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Les insectes décomposeurs : des pros du recyclage!

Attirée par le corps mort d’un tamia, cette mouche s’apprête à y pondre ses œufs.
Credit: Insectarium de Montréal (Marjolaine Giroux)
Attirée par le corps mort d’un tamia, cette mouche s’apprête à y pondre ses œufs.
  • Attirée par le corps mort d’un tamia, cette mouche s’apprête à y pondre ses œufs.
  • Ce silphe d’Amérique (Necrophila americana) est à la recherche d’une carcasse où il pondra ses œufs. Ses larves se nourrissent des tissus morts de l’animal alors que les adultes mangent les asticots présents sur la dépouille.
  • Photographiées au Costa Rica, ces termites du genre Nasutitermes contribuent de façon significative à la décomposition du bois mort des forêts tropicales.
Les insectes décomposeurs : des pros du recyclage!

Les organismes décomposeurs sont essentiels au fonctionnement de nos écosystèmes, car ils rendent disponibles aux échelons supérieurs des chaînes alimentaires l’énergie et les nutriments immobilisés dans les matières mortes. Parmi ces organismes, de nombreux insectes détritivores se nourrissant de débris végétaux, de charognes ou d’excréments travaillent, de concert avec les bactéries et les microchampignons, à recycler cette matière organique. Considérant la quantité de matière morte produite chaque année, cette récupération joue un rôle capital dans la productivité de nos milieux naturels. Aussi, sans les insectes détritivores, le processus de décomposition serait fondamentalement modifié et décéléré.

Zéro gaspillage!

Dans le monde, plus de 100 gigatonnes de plantes terrestres sont produites annuellement. Or, près de 90% de cette matière végétale s’accumule, une fois morte, au sol ou dans les cours d’eau. Cette masse de végétaux n’est toutefois pas perdue, car de nombreuses espèces d’insectes utilisent ces « restes » à une étape ou une autre de leur cycle de vie. Ainsi, sous les tropiques, les termites consomment entre 50 et 100 % du bois mort des forêts, en plus des herbes mortes, de l’humus, des champignons et des excréments d'herbivores. Plus près de nous, environ 20 à 30% de toutes les espèces d'insectes forestiers dépendent directement ou indirectement du bois mort. Parmi elles, les larves du longicorne noir (Monochamus scutellatus) qui, pour s’alimenter, creusent des galeries profondes dans les troncs et les branches. Ces larves consomment ou fractionnent une proportion significative du bois et permettent l’entrée des microorganismes qui décomposent et retournent au milieu forestier les nutriments emmagasinés dans le bois mort. Enfin, dans les cours d’eau, les détritus de plantes accumulés soutiennent des populations d’insectes aquatiques détritivores, dont les larves d’éphémères et de trichoptères qui, à leur tour, soutiennent une grande diversité d’animaux en leur servant de nourriture.

Disparaissez... charognes et matières fécales!

Les carcasses et les excréments sont des habitats passagers, riches en valeur nutritive, qui abritent des communautés complexes d’organismes décomposeurs. Ainsi, plusieurs coléoptères, dont des scarabées et des géotrupes, consomment et enterrent le fumier des grands herbivores. Par leurs actions, ces insectes permettent le recyclage de l'azote et favorisent la formation de nitrates assimilables par les plantes. D’ailleurs, selon des études dans les pâturages, l’impact de la mobilisation de ces éléments nutritifs par les coléoptères sur la croissance des plantes rivaliseraient largement avec ceux des engrais chimiques. Parallèlement, de nombreuses espèces de mouches pondent leurs œufs sur les excréments qui servent de nourriture aux asticots. Les tunnels creusés par ces larves (et aussi par les coléoptères) accélèrent le travail des microorganismes et par conséquent, la dégradation des détritus organiques. Sans ces insectes spécialisés, les charognes et les matières fécales se décomposeraient beaucoup plus lentement, favorisant ainsi l’accumulation de déchets organiques dans nos milieux de vie.

Malgré l’impact majeur des insectes détritivores sur la décomposition des matières organiques, encore peu d’études documentent les effets de la diminution de leurs populations sur l’environnement. Chose certaine, il en va de notre bien-être de protéger ces insectes hautement spécialisés.

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