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Prêts pour les « super-lunes » de 2015?

La différence de taille entre une pleine lune qui se produit au périgée (10 août 2014, à gauche) et une qui se produit à l’apogée (5 mars 2015, à droite) saute aux yeux lorsqu’on place leurs photographies côte à côte. À l’œil nu, et sans point de comparaison, cette différence est probablement imperceptible.
Credit: Espace pour la vie (Marc Jobin)
La différence de taille entre une pleine lune qui se produit au périgée et une qui se produit à l’apogée
Prêts pour les « super-lunes » de 2015?

Le terme « super-lune » n’a fait son apparition qu’au cours des dernières années, porté par le courant des médias sociaux. Pourtant, la coïncidence astronomique sous-jacente existe depuis la nuit des temps! Portrait d’un mythe moderne.

Comment on bâtit un mythe

Au cours du mois, la distance Terre-Lune varie entre 356 000 et 406 000 kilomètres, une différence de 14 pour cent entre son périgée et son apogée. Ce qu’on appelle « super-lune » est en fait une pleine lune périgéenne, qui se produit lorsque la Lune est au point de son orbite le plus rapproché de la Terre.

Ajoutez à cela le fait que la Lune qui se lève à l’horizon nous semble énorme, surtout lorsqu’elle est pleine. Il s’agit cependant d’une illusion d’optique, qui s’estompe et ne fonctionne plus dès que l’astre de la nuit s’éloigne de l’horizon et prend de la hauteur dans le ciel. Malgré tout, l’effet est saisissant. Et selon les promoteurs de la « super-lune », une pleine lune qui se produit au périgée devrait donc apparaître encore plus grosse à son lever qu’une pleine lune « ordinaire »…

Différence imperceptible

Dans les faits, cette différence de taille n’est pas détectable à l’œil nu. La combinaison œil-cerveau n’est pas un instrument de mesure absolu et ne peut comparer, simplement de mémoire, la taille d’une pleine lune dans le ciel avec celle du mois précédent, ou celle d’il y a six mois.

L’appareil photographique, par contre, permet de conserver une trace permanente d’une observation, et surtout de la comparer à des observations précédentes. C’est ce que montre l’image qui coiffe ce blogue : à gauche, la « super-lune » du 10 août 2014 (distance de 357 000 km); à droite, prise avec le même équipement, la pleine lune du 5 mars 2015, qui se produisait alors à l’apogée (distance de 406 000 km). La différence de taille est évidente sur de telles photos les montrant côte à côte, mais imperceptible à l’œil nu, lorsqu’on ne voit qu’une Lune à la fois dans le ciel!

Grandes marées en vue

Là où les « super-lunes » ont un effet incontestable et directement observable, c’est au niveau des marées. Les marées de vives eaux se produisent autour de la pleine lune (et dans une moindre mesure, à la nouvelle lune). Déjà fortes, elles sont amplifiées par la plus grande proximité de notre satellite. Le jour de la pleine lune, et pour les deux ou trois jours suivants, le marnage (différence de hauteur entre les marées hautes et basses successives) est à son maximum, avec des marées extrêmement hautes et basses. Si une tempête a lieu à ce moment, elle pourra entraîner des inondations sur certains littoraux plus sensibles, lorsque le vent souffle vers le rivage.

Un phénomène récurrent

Les conditions qui mènent à une « super-lune » se reproduisent chaque année. Mais le cycle apogée-périgée de la Lune est complètement distinct de celui des phases lunaires : le moment-clé où la pleine lune coïncide le mieux avec le périgée a donc lieu environ un mois plus tard d’une année à l’autre. En 2015, on aura des pleines lunes périgéennes le 29 août (21 heures avant le périgée), le 28 septembre (moins d’une heure après le périgée) et le 27 octobre (24 heures après le périgée).

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