant de la captivité et création d’une organisation non gouvernementale pour aider à maintenir la population à long terme. 

Les résultats sont impressionnants. En 2014, une quarantaine d’années plus tard, on évaluait que 3 700 tamarins-lions dorés vivaient sur un territoire d’au moins 400 km2 de forêts protégées. Mais aujourd’hui, tout le travail réalisé est menacé par les ravages causés par la fièvre jaune. Selon des estimations de 2018, il ne resterait que 2 516 individus.  Le virus a provoqué une réduction de 32% de la population. Plusieurs groupes familiaux ont été complètement éradiqués. À certains endroits, comme dans la réserve biologique de Poço das Antas, la population de tamarins-lions dorés a chuté de 70%!

L’espoir est dans le vaccin

Comme, chez l’humain, un vaccin existe déjà contre ce virus, les scientifiques ont conclu que la meilleure option était de le tester chez les tamarins-lions dorés. Ce projet était envisageable puisque l’espèce occupe un territoire relativement restreint.  Des tests ont d’abord été réalisés sur des tamarins-lions dorés en captivité avec des doses diluées du vaccin humain, puis un protocole de vaccination a été proposé aux autorités.  L’équipe scientifique était prête à intervenir. Il ne manquait que les autorisations officielles, mais c’est à ce moment que la pandémie de COVID-19 a atteint le Brésil.

Cette malchance a retardé le programme de vaccination de sept mois. Un sentiment d’urgence régnait au sein de l’équipe scientifique, qui s’inquiétait des effets négatifs de ce délai sur la survie de l’espèce. 

Après la levée du confinement, des mesures sanitaires ont dû être mises en place, autant pour protéger le personnel que pour éviter de contaminer les tamarins-lions dorés. Il n’était pas question de prendre des risques, car on ignore encore si la COVID-19 se transmet à ce primate.  On vise la vaccination de 500 tamarins-lions dorés afin d’assurer la survie à long terme de cette espèce menacée. 

Restons vigilants

Ces événements montrent à quel point la survie d’une espèce menacée ne doit jamais être tenue pour acquise. Le rétablissement des populations de tamarins-lions dorés est considéré comme un grand succès souvent cité en exemple.  Malgré tout, les équipes scientifiques sont actuellement très inquiètes quant à l’avenir de cette espèce et les efforts sont redoublés pour surmonter cette crise. Il s’agit d’un travail de longue haleine qui nécessitera encore beaucoup d’efforts et de ressources

Restons vigilants, car on ne sait pas toujours d’où viendra la prochaine menace.

Pour en savoir plus :

 

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