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Les syrphes et les bombyles, de jolies petites mouches très utiles!

Les petits syrphes au corps métallique et élancé sont communs sur les fleurs de nos jardins.
Credit: Insectarium de Montréal (Maxim Larrivée)
Les petits syrphes au corps métallique et élancé sont communs sur les fleurs de nos jardins.
  • Les petits syrphes au corps métallique et élancé sont communs sur les fleurs de nos jardins.
  • Les couleurs jaunes et noires ainsi que la présence d’une seule paire d’ailes confirment qu’il s’agit d’un syrphe.
  • Le long proboscis des bombyles, pointant vers l’avant, leur permet de prélever le nectar des fleurs.
  • Les ailes des bombyles s’ornent souvent de motifs aux couleurs foncées.
  • Le grand bombyle (Bombylius major) est une espèce commune, que l’on aperçoit très tôt au printemps. Ici, une femelle cherche à accumuler des particules de sable dans sa poche abdominale.
Les syrphes et les bombyles, de jolies petites mouches très utiles!

Lorsqu’on pense aux insectes pollinisateurs, les abeilles et les bourdons nous viennent vite à l’esprit. Pourtant d’autres insectes, dont des scarabées, des fourmis, des guêpes et sans oublier plusieurs espèces de mouches transportent le pollen d’une fleur à une autre, assurant ainsi la pollinisation. Pendant la belle saison, sur les fleurs des parcs et des jardins, les syrphes et les bombyles sont certainement les mouches pollinisatrices les plus souvent observées.

Les syrphes : des mouches floricoles aux colorations vives et au vol rapide!

Les syrphes (Syrphidae) sont de petites mouches élancées ou robustes dont la taille varie de 3 à 25 mm. Elles ont généralement une grosse tête, de grands yeux et de courtes antennes. Leur corps noir ou brun, souvent coloré de bandes jaunes ou orangées, rappelle celui des abeilles, des guêpes et des bourdons. Leur beauté, leurs couleurs et leur grande diversité font dire à certains amateurs (et professionnels) qu’ils sont les « papillons » du monde des mouches! Ils sont aussi, sans contredit, très populaires auprès des photographes d’insectes. Les syrphes font vibrer leurs ailes avec une extrême rapidité. Capables de voler sur place pendant plusieurs minutes, ils peuvent reculer d’une fleur puis zoomer sur une autre en un instant. Certains syrphes seraient parmi les insectes volants les plus agiles du règne animal.

Les larves de plusieurs espèces de syrphes sont très voraces et peuvent manger des centaines de pucerons par jour. D’ailleurs, il n’est pas rare d’apercevoir les larves du genre Syrphus se nourrir sur les feuilles de plantes et d’arbustes ornementaux de nos jardins.

Les bombyles : des mouches aérodynamiques!

Plus robustes que les syrphes, les bombyles (Bombyliidae) ont souvent un long proboscis projeté bien droit vers l’avant de la tête. Capables de vol stationnaire, ils insèrent aisément cette trompe dans les fleurs,  un peu comme un colibri, à la recherche de nectar. Le corps de nombreuses espèces est densément couvert de poils fins et hérissés qui les font ressembler à de petites boules de poils, jaunes, blanches ou brunes, munies d’une paire d’ailes.

Chez de nombreuses espèces de bombyles, la femelle remplit de sable fin une petite poche située à la base de son abdomen afin d’en enrober ses œufs avant la ponte. Ainsi dissimulés, les œufs sont projetés au sol, tout près de l’entrée de nids d’abeilles ou de guêpes solitaires. À sa sortie de l’œuf, la petite larve, très mobile, s’infiltre dans le nid de l’hyménoptère et se nourrit du pollen accumulé dans le nid pour son hôte. Après avoir mué, la larve parasite ensuite celle de l’abeille ou de la guêpe toujours présente dans le nid. Les laves de la grande majorité des espèces de bombyles sont des parasites d’autres insectes vivant au sol  dont les criquets et les chenilles. Elles contribuent ainsi à contrôler diverses populations d’insectes.

D’efficaces pollinisateurs qui gagnent à être connus!

Les syrphes et les bombyles butinent sur une grande variété d'espèces végétales. En milieu agricole, les syrphes sont d’ailleurs d’importants pollinisateurs de plusieurs cultures maraîchères, dont celles de la canneberge, de la carotte, du chou-fleur, de la moutarde, du colza et des pommes. Contrairement aux abeilles et aux bourdons, ces mouches floricoles ne collectent pas le nectar et le pollen pour leur progéniture. Elles dispersent donc le pollen en passant d’une fleur à une autre. Malheureusement, les syrphes et les bombyles sont souvent exclus des études sur les pollinisateurs. Par conséquent, leur rôle comme visiteurs de fleurs est mal compris. Leur présence dans nos milieux de vie, en tant qu'insectes prédateurs ou pollinisateurs, gagnerait à être étudiée et mise en valeur, et ce, tant en milieux urbains qu’agricoles.

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