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Nathalie Ouellette : une passionnée des galaxies

Devant le télescope spatial James-Webb dans les locaux de Northrop Grumman
Credit: Amélie Philibert
Devant le télescope spatial James-Webb dans les locaux de Northrop Grumman
  • Devant le télescope spatial James-Webb dans les locaux de Northrop Grumman
  • Observation du passage de Vénus en juin 2012
Nathalie Ouellette : une passionnée des galaxies

Série : Astrophysiciennes inspirantes

Nous poursuivons notre série d’entrevues avec des Québécoises qui œuvrent dans le domaine de l’astrophysique, en espérant que ces témoignages inspireront de jeunes filles à faire carrière en sciences.

Cette fois, nous vous présentons le parcours de Nathalie Ouellette, coordonnatrice scientifique pour le James Webb Space Telescope (JWST) ainsi qu’à l’Institut de recherche sur les exoplanètes (iREx).

Qu’est-ce qui t’a amenée vers l’astronomie?

J’ai toujours adoré la science ! J’ai su dès l’âge de 5 ans que je voulais aller dans ce domaine. J’ai été élevée dans un milieu qui était très ouvert à la science. Mes deux parents sont d’ailleurs des ingénieurs.

J’aime aussi beaucoup la nature. Plus jeune, je lisais énormément. Pas beaucoup d’œuvres de fiction, mais des livres qui parlaient de la nature en général.

Je ne suis pas quelqu’un qui aime comprendre les objets en les manipulant. Je suis plutôt très observatrice. C’est d’ailleurs un aspect que j’apprécie de l’astronomie, l’aspect observationnel est très important. Je trouve cela vraiment fascinant.

Y a-t-il des personnes qui t’ont inspiré ce choix de carrière?

Mes parents m’ont toujours soutenue dans mon cheminement de carrière. Ma mère, étant une femme œuvrant en STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), a été une grande source d’inspiration. J’ai remarqué que dans certains cas, elle n’était pas autant respectée que ses collègues masculins, mais elle pouvait passer à travers ces épreuves-là. Mais en même temps, elle ne me disait pas qu’elle avait ces difficultés parce qu’elle était une femme. Avant d’arriver à l’université, je n’avais pas en tête ce stéréotype que les femmes étaient moins bonnes en science. Rendue là, j’avais déjà acquis une confiance en moi. Ma mère m’a protégée de ces stéréotypes.

Il y avait aussi un professeur au secondaire en science physique, passionné d’astronomie et responsable du club de robotique. Je restais après les cours pour lui poser des questions. Il prenait le temps de m’encourager et m’aider à explorer mes intérêts.

Parle-nous de tes premières observations du ciel étoilé?

J’ai eu des expériences très marquantes en observant le ciel quand j’étais jeune, en particulier celle d’avoir vu la comète Hale-Bopp en 1997. Je me souviens que je ne voyais jamais d’étoiles de chez nous, à Montréal. Mais là, j’étais devant notre maison, je regardais vers le ciel et je voyais une comète ! Je me rappelle l’avoir fait plusieurs nuits d’affilée. Je n’en revenais pas qu’il y ait cette boule de roche et de neige vraiment loin dans le ciel. J’étais abasourdie!

J’ai aussi eu de belles soirées au chalet à regarder les Perséides avec mon père.

Quel a été ton cheminement académique?

Pendant les étés de mon baccalauréat en physique à l’Université McGill, j’ai travaillé sur des projets de recherches portant sur les galaxies lointaines. J’ai réalisé que la recherche était très différente des cours en classe et j’adorais cela.

J’ai ensuite poursuivi une maîtrise et un doctorat avec Stéphane Courteau à l’Université Queens, en Ontario. Je me suis alors intéressée à l’évolution des galaxies dans l’amas de la Vierge. Encore aujourd’hui, je continue à étudier les facteurs qui influencent l’évolution des galaxies dans les amas.

Au cours de mes années passées à l’Université Queens, j’ai été coordonnatrice de l’observatoire du campus où je m’occupais des programmes publics et éducatifs. Cela m’a donné une excellente base en vulgarisation scientifique.

Après mes études, j’ai été embauchée comme coordonnatrice des programmes publics et éducatifs du Arthur B McDonald Canadian Astroparticle Physics Research Institute. Il s’agissait d’un nouveau centre où tout était à faire. Ce fut une année intense, mais très enrichissante.

Par la suite, j’ai eu l’opportunité de revenir à Montréal. J’ai alors décroché le poste de coordonnatrice scientifique pour le JWST et à l’iREx à l’Université de Montréal.

Quel conseil donnerais-tu aux jeunes filles qui voudraient suivre tes traces?

Un conseil qui peut paraître difficile à suivre, mais qui a vraiment été pour moi le secret de mon succès : c’est de toujours essayer et tenter ta chance, même si tu penses que ça ne fonctionnera pas. Au pire, ça ne fonctionne pas et tu apprends de tes leçons et tu réessayes plus tard.

Si la recherche t’intéresse, mais que tu n’as pas de bourse ou les meilleurs résultats scolaires, va voir un professeur et dis-lui : moi, je suis super passionnée. Les profs ne recherchent pas seulement des gens qui possèdent les meilleures notes. Ils recherchent beaucoup la passion et la motivation. Essaie tout ce qui te passe par la tête. Ainsi, tu peux apprendre même si le résultat n’est pas aussi positif que tu l’aurais souhaité. Fonce dans le tas!

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